Eddie Potdevin, ambassadeur du paracanoë et des Ardennes

Auteur d’excellents résultats au niveau international, Eddie Potdevin s’entraîne dans les Ardennes sur le site des Vieilles-Forges. Son but : obtenir une médaille en paracanoë aux Jeux paralympiques de Tokyo. Portrait.

 
À 40 ans, Eddie Potdevin est l’un des espoirs de médaille française lors des Jeux paralympiques 2021 à Tokyo pour le paracanoë. L’Ardennais est pourtant arrivé très tard dans cette discipline : « Je ne suis pas fait pour les sports d’eau, je suis plutôt quelqu’un qui aime la terre. Pour preuve, j’ai pratiqué le motocross pendant des années. » Eddie Potvedin a débuté les compétitions dans cette discipline dès ses 10 ans. Il ne s’est pas arrêté jusqu’à ses 34 ans et son accident qui lui a coûté sa jambe gauche. C’est au centre de réadaptation de Charleville-Mézières qu’on lui soumet l’idée de se mettre au paracanoë. « On m’a d’abord proposé de pratiquer l’aviron », rectifie l’athlète. « Mais, j’ai refusé. L’idée de faire une course avec la ligne d’arrivée dans le dos ne me plaisait pas. » Mais Eddie Potdevin a accepté de tester le paracanoë. « Je connaissais l’entraîneur. Puis, j’ai découvert des compatibilités avec le motocross, il faut beaucoup travailler le haut du corps. »

 

 

« Si je ne m’y mets pas à 37 ans, je ne le ferai jamais »

Eddie Potdevin a enchaîné les compétitions régionales, puis nationales avant d’intégrer le groupe France en 2018. L’année d’après, il a décroché deux médailles de bronze sur 200 m, une européenne et l’autre en Coupe du monde. Lors de cette saison tronquée de 2020, Eddie Potdevin a uniquement participé à la manche de Coupe du monde en Hongrie. Il est monté par deux fois sur le podium après les épreuves de 200 m et de 500 m. Neuf titres de champion de France s’ajoutent à ce palmarès. Se qualifier et surtout obtenir une médaille aux Jeux paralympiques de Tokyo est son prochain objectif. « Je me suis dit, si je ne m’y mets pas à 37 ans, je ne le ferai jamais », confie le céiste. « Pour me consacrer aux Jeux paralympiques et ramener une médaille, j’ai mis de côté le reste. C’est un projet sur trois ans qui a été rallongé à cause du report. » Un projet qui pourrait aller encore plus loin, jusqu’à Paris 2024 ? « La Fédération française de canoë-kayak me titille pour que je continue jusque-là. C’est vrai que je connais bien le bassin de Vaires-sur-Marne, lieu des épreuves olympiques dans quatre ans, par cœur. Je ne sais pas, c’est loin et je ne peux pas rester sans travailler encore longtemps. »

 


 

Le site des Vieilles-Forges, proche de celui de Vaires-sur-Marne

Les Jeux olympiques 2024, c’est également la mobilisation des territoires grâce au label Centre de préparation aux Jeux. La base de loisirs des Vieilles-Forges, au nord-ouest de Charleville-Mézières, fait partie des 619 sites retenus pour l’aviron olympique et paralympique, le canoë-kayak sprint et le paracanoë. Le site abrite un lac de 150 hectares qu’Eddie Potdevin connaît bien. « L’hiver dernier, j’y étais tous les jours. J’ai cassé la glace avec mes pagaies », raconte-t-il. Selon le céiste, le lac des Vieilles-Forges a les atouts pour attirer des délégations étrangères qui souhaitent se préparer pour les JOP 2024. « Le site se rapproche des conditions de celui de Vaires-sur-Marne. C’est un bassin physique, avec des conditions venteuses et une eau dure pour pagayer. Les Vieilles-Forges se situe à moins de deux heures de Vaires-sur-Marne, mais se trouve dans la forêt des Ardennes. On est mieux loin de la population, à respirer un air plus propre. » Eddie Potdevin parle du lac ardennais autour de lui et encourage le Département à « démarcher, faire de la prospection dès maintenant pour aller chercher les grosses délégations étrangères. »

Leslie Mucret
Crédit photo : DR
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