Parapente : Simon Mettetal veut aller plus haut

Le parapentiste Simon Mettetal a battu le record du Jura cet été en parcourant 250 km dans les airs. Le Doubien, qui a débuté le vol libre à 12 ans, va continuer à chercher ses limites. Rencontre.

 
Quel a été votre parcours avant de devenir un parapentiste de haut niveau ?

Petit, je suivais mon père et mon grand-père qui faisaient du parapente dans les années 90, à l’émergence de cette discipline. À 12 ans, je suis entré dans l’école du Poupet vol libre, situé au-dessus de Salins-les-Bains (Jura). Après deux ans, je suis parti au pôle espoir de Font-Romeu, dans les Pyrénées. J’ai passé mon bac là-bas. Depuis, j’ai intégré le Pôle France qui a plusieurs sites d’entraînement dans la région Rhône-Alpes. Comme je suis étudiant à Besançon, mon suivi se fait à distance. Parallèlement, je suis licencié au club Poupet Vol Libre.
 
Quels sont les spots de parapente en Bourgogne-Franche-Comté ?

Le massif du Jura se prête bien à la pratique grâce à ses grandes crêtes, ses plateaux et même ses plaines qui offrent de bonnes conditions de vol et trois zones topographiques différentes. Cependant, il est plus facile de faire du parapente dans les Alpes et dans les Pyrénées où les conditions sont meilleures. En Bourgogne-Franche-Comté, les montagnes sont moins grandes, il y a donc moins de place pour trouver des courants ascendants.

 

 

Vous avez battu le record du Jura début juillet. Racontez-nous ?

Le 7 juillet, j’ai décollé de Morteau, dans le Doubs, vers 12h30 et je suis arrivé au pied de la station Chamrousse, à 20 km au dessus de Grenoble, à plus de 21h. J’ai parcouru 250 km avec une moyenne de 29 km/h, battant donc l’ancien record à 217 km. Il est possible de rester plus de 8h30 dans les airs grâce aux courants ascendants. Il faut chercher les bulles d’air chaud pour remonter et avancer. Battre ce record était mon objectif depuis longtemps. J’ai bien planifié le parcours selon la topographie des sols et des espaces aériens pour être le mieux préparé possible. La veille du vol, il faut aussi être très attentif aux prévisions météorologiques, la masse d’air, l’humidité, la direction du vent.
 
Avez-vous déjà participé à des compétitions internationales ?

Je m’engage sur le circuit de Coupe de monde qui se compose en cinq manches et une super finale. La précédente édition, j’ai participé à deux manches et j’étais qualifié pour la super finale qui devait se dérouler au printemps dernier, mais elle a été annulée. Je devais également connaître mes premiers championnats d’Europe avec l’équipe de France le 23 août en Serbie, mais ils n’auront pas lieu à cause de la pandémie de Covid-19.

 

 

Les conditions d’entraînement sont-elles revenues à la normale malgré le contexte sanitaire ?

Dès la fin du confinement, j’ai pu reprendre l’entraînement presque comme avant. Nous sommes seuls dans les airs avec peu de risque de contaminer quelqu’un. Cependant, je suis plus resté aux alentours de chez moi, dans le Jura, alors j’avais l’habitude de voler dans les Alpes et à l’étranger. En ce qui concerne les compétitions, on se prépare au mieux, mais on n’est jamais sûr qu’elle aura lieu ou qu’on sera autorisé à y participer. Pour un sportif de haut niveau, ce n’est pas simple de se mettre en condition et d’apprendre au dernier moment que tout est annulé.
 
Quels sont vos objectifs de carrière ?

Je veux tout donner pour atteindre mes limites, et si mes limites s’approchent d’un podium mondial c’est tant mieux. Le parapente est un sport de maturité, il y a des sportifs de plus de 30 ans qui sont encore au top de leur forme. Moi, j’ai 20 ans et beaucoup d’années devant moi. Je voudrais aussi participer à la Red Bull X-Alps, une compétition qui allie la course et le vol. Les participants sont livrés à eux-même, avec leur parapente et leurs jambes, pour traverser les Alpes depuis Salzbourg, en Autriche, à Monaco. Les meilleurs l’accomplissent en moins de 10 jours. L’analyse et la technique de vol font la différence lors des mauvaises journées. Cette course me donne envie car je vole et je cours pas mal. La prochaine aura lieu en 2021, mais je ne serais pas au niveau. Je ne veux participer que lorsque je serais prêt. Je soumettrais mon inscription pour l’édition de 2020, me laissant ainsi deux ans pour progresser.

Propos recueillis par Leslie Mucret
Crédit photo : Simon Mettetal
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