« Le coaching mental est un métier d’échange ! »

Aujourd’hui, les plus grands champions en conviennent : la préparation doit être sportive, mais aussi mentale. Les explications de Christophe Lehoux, coach mental installé à Saint-Avertin près de Tours.

 
En France, il est encore rare de faire appel à un coach mental, alors que c’est courant dans d’autres pays, comme aux États-Unis. Comment expliquer cette différence ?

Les Français ont une mauvaise image des professionnels du « mental ». Soit ils associent le terme à la maladie mentale, soit ils considèrent ces professionnels comme des gourous. Peut-être les sportifs sont-ils aussi eux-mêmes réticents, parfois, à reconnaitre qu’ils ont un préparateur mental. Mettre en avant le mental, c’est se mettre à nu ! Heureusement, les choses changent aujourd’hui : des sportifs de haut niveau reconnaissent plus facilement l’aide qu’un coach mental leur apporte.

Justement, que pouvez-vous apporter à un sportif ?

Je transmets avant tout des outils et des méthodes pour aider le sportif à optimiser son mental, entretenir son efficacité gestuelle. Le mental peut perturber profondément la pratique ou au contraire l’optimiser. J’aide à mettre le corps et l’esprit en harmonie. Je peux aussi intervenir auprès d’une équipe pour en améliorer la cohésion, auprès du staff pour l’aider à gérer ses émotions…

Comment travaillez-vous ?

Mon travail repose sur l’écoute et l’observation, des entretiens avec les sportifs… Le coaching mental est un métier d’échange ! J’aide les sportifs à réaliser des prises de conscience, à faire sauter les « barrières » qu’ils se mettent, se débarrasser des « grains de sable » qui enrayent la machine…

Comment devient-on coach mental ?

Ce métier a été pour moi une vocation. Ancien sportif d’un assez bon niveau, j’ai constaté dans ma pratique que les questions relatives au mental restaient sans réponse. Il y avait là un manque. Déjà très ouvert sur les questions de développement personnel, il m’a alors semblé naturel de m’orienter vers le coaching mental. Mon premier cours de psychologie a d’ailleurs été une véritable révélation ! J’ai suivi une formation universitaire approfondie en STAPS, jusqu’au Master II en Psychologie du sport, et une formation au Centre International du Coach… Mais, je pense qu’il y a aussi une part d’inné dans le métier : il faut avoir un grand sens de l’écoute, de l’empathie. Il faut savoir se mettre au service des sportifs et de leur réussite.

Justement, vous avez « coaché » des sportifs de haut niveau…

J’ai débuté avec un membre de l’équipe de France de ski nautique, qui devait retrouver sa confiance et ses capacités après une blessure. Puis, toute l’équipe a eu recours à mes services. Ensuite, j’ai accompagné l’équipe de tennis de table de Joué-lès-Tours, puis le Pôle Espoir de Tennis de Table. En 2007, le Tours Volley Ball m’a confié une mission, qui a duré 10 ans ! Parallèlement, de 2013 à 2017, j’étais aussi aux côtés de l’équipe de France de volley. Peu à peu, par recommandation et bouche-à-oreille, j’ai coaché des sportifs de haut niveau dans le football, le rugby, le golf, le judo… Tout s’est fait en fonction des rencontres et des opportunités.

Vous avez aussi créé votre cabinet de conseil, Youperf. Coacher un sportif ou un PDG, c’est la même chose ?

La création de mon cabinet Youperf en 2003 est la convergence entre le monde de l’entreprise et celui du sport de haut niveau recherchant le même objectif : le développement de la performance humaine. Youperf prépare et accompagne des entrepreneurs, des athlètes de haut niveau, des particuliers et des équipes, à relever leurs défis tout en optimisant leur potentiel humain et organisationnel.

Quels sont vos projets ?

Je souhaite maintenant privilégier les projets structurés. Le coaching mental montre toute sa puissance lorsqu’il est intégré à une préparation sur le long terme. Différents projets de ce type se profilent. Les JO de Paris 2024 en particulier vont être riches de perspectives. J’ai été contacté par deux fédérations sportives différentes, certains sportifs me contactent de leur côté à titre individuel… Mais rien n’est signé, il est trop tôt pour en parler !

Par Laurence Théry
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