Le 7 février, Marseille accueillera la première édition du gala Marseille Boxe Solidaire, un événement inédit mêlant boxe amateur et professionnelle, engagement associatif et championnat du monde. Rachel Germain Ouarezki, co-organisatrice de la soirée, revient sur la genèse du projet, la volonté de pérennisation et l’ambition de redonner à la boxe toute sa place dans la cité phocéenne.
Comment est née l’idée du gala Marseille Boxe Solidaire ?
C’est une idée du co-organisateur et fondateur Yacine Berrabah, avec lequel j’organise l’événement. Il voulait créer un événement autour de la boxe, mais pas un événement classique comme on a pu le faire auparavant au Palais des Sports. Il voulait vraiment faire un événement qui allie à la fois la boxe, l’entrepreneuriat et la solidarité à travers les associations avec lesquelles on travaille. L’idée, c’était aussi de créer un tissu sportif de talents autour de la boxe à Marseille, parce qu’il y a beaucoup de boxeurs et boxeuses, amateurs ou professionnels, qui ne sont pas assez mis en avant dans la région Sud.
Pourquoi avoir choisi Marseille et le format d’un gala solidaire ?
Parce que Marseille, c’est une communauté à part entière, avec une très forte solidarité malgré ce qu’on peut entendre. La boxe fait partie de l’ADN de la ville. Pour moi, la boxe, c’est le sport du peuple. Elle est historiquement issue des quartiers populaires, comme le foot. Associer la boxe à la solidarité, c’est presque naturel.
Ce gala, c’est donc une première édition…
Oui, ce sera la première édition de Marseille Boxe Solidaire, le 7 février. L’objectif, dès le départ, est de pérenniser cet événement. On ne voulait pas faire un one-shot, mais créer un rendez-vous régulier, défendre une cause et aider des associations à chaque édition.
Le gala accueille un championnat du monde IBO mi-mouche. Comment ce choix s’est-il imposé ?
Le main event de la soirée, c’est le championnat du monde IBO mi-mouche de Romane Moulai. Elle défend son titre. Romane est marseillaise, elle est très peu connue alors qu’elle a une grosse carrière amateur, une présélection pour les JO 2024 et qu’elle vise Los Angeles 2028. Elle débute sa carrière professionnelle avec déjà un titre. On a voulu la mettre en avant. C’est aussi une opportunité sportive et humaine.
Comment va se dérouler la soirée ?
On démarre à 19h30 avec six combats amateurs issus de clubs de la région Sud (Challenge Boxing, Boxing Center Official, Boxing Club Dignois), en lien avec Renald Garrido, ancien boxeur et entraîneur très ancré à Marseille. Il a son club de boxe, l’ASCVSH Marseille 16 et c’est donc à travers lui qu’on fait la fight card amateur. Il y aura un combat professionnel très attendu entre Gianni Carullo, qui a une carrière assez construite et Kemil Mansour, un prodige pour nous, avant le championnat du monde IBO mi-mouche de Romane Moulai face à une adversaire philippine, Althea Shine Pores, très sérieuse et technique.
Quel public souhaitez-vous toucher avec cet événement ?
On veut un public mixte, qui ressemble à Marseille. Des chefs d’entreprise, des sportifs, des passionnés de boxe, mais aussi des jeunes issus des quartiers et des associations qu’on soutient. La salle est intimiste avec 218 places. Et aujourd’hui, la billetterie montre que ce mélange fonctionne. On a envie de montrer que Marseille, c’est aussi de la solidarité entre les gens.
Comment rendre ce gala accessible malgré des places payantes ?
Les places sont chères parce qu’il y a un cocktail dînatoire, mais aucune association ne paie. Les recettes servent à financer des places offertes aux associations ou des aides financières pour leurs clubs. Sinon, il n’y aurait plus d’esprit de solidarité.
Qu’est-ce qui fera, selon vous, la réussite de cette première édition ?
Que Romane conserve son titre, que le public soit conquis et que nos partenaires, notamment la Région Sud, aient envie de continuer avec nous sur le long terme, à raison de peut-être 3 ou 4 événements par an. Notre objectif, c’est d’assurer un suivi des boxeurs, de créer une continuité et pas juste un événement puis plus rien derrière. C’est ce manque de suivi qui fait mal à la boxe aujourd’hui.






















