Lors de la cérémonie des Victoires du Sport 2025 de la Région Île-de-France, Sarah-Léonie Cysique a remporté le prix de la sportive de l’année.
Si l’année 2024 fut celle de l’apothéose médiatique et émotionnelle, 2025 a représenté pour Sarah-Léonie Cysique le véritable début d’un nouveau chapitre. À 26 ans, la judokate de l’ACBB (Boulogne-Billancourt) a dû relever le défi le plus complexe du sport de haut niveau : digérer l’après-Jeux pour se projeter vers l’avenir, tout en gérant une concurrence interne de plus en plus pressante.
La quête mondiale
Le point d’orgue de sa saison s’est déroulé en juin, lors des Championnats du Monde. Historiquement, cette compétition est celle qui se refuse encore à la Française en individuel. En 2025, Sarah-Léonie est arrivée avec un statut de favorite, affichant une forme physique impressionnante.
Pourtant, le scénario a rappelé cruellement les épisodes passés. Malgré un parcours sans faute jusqu’en demi-finale, elle s’est inclinée sur un détail tactique, devant se contenter d’une médaille de bronze. Sa réaction, captée par les micros en zone mixte, témoignait de son exigence : une profonde tristesse malgré le podium. Pour celle que l’on surnomme « Cyso la découpe », seule la Marseillaise compte désormais pour valider sa place au sommet de la hiérarchie mondiale des -57 kg.
Le virage tactique et le test des -63 kg
L’une des surprises majeures de cette saison 2025 a été l’incursion de Cysique dans la catégorie supérieure. Pour s’offrir une respiration mentale et éviter les régimes répétés, elle s’est alignée sur plusieurs tournois européens (notamment à Rome et Prague) en -63 kg.
Une fin d’année tournée vers le Japon
La saison s’est achevée par le prestigieux Grand Slam de Tokyo en décembre. Dans le temple du judo, Cysique a confirmé sa régularité en décrochant une place de finaliste, ne s’inclinant que face à l’élite japonaise. Ce résultat est crucial car il la maintient dans le top mondial et lui assure une position de tête de série pour l’entame de l’année 2026.
L’équilibre hors tatamis
Au-delà de la compétition, 2025 a aussi été l’année de la consolidation de son projet de vie. Toujours membre du dispositif « Athlètes SNCF », elle continue de préparer son après-carrière, un ancrage dans la réalité qui, selon ses propres mots, lui permet de « mieux supporter la pression des tatamis ».
La saison 2025 de Sarah-Léonie Cysique n’a donc pas été celle du repos après la tempête olympique. Ce fut une année de travail acharné, marquée par une frustration productive. Si l’or mondial lui a encore échappé, sa domination sur le circuit World Tour et sa capacité à se réinventer prouvent qu’elle reste la patronne incontestée de sa catégorie en France, avec les yeux déjà rivés sur les prochaines échéances majeures.


































