Pierre Gasly attend son tour

Pilote réserviste chez Red Bull, Pierre Gasly devra encore patienter avant de se lancer en Formule 1. C’est en Super Formula, le championnat japonais de monoplace, que le jeune Rouennais poursuivra son apprentissage en 2017. En espérant rallier au plus vite la catégorie reine.

 
Alors qu’il devient le deuxième plus jeune pilote, après un certain Nico Rosberg, à être sacré champion des GP2 Series en 2016, Pierre Gasly s’attend à ce que les dirigeants de la filière Red Bull lui proposent un baquet chez Toro Rosso en Formule 1. Mais le géant de la boisson énergétique en décide autrement en choisissant de conserver son duo Carlo Sainz et Daniil Kvyat dans son équipe B. « Forcément, j’ai été très déçu. Pour moi ça a été difficile, parce que, lorsqu’on arrive à gagner en GP2, on espère aller au niveau du dessus qu’est la Formule 1, reconnaît Pierre Gasly. Chez Red Bull, ils m’ont dit que ce n’était pas l’année, qu’il fallait que je me concentre et que je me prépare au mieux pour l’année d’après. L’objectif c’est d’être chez Toro Rosso en 2018 », confie le jeune pilote de 21 ans.

Toro Rosso en Super Formula : une première !

Loin de se décourager après ce premier obstacle, Pierre Gasly décide de poursuivre sa route au Japon où, depuis 2013, le championnat a pris le nom de Super Formula. « C’est dépaysant, parce que c’est un tout nouveau pays, une culture complètement différente de l’Europe. Ça fait pas mal de buzz que Red Bull me mette en Super Formula, parce que c’est la première fois qu’ils vont être impliqués dans le sport auto au Japon. On a des bons retours, donc ça fait plaisir », explique Pierre Gasly qui fera mi-avril sa première course à Suzuka, au volant d’une Dallara SF14. En rejoignant le pays du Soleil levant, le Rouennais suit les traces d’un autre champion de GP2, le pilote Stoffel Vandoorne. Avant d’être titularisé cette saison chez McLaren pour succéder à Jenson Button, le Belge a, lui aussi, couru en Super Formula où il a brillé en 2016. Un parcours dont s’inspire aujourd’hui le jeune Gasly, confiant et fidèle à l’écurie autrichienne.

Une grand-mère championne de kart

Pierre a connu l’odeur du bitume et l’adrénaline des virages serrés dès son plus jeune âge. Il grandit dans une famille de passionnés qui lui transmet le goût de la vitesse. Son grand-père Jean a été membre de l’équipe de France de karting en 1961, et sa grand-mère, Evelyne, a été championne de Normandie dans les années 1960 ! « Une belle anecdote » confie Gasly, sourire aux lèvres. Son père, Jean-Jacques, est, lui aussi, féru des sports autos après être passé par le kart, le rallye et l’endurance. Déjà petit, Pierre suit aussi trois de ses quatre grands frères sur les pistes de kart, pour les supporter. « J’ai testé pour la première fois à six ans et j’ai été raide dingue tout de suite. J’ai suivi toutes les courses de Michael Schumacher étant jeune. Forcément, ça m’a fait rêver et ça m’a persuadé que c’était ce que je voulais faire dans ma vie », affirme ce grand fan d’Ayrton Senna… Précoce et talentueux, Pierre a un avenir prometteur. En fins connaisseurs, ses parents remarquent son potentiel et prennent le pari de faciliter l’entrée de Pierre dans une discipline peu accessible. « Je n’en serais pas là sans mes parents. Ils avaient une expérience du sport automobile, donc ils savaient que ça coûtait cher. Dès le début, ils ont cherché des sponsors. Ma mère passait des nuits entières pour trouver des solutions. Ça a été le cas de 2005 à 2013, jusqu’à ce que j’entre chez Red Bull. Donc c’était vraiment compliqué. Ils ont été d’une grande aide », se souvient le jeune pilote qui s’est vu récompensé en s’imposant la saison dernière en GP2. Un titre prestigieux qu’ont remporté Nico Rosberg, Lewis Hamilton ou encore Stoffel Vandoorne. « Ça fait toujours plaisir que le travail et l’investissement fournis depuis de nombreuses années finissent par payer. Je pense que c’est un gros plus d’avoir gagné ce championnat, quand on voit ceux qui sont passés avant. Mon statut a changé à l’intérieur de l’écurie, c’est donc aussi une très bonne chose. Il va falloir continuer de travailler pour accéder à la F1 le plus vite possible ».

« Être le plus prêt possible »

Bien qu’il ne soit pas pilote titulaire cette année, Pierre Gasly endosse aujourd’hui le statut de pilote de réserve pour Red Bull et Toro Rosso. Un statut qui lui permet d’assister à tous les Grands Prix où il pourra notamment prendre part aux réglages et se former depuis les coulisses. Le pilote passera également de nombreuses heures au simulateur de Milton Keynes pour aider son écurie. « Je vais essayer de préparer au mieux mon championnat en Super Formula et profiter des tests avec Red Bull. En étant troisième pilote, je veux prendre le maximum d’expérience aux Grands Prix avec la nouvelle voiture et le nouveau règlement. Je veux être le plus prêt possible, quand une opportunité se présentera ». Stoffel Vandoorne l’avait saisie, lui, l’opportunité de courir au Grand Prix de Bahreïn l’an dernier, en raison de l’absence de Fernando Alonso. Un itinéraire qu’aimerait emprunter à son tour Pierre Gasly.

5 questions Express à Pierre Gasly :

Un surnom ? Chez Red Bull, ils m’appellent Gaz-Gaz (rires).
Un toc ? Je monte toujours dans ma voiture du côté gauche.
Une série préférée ? Games of Thrones ou Narcos, impossible de choisir !
Une équipe de foot ? Le PSG, je suis un grand fan !
Un mot en japonais ? « Itadakimasu » (alors qu’il demande confirmation au taxi sur la bonne prononciation) Ce qui veut dire ? C’est l’équivalent de « Bon appétit ».

Par Alicia Dauby

 

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