Douze ans après sa dernière finale, l’ESBVA retrouve la Coupe de France avec l’ambition de décrocher un titre. Avant d’affronter Basket Landes à l’Accor Arena, Maxime Bézin revient sur le parcours de son équipe, les enjeux de cette finale et l’état d’esprit de son groupe.
Douze ans après la dernière finale, comment analysez-vous le retour de l’ESBVA à ce niveau de la compétition ?
La première des choses c’est qu’être en finale de cette Coupe de France, quand on sait qu’effectivement la dernière participation c’était il y a 12 ans, ça dénote de la performance de l’équipe dans cette compétition, notamment quand elle a été chercher cette qualification à l’extérieur à Montpellier. On a voulu jouer toutes les compétitions, et notamment cette compétition-là, dans l’idée de pouvoir essayer de ramener un titre en fin de saison. Et puis la deuxième des choses, c’est la rareté, la rareté qui fait aussi l’importance de l’événement qu’on va pouvoir rencontrer dans quelques jours maintenant. Et ça il faut aussi en profiter parce que dans une carrière ce sont des choses qui arrivent peu.
Cette Coupe de France faisait-elle clairement partie de vos objectifs en début de saison ?
Vous savez la particularité de Villeneuve, c’est que chaque compétition est jouée avec la volonté d’aller le plus loin possible et le président Carmelo Scarna souhaite qu’il y ait un titre chaque saison. Donc on rentre dans ces compétitions avec toujours la volonté d’aller au bout, que soit en championnat, en Coupe d’Europe ou en Coupe de France. Malheureusement, on a échoué sur les phases finales de championnat de France. On a perdu d’un point sur ces quarts de finale sur le cumul aller-retour. On a perdu de deux points sur le cumul aller-retour de demi-finale d’EuroCup. Donc il nous reste cette compétition-là. Comme les autres, on fera en sorte de donner et de montrer le meilleur visage de nous-mêmes en espérant que ce soit suffisant pour pouvoir ramener quelque chose.
Dans votre parcours jusqu’à la finale, y a-t-il un match qui, selon vous, incarne particulièrement la dynamique de votre équipe ?
On a fait des prestations plutôt abouties sur cette compétition. Je pense qu’il y a deux moments qui sont importants. On a joué un quart de finale face à l’ASVEL féminin, qu’on a su renverser. On est resté avec elles durant une grande partie du match et notre dernier quart-temps a été de grande qualité pour pouvoir passer en demi-finale. Et puis surtout la demi-finale à Montpellier qui était entre les deux matchs de demi-finale de l’EuroCup face à l’Athinaïkos, donc ça a été une semaine très éprouvante. Et finalement le match contre Montpellier a peut-être été l’un des meilleurs de la saison, pas tant d’un point de vue basket, mais plutôt dans la maîtrise de nos émotions, dans le fait d’avoir su aborder et garder vraiment, durant 40 minutes, un influx mental et physique qui a été très constant.
Face à Basket Landes, quels seront les éléments déterminants pour espérer l’emporter ?
Je ne sais pas s’il y a une clé pour pouvoir remporter un match face à Basket Landes, en tout cas dans cet environnement-là à Bercy. On a fait un très bon match en championnat à domicile. À l’instar de ce qu’on avait pu faire à Montpellier en demi-finale de Coupe de France, on avait su gérer les momentum. Le match retour, sincèrement, j’ai fait des choix, puisque c’était en retour de trêve internationale, où j’ai mis des joueuses au repos. Je ne voulais pas trop forcer puisqu’elles sortaient de cinq matchs en sept jours avec leur sélection.
On a été totalement dépassés petit à petit dans le match et je pense que mentalement, on n’a pas eu cette stabilité qu’on avait pu avoir notamment à Montpellier sur cette demi-finale de Coupe de France. Donc, ce sont des choses qui seront importantes pour le match de samedi dans un contexte que beaucoup ne connaissent pas, c’est-à-dire une salle où il va y avoir beaucoup de monde, où il y a des espaces qui sont beaucoup plus importants que dans les salles dans lesquelles on peut jouer habituellement. Et puis après, Basket Landes, c’est une équipe à qui tout sourit cette saison, qui produit un jeu qui est très agréable, qui met énormément d’intensité.
On est au courant qu’elles ont deux, trois joueuses qui mettent énormément de vitesse dans le jeu. Il faudra qu’on soit capable de gérer ça. Elles ont la MVP du championnat qui est Leïla Lacan, qui est peut-être aujourd’hui la leader de l’équipe de France, dont on sait qu’il faudra limiter l’impact. Il va falloir qu’on casse leur agressivité défensive parce qu’elles ont des joueuses qui ont un réel impact de ce point de vue-là. On sait que ça va taper, que ce sera compliqué et il va vraiment falloir qu’on arrive à appréhender ça et ne pas perdre notre basket et notre confiance, notre sérénité.
Comment prépare-t-on un groupe à évoluer dans un contexte aussi particulier que celui de l’Accor Arena ?
La pression, on la gère toute la saison, donc ce n’est pas tant la pression de ce match-là, c’est plus le fait d’être peut-être un peu impressionnés par une salle où il y aura peut-être 18 000 personnes, je ne sais pas exactement combien il y aura de spectateurs, mais il faudra dédramatiser. Il y aura cinq joueuses sur le terrain de chaque équipe, il y aura un ballon et un rapport de force qui va s’installer et il faut qu’on arrive à faire abstraction du reste le plus possible. Il y a un enjeu, il faudra qu’on soit à la hauteur de celui-là. Qu’on joue à huis clos ou qu’on joue à Bercy, il faudra qu’on se mette dans notre bulle et il faudra utiliser cette atmosphère pour avoir ce petit gain d’énergie supplémentaire pour nous permettre de faire le petit effort en plus.
Dans quel état d’esprit se trouve votre équipe à l’approche de cette finale ?
Elles ont forcément envie de gagner. Comme je le disais, jouer un titre, ça n’arrive pas souvent, malgré tout ce qu’on peut penser. Mais c’est juste quelque chose d’extraordinaire. Donc forcément, quand on arrive sur ces matchs-là, les filles ont envie de le jouer, elles ont envie de gagner. Mais au même titre que Basket Landes a envie de le jouer et a envie de gagner. Il faut surtout que les gens se rendent compte que c’est quelque chose d’extraordinaire et il doit y avoir un engouement certain autour de ce match. Je sais qu’il y aura plus de 2 000 Landais dans la salle samedi. Ce sera aussi un enjeu pour nous de voir le soutien qu’on aura du peuple villeneuvois, métropolitain et de manière générale nordiste.
Et vous, en tant qu’entraîneur, avec quel état d’esprit abordez-vous ce type de rendez-vous ?
J’essaye d’être le plus froid possible par rapport à ce match. Une fois que le ballon sera lancé, l’entre-deux sera fait, j’aurais quand même fait 99% de mon boulot dans la préparation. Je pense qu’il était important de bien montrer aux filles quelles étaient les forces de cette équipe de Basket Landes, mais aussi comment on pouvait essayer de faire en sorte de trouver quelques failles dans leur jeu. Mais on sait qu’il n’y en a pas beaucoup puisque c’est une équipe qui a été au Final Six de l’Euroleague, qui a perdu trois matchs en tout et pour tout dans le championnat de France cette saison. Mais mon job il est là, il est de construire le plan de jeu et de faire comprendre à tout le monde que c’est celui-là qui peut nous permettre de rivaliser, voire peut-être de battre cette équipe.

























