Témoignage sur le statut d’étudiant sportif de haut niveau

Le statut d’étudiant sportif de haut niveau permet de poursuivre leurs études tout en pratiquant leur sport. Anaïs Bro, étudiante en licence 3 en STAPS à Montpellier et ancienne joueuse de basket-ball au centre de formation du BLMA, partage son expérience.

 

Pourquoi avez-vous obtenu le statut d’étudiant sportif de haut niveau ?

J’ai bénéficié du statut de haut niveau en licence 1 et en licence 2 au STAPS de Montpellier, car j’étais au centre de formation du BLMA (Basket Lattes Montpellier Association) en U18 et NF2 (Nationale Féminine 2), via le CREPS. Je n’ai pas eu de difficultés pour avoir le statut, j’ai dû remplir un formulaire et donner une lettre qui atteste le statut de haut niveau avec le taux d’horaire. Nous avions des engagements à respecter, dont jouer dans l’équipe universitaire de Montpellier. Nous sommes allées jusqu’au championnat de France. J’étais contente de le faire et c’était très intéressant.

Comment avez-vous utilisé votre statut ?

En licence 2, j’ai profité des aménagements : j’ai passé toutes les matières des travaux dirigés (TD) en contrôle terminal. Quand on n’est pas présent lors d’un TD noté en contrôle continu on a 0, je pense donc que sans ces aménagements, je n’aurais pas eu mon année. En licence 1, j’avais demandé le statut au cas où, mais avec quelques changements de groupe, j’ai finalement pu passer les contrôles continus comme tout le monde. Après, il est possible qu’on les ait acceptés parce que j’avais le statut.

Comment avez-vous géré vos études et votre pratique sportive ?

En général, j’avais entraînement tous les jours de 17h30 à 20h30, avec une heure de musculation et deux heures de basket, et le week-end je jouais un match voire deux selon la catégorie. Pour les épreuves que je pouvais passer en contrôle continu, j’essayais de travailler régulièrement. Mais pour le contrôle terminal, je n’avais pas beaucoup de temps pour les révisions, je m’y prenais généralement un mois à l’avance ou pendant les vacances si c’était possible. Je devais gérer un certain stress, parce que souvent les cours magistraux (CM) se déroulaient aux mêmes horaires que mes entraînements, je n’avais donc pas la leçon. J’allais la chercher à droite à gauche, mais je n’étais jamais sûre d’avoir la totalité. Par ailleurs, quand j’allais aux CM, en sortant je comprenais la quasi-totalité du cours, mais quand j’étais absente, il fallait que je fournisse un effort supplémentaire. Parfois je me sentais pénalisée lorsque je passais les épreuves en contrôle terminal, car elles n’étaient pas toujours équivalentes. Malgré cela, j’ai pu suivre mes entraînements et réussir mon année. C’est le principal !

 

En dehors des aménagements, avez-vous eu d’autres aides pour les cours ?

Certains étudiants sans le statut m’ont aidée, surtout ceux qui étaient dans la même spécialité sportive que moi. Grâce à eux, j’ai pu obtenir les cours que j’avais manqués et ils répondaient à mes questions. C’est nécessaire d’avoir cette aide en plus des aménagements, car pour réviser j’ai besoin du cours et de certaines explications que le professeur a données. Je pense qu’il peut être intéressant de s’entraider entre sportifs de haut niveau, parce que nous sommes tous au même point et nous pouvons plus facilement nous comprendre. Malheureusement, je n’ai pas bénéficié de ce type d’entraide, peut-être parce que j’étais la seule à avoir ce statut dans le basket-ball.

Qu’est-ce qui pourrait être amélioré pour ce statut ?

Ça doit être quelque chose de compliqué à mettre en place, mais ce serait bien de mettre à disposition des cours supplémentaires, du type « minis CM » ou bien de faire les CM le matin, plutôt que le soir à l’heure des entraînements. Dans ce cas, on pourrait mettre les TD, plus simples à comprendre, le soir ou l’après-midi. On pourrait aussi peut-être mettre en place des cours particuliers pour les statuts de haut niveau.

Quels conseils donneriez-vous aux futurs étudiants qui bénéficieront de ce statut ?

De prendre le statut même si au final ils ne vont pas s’en servir, car c’est toujours une issue de secours s’il y a un imprévu qui nécessite un aménagement. De trouver des gens sérieux sur qui compter, pour récupérer les cours par exemple, c’est très important. D’aménager au mieux leur emploi du temps pour concilier le sport et les études. Pour finir, essayer de travailler régulièrement pour réussir.

Propos recueillis par Jade Delattre
Crédit photo : Nicolas Mennetrey
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