À 36 ans, Émilie Sonvico a tout renversé sur son passage : cinq combats, cinq victoires en 2025, un titre de championne d’Europe et le 13 décembre dernier à Uzès, une ceinture mondiale WBC Silver conquise par KO au premier round. Derrière les chiffres, une trajectoire profondément humaine, construite sur le travail, la patience et le plaisir de boxer.
Le 13 décembre, à Uzès, tout est allé très vite. Trop vite, presque, pour mesurer ce qui se jouait. En 1’48 », une droite parfaitement ajustée, l’Anglaise Dee Allen s’effondre. Combat terminé. Ceinture WBC Silver autour de la taille. Rien, pourtant, ne prédestinait Émilie Sonvico à une telle trajectoire. La boxe, elle la découvre presque par hasard, pour se défouler pendant ses études, en suivant son meilleur ami. « J’avais cette image un peu Rocky, gueule cassée. Et en fait, ce n’était pas du tout ça. » Un an plus tard, en 2010, elle est championne de France. S’ensuit un long parcours amateur, exigeant, parfois frustrant.
Deux cycles olympiques avec l’équipe de France, Tokyo puis Paris, sans qualification pour un rien. « C’était dur, mais je savais qu’après Paris, je passerais professionnelle, pour être un peu plus libre de mes mouvements. » Elle saute le pas en novembre 2024. Un an plus tard, elle est n°6 mondiale, championne d’Europe et détentrice d’une ceinture WBC Silver. « En un an, sept combats, deux titres majeurs… Ça n’arrive pas.«
Le club, les proches, l’ancrage
Si Émilie Sonvico avance vite, elle le fait entourée. Son club d’Uzès reste un pilier. « On est un club très cocon. Je peux rentrer dans ma salle et me sentir protégée. » Bénévoles, partenaires d’entraînement, jeunes du club : tous participent à l’équilibre. « Souvent, les sports individuels sont les plus forts collectivement. » Son entourage joue le rôle de repère.
« Ce sont des phares sur le chemin. Des personnes non mouvantes, sur lesquelles je peux m’appuyer. » Cette stabilité explique aussi son choix de rester fidèle à Uzès, loin des grandes structures. « Je n’ai pas besoin de grosses infrastructures. J’ai besoin de me sentir bien.«
Le plaisir comme boussole
Boxeuse de l’année 2025 aux Punchtime Awards, Émilie Sonvico reste fidèle à son équilibre. À côté du ring, elle travaille à la communauté de communes d’Uzès, comme médiatrice dans les quartiers. « Ça me permet de m’entraîner matin et soir, et d’avoir une vraie stabilité. » Aujourd’hui, malgré les portes qui s’ouvrent, elle refuse de se projeter trop loin. « Je suis vraiment sur une notion de plaisir. Ne pas aller à l’entraînement en marche arrière.
» Les négociations pour 2026 sont en cours, sans précipitation. « Si ça se présente, on saisira la chance. Sinon, on continuera notre bonhomme de chemin. » À celles qui rêvent de suivre la même voie, le message est simple, sans faux-semblants : « Beaucoup de travail, beaucoup d’abnégation et beaucoup de patience. » Une phrase à l’image de sa carrière. Construite petit à petit. Mais désormais impossible à ignorer.






















