La Solitaire URGO Le Figaro s’offre un plateau de rêve pour sa 50e

La 50e édition de La Solitaire URGO Le Figaro partira de Nantes le 2 juin. 49 skippers, dont les plus renommés comme Desjoyeaux, Peyron, Eliès en passant par Le Cléac’h ou Beyou, s’élanceront à bord d’un nouveau monotype, le Figaro 3, construit justement dans la cité des Ducs de Bretagne.

 
Des anciens vainqueurs (Desjoyeaux, Beyou, Eliès, Gautier, Le Cléac’h, Richomme), des outsiders (Marchand, Delahaye…), des bizuths déjà confirmés (Blandin, Colman, Crémer…) pour un total de 49 skippers l’année des 49 ans de la Solitaire et un départ inédit de Nantes sous forme de parade à bord d’un nouveau bateau… Tout est réuni pour un mois d’exception avec un départ réel à Pornichet le 2 juin, à destination de Dieppe où sera jugée l’arrivée le 29 juin.

Armel Le Cléac’h pour recoller aux triples vainqueurs

Armel Le Cléac’h, double vainqueur (2003, 2010) a fait son retour à la compétition sur la Solo Maître CoQ (il s’est classé 5e) pour tester le Figaro Bénéteau 3. En ce début juin, il s’élance pour la 11e fois sur la Solitaire lui qui n’y a pas participé depuis 6 ans. « C’était un premier test pour voir la concurrence et où l’on se situe à un mois de la Solitaire sur ce nouveau bateau livré en février. J’ai eu de bonnes sensations, c’est une belle performance parce que c’était vraiment l’inconnue. » Il a également pris part à la Solo Concarneau et l’a gagnée (le 14 mai, NDLR) pour peaufiner ses derniers réglages. « J’ai fait une préparation différente de la majorité des skippers », admet le Finistérien qui reste sur une grosse désillusion lors de la Route du Rhum 2018. Il ne s’est en effet pas aligné sur la Sardinha Cup (épreuve en double), la première manche du Championnat de France de course au large. « J’avais envie de me préparer essentiellement pour le solitaire. Je suis donc resté à Port-la-Forêt. On commence à l’avoir en main, mais on apprend à chaque sortie. Il est assez physique, équipé de foils, d’une voile supplémentaire par rapport au Figaro 2, ça demande pas mal de pratique et chaque détail compte. Dès que les conditions sont plus ventées, il va plus vite que le précédent. On gagne facilement deux ou trois nœuds de vitesse. C’est assez agréable, il est vivant. Dès qu’on tire un peu la barre, il accélère grandement. Par contre, ça mouille beaucoup, c’est engagé. Ça promet des étapes fatigantes. » La Solitaire est l’objectif majeur de la saison du dernier vainqueur du Vendée Globe en 2017. « Ça va être très ouvert vu le plateau et la difficulté des étapes. » En 2003, les skippers découvraient le Figaro 2 et c’est lui qui avait triomphé ! Cette victoire lui permettra d’ailleurs de véritablement lancer sa carrière reconnait-il. Bis repetita avec ce nouveau modèle ? « À l’époque j’étais le petit jeune. Cette année, on inverse un peu les rôles. » Il pense notamment à des skippers comme Xavier Macaire, Tanguy Le Turquais ou Morgan Lagravière – le podium de la Solo Maître CoQ – qui ont soif d’une victoire de prestige. « Ça permet de remettre les chances à égalité pour tout le monde et c’est la 50e, donc une édition très particulière. » Il a aussi dans un coin de la tête de rejoindre les triples vainqueurs (Poupon, Desjoyeaux, Le Cam, Beyou et Eliès) : « C’est l’objectif ! Mais ça va être dur. On peut très bien faire trois belles étapes et tout perdre sur une, ou finir sur le podium comme finir 30e. Ça va être une grande bagarre. Je pense que la moitié des concurrents peut prétendre à la victoire finale. » Parmi les quatre étapes, le natif de Saint-Pol-de-Léon en a tout particulièrement coché deux : « On va avoir deux arrivées et deux départs de Roscoff en baie de Morlaix, là où j’ai grandi et appris à naviguer. C’est super, tous mes amis pourront y être. Ces deux-là sont notées sur ma feuille de route », prévient « le chacal », qui prévoit déjà de revenir l’an prochain. Cette saison, il retrouvera ensuite l’Imoca sur la Transat Jacques Vabre dans le but d’accompagner Clarisse Crémer, qui a intégré le Team Banque Populaire cette année et qui va participer au prochain Vendée Globe.

URGO, partenaire majeur

Le groupe URGO, spécialisé dans la cicatrisation des plaies, le bien-être et la santé des personnes, est le partenaire majeur de la Solitaire du Figaro pour la troisième année consécutive. Hervé Le Lous, son président, n’est pas peu fier : « C’est une course mythique, que ce soit dans le monde de la voile ou comme événement sportif en général. Je la trouve extraordinaire, car au niveau de l’entreprise c’est un exemple contagieux d’enthousiasme, de professionnalisme, de simplicité et d’excellence de tous ces marins. » Le groupe URGO, créé en 1880, s’est engagé pour trois éditions en tant que « partenaire titre ». Il s’y retrouve parfaitement à travers la « mère » des courses au large. Les négociations pour la prolongation du partenariat sont d’ailleurs en cours, mais la priorité est d’abord à la 50e édition : « On est à fond. Elle est fantastique à la fois de par le plateau avec tous les grands qui reviennent, les bizuths, les chevronnés et les anciens vainqueurs. C’est la seule épreuve sportive où vous voyez des marins multi-titrés venir se frotter à des bizuths. » Dans chaque ville étape du parcours, il y aura plus de 60 personnes volontaires pour parler de l’entreprise, de ses actions, de ses produits… « Toute une équipe a testé et développé en collaboration avec des skippers des produits pour la peau dans les conditions extrêmes d’une régate. » Car l’eau de mer pendant des jours au contact du corps pourrait provoquer de gros problèmes de peau. « Nous avons également développé une trousse officielle URGO que chaque skipper emportera avec lui. Il y a la notion de secours, mais surtout de soin et de prévention. » Celle-ci contient une cinquantaine de produits, dont notamment des patchs d’électrothérapie pouvant détendre les muscles. « Ils permettent en quelque sorte de remplacer un kiné. » Associé un temps au rugbyman Sébastien Chabal, le groupe URGO considère la Solitaire comme « le sponsoring le plus important de notre carrière », aux dires de son président Hervé Le Lous. « La quasi totalité des grands de la course au large a fait ses premières armes sur la Solitaire. Alain Gautier, Michel Desjoyeaux, Yann Eliès… Imaginez un Roland-Garros avec Connors et Nadal en finale chacun à armes égales. »

Un parcours moderne respectant la tradition

Mathieu Sarrot, directeur des événements chez OC Sport – Pen Duick, a pu cette année se consacrer pleinement à l’organisation de la 50e édition de la Solitaire, l’an dernier ayant été une année folle avec la Transat AG2R, la Solitaire et la Route du Rhum. « On se concentre sur la course et sur la Solitaire à reconstruire pour l’année prochaine, avec des échéances compliquées en raison des municipales. Il faut donc anticiper et essayer de boucler un parcours avant septembre. » L’édition des 50 ans, la 51e donc, devrait avoir lieu en septembre 2020. « On va essayer d’instaurer ce rythme biennal avec un départ en juin les années impaires et en septembre les années paires », espère l’organisateur qui comptabilise 36 courses au large à son actif. Quant au parcours de la 50e, « c’est un peu bateau ce que je vais dire, mais on voulait être dans la modernité parce que c’est la première fois que l’on part de Nantes et dans la tradition, car les marins voulaient revenir vers le Nord et l’Irlande, donc aller chercher Kinsale qui a accueilli le plus de fois la Solitaire (20) … » Puis les Figaristes découvriront pour la première fois l’île de Man en Mer d’Irlande avec une très grosse étape de 630 milles. « Je crois que c’est la deuxième étape la plus longue de l’histoire de la Solitaire », précise Mathieu Sarrot. Il y aura ensuite une boucle de trois jours de Roscoff à Roscoff de 450 milles qui, selon l’organisateur, sera « l’étape la plus piégeuse et la plus difficile avec une navigation notamment dans la Chaussée de Sein, avec des passages devant le Mont-Saint-Michel et Saint-Malo pour revenir à Roscoff. » Enfin, la dernière étape emmènera les marins jusqu’à Dieppe qui accueillera la Solitaire pour la sixième fois.

Le programme 2019 :

2 juin : départ de la première étape (550 milles) de Pornichet
5 juin : arrivée des premiers à Kinsale en Irlande
9 juin : départ de la deuxième étape (630 milles) vers l’île de Man
13 juin : arrivée des premiers à Roscoff
16 juin : départ de la troisième étape (450 milles) autour de la pointe Bretagne
19 juin : arrivée des premiers à Roscoff
22 juin : départ de la quatrième étape (460 milles) vers la Cornouaille britannique
26 juin : arrivée des premiers à Dieppe
29 juin : postlogue et remise des prix à Dieppe

Le Figaro Bénéteau 3 :

Longueur de coque : 9,75 m
Longueur à la flottaison : 9 m
Largeur maximum : 3,47 m
Tirant d’eau : 2,5 m
Déplacement lège : 2 900 kg
Grand voile : 39,5 m²
Génois : 30,5 m²
Solent : 24 m²
Grand spi asymétrique : 105 m²
Spi asy capelage : 78 m²
Gennak code 5 : 65 m²
Mat : 13,76 m

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Par Victor Bolo

 

Crédit photo : Jean-Marie Liot
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