Championne du monde et d’Europe en pieds-poings, Sarah Kaddour débarque en boxe anglaise. Après un 2e combat soldé par une défaite et vécu comme une injustice, l’ancienne spécialiste du kickboxing arrive déterminée comme jamais au gala Palatina 7, à Cherbourg le 9 mai prochain.
Sarah, nous sommes à quelques jours de votre combat à Cherbourg avec Palatina : première question, comment s’est passée votre préparation ?
C’était une prépa très dure physiquement, très exigeante. Mais c’est une des meilleures prépas que j’ai pu faire. Pourtant, ce n’était pas évident, après ma reconversion et mes deux enfants que j’élève toute seule. Je suis prête pour samedi.
Vous venez du kickboxing, une discipline au sein de laquelle vous êtes déjà championne du monde et d’Europe. Qu’est-ce qui vous a mené à la boxe anglaise ?
Au bout de mon parcours dans le pieds-poings, j’avais de moins de moins en combats, j’étais frustrée. Avec mon coach que je connais depuis très longtemps, un ami de mon père, j’ai fait une séance de patte d’ours en octobre dernier. De là, il m’a dit que j’avais un talent en boxe, et que je devais venir boxer chez lui. Un mois après, j’ai fait mon premier combat. J’ai atterri là par pur hasard, et depuis tout va très vite.
Depuis votre passage à la boxe anglaise, qu’est-ce qui a changé dans votre approche ?
La boxe anglaise pour moi, c’est le renouveau. Le kickboxing, j’en ai fait pendant plus de 20 ans. Sur la fin de ma carrière, j’y allais par habitude, « pour y aller » entre guillemets. Nouvelle discipline, avec un entourage avec lequel j’ai grandi, un ancrage plus fort avec ma ville… tout cela fait qu’aujourd’hui, je préfère largement la boxe anglaise.
Quelles différences vivez-vous en boxe anglaise, comparé au kickboxing ?
Déjà, il y a une différence de temps, avec plus de rounds en pieds-poings qu’en anglaise. C’est beaucoup plus rapide. Il faut gérer le cardio, le physique. Après mon premier combat, la première chose à laquelle j’ai pensé, c’est que je n’avais pas mal aux jambes ! C’est presque comme si je n’avais pas combattu. Alors qu’en kickboxing, j’avais besoin d’un mois avant de pouvoir combattre de nouveau.
Et niveau adaptation, il n’y a pas parfois la tentation d’utiliser les jambes ?
Pour être honnête, j’ai gardé du kickboxing mes déplacements, avec une boxe très aérienne. Quand je frappe, je reste sur mes pieds, mais j’ai conservé cette vitesse et cette mobilité. Parfois, au corps-à-corps, je pense à envoyer un genou. Et je pense ohlala on n’est pas au pieds-poings là ! Je m’entraîne deux fois par jour, j’ai pris l’habitude. Mais face au sac de frappe, j’envoie parfois quelques petits coups de jambe pour le plaisir.
Vous avez déjà deux combats pros à votre actif, comment se sont-ils déroulés ?
Pour le premier, j’avais beaucoup de pression, car je n’avais jamais boxé à domicile. J’ai gagné et j’ai vraiment pris mes marques. Le second était en short-notice, justement pour remplacer mon adversaire du premier combat, à qui j’avais cassé le nez. Ce 2e combat était chez mon adversaire, et elle a été désignée vainqueure, alors que ma victoire était flagrante. Même sa propre salle l’a hué, chez elle. Le délibéré était trop long, elle était à domicile et faisait son retour… Je l’ai vécu comme une injustice. C’était un coup dur psychologiquement, mais j’en ai tiré le positif. Maintenant, je veux prouver sur le ring que c’était une erreur.
Vous avez rendez-vous le 9 mai à Cherbourg, au gala Palatina 7. Comment abordez-vous ce 3e combat pro ?
Très bien, j’ai confiance en moi, on a bien travaillé avec tout mon staff. Je suis plus que prête et j’ai beaucoup de détermination. J’ai vraiment envie de montrer que la décision du dernier combat n’était pas la bonne. Mon gameplan est prêt, on connaît les qualités et défauts, on sait ce qu’on a à faire.
Qu’est-ce que cela représente de boxer pour l’organisation Palatina ?
Je suis très honorée de boxer sur ce plateau, je suis fière qu’ils aient pensé à moi. J’ai remarqué que c’est une organisation qui faisait beaucoup d’effort pour la visibilité, et j’ai déjà vu une vraie différence dans les médias et sur les réseaux sociaux, alors que le combat n’a pas encore eu lieu. J’ai hâte et très enfin de faire le job, faire du show.


































