Les 22 et 23 août 2026, la commune de Sainte-Croix-aux-Mines, nichée au cœur du Val d’Argent en Alsace, s’apprête à vibrer au rythme du championnat de France de bûcheronnage sportif. Tous les regards se tourneront vers un seul homme : Pierre Puybaret. Déjà neuf fois couronné au sommet national, le colosse corrézien s’avance vers cette édition 2026 avec une ambition immense et un chiffre en tête : dix.
De la mécanique au sommet de la discipline : l’odyssée d’un géant
Rien ne prédestinait vraiment ce natif de Brive-la-Gaillarde, initialement orienté vers un parcours en mécanique, à devenir l’archétype du champion de sports extrêmes en milieu boisé. C’est au détour d’une rencontre avec un collègue, alors qu’il trace sa route professionnelle (il travaille au quotidien chez EDF), que Pierre Puybaret découvre le STIHL Timbersports.
Dès ses débuts sur le circuit compétitif en 2010, l’athlète impose sa stature — 1,90 m pour 110 kilos — et surtout une rigueur mentale hors du commun. Au fil des ans, l’apprenti des premiers jours s’est mué en un maestro craint et respecté sur toutes les scènes internationales. Entre des places de finaliste et de top mondial (notamment une magnifique 5e place mondiale en 2015 et une 6e place en 2016), le Cornurien a patiemment forgé sa légende.
Mais c’est incontournablement sur la scène nationale que son emprise est devenue totale. Depuis 2017, à de rares exceptions près, le trône de champion de France lui appartient. En 2025, après une bataille des plus féroces face à une concurrence tricolore de plus en plus affûtée — symbolisée par des rivaux redoutables comme Alexandre Meurisse —, Puybaret est allé chercher au panache son neuvième sacre. Une victoire serrée qui a prouvé, si besoin en était, que le champion n’a rien perdu de sa hargne ni de la précision chirurgicale de ses coups de hache.
L’art du bois : une science de l’effort et du détail
Pour comprendre la longévité de Pierre Puybaret, il faut mesurer l’exigence absolue du bûcheronnage sportif. Loin des clichés folkloriques, il s’agit d’une discipline athlétique de haute volée qui exige un fondu parfait entre explosivité, technique millimétrée et endurance cardiovasculaire.
Au sommet de sa forme, le champion partage son temps entre des semaines de travail normées et un entraînement drastique : quatre jours par semaine, entre cardio intensif et maniement d’outils redoutables, aux beaux jours. Dans sa discipline de prédilection qu’est le Single Buck, Puybaret a souvent terrassé le chronomètre, laissant ses adversaires à distance respectueuse.
Sainte-Croix-aux-Mines 2026 : l’heure de la décade prodigieuse ?
Alors, que faut-il attendre de ce championnat de France 2026 en Alsace ? À l’aube de ce rendez-vous crucial organisé par l’association Lumberjack, la pression n’a jamais été aussi palpable. Décrocher un neuvième titre était une consécration ; aller chercher un dixième sacre national s’apparente à une quête d’ordre historique.
Pourtant, le défi s’annonce ardu. La relève française pousse fort, à l’image des jeunes talents formés dans les lycées forestiers ou des compétiteurs comme Alexandre Meurisse et Loïc Voinson, qui rêvent tous de renverser l’ogre corrézien. La moindre micro-seconde perdue lors d’une entaille de Standing Block, un déséquilibre sur le Springboard ou un raté au démarrage sur la Hot Saw pourrait redistribuer les cartes.
Mais les grands champions ont cette faculté unique de transcender les enjeux lorsque l’histoire tend les bras. Physiquement affûté, fort d’une expérience que personne d’autre sur le circuit français ne peut revendiquer, Pierre Puybaret aborde ce championnat alsacien avec la sérénité octroyée par ses neuf sacre précédents.

























