Voile : Un duo de passionnés à l’assaut de l’Atlantique

Le 9 mai 2021, Nicolas Bertho et Romuald Poirat s’élanceront à l’assaut de l’Atlantique. Ce duo de passionnés participera pour la première fois à la course Transat en double qui leur fera traverser l’Atlantique de Concarneau à Saint-Barthélemy.

Comment vous-êtes-vous rencontrés ?
Nicolas : C’est un peu par hasard que nous nous sommes rencontrés. J’ai rencontré Romuald sur le départ de ma première Transat AG2R, il m’a été présenté sur le pont, il est vrai que nous n’avons pas beaucoup eu de temps pour faire connaissance, sur le ponton c’était le « speed » mais depuis nous
n’avons pas arrêté de naviguer ensemble ! Quand je suis revenu de ma Transat, nous avons continué de naviguer dans le même équipage. Nous avons participé au Circuit Rolex Cup et à d’autres courses avant de se dire : pourquoi pas faire une course à deux ? Et nous voilà lancés dans cette aventure.

 

Comment qualifieriez-vous votre amitié ?
Romuald : Quand on décide de s’engager en double c’est que l’amitié est forte. Sur un bateau vous devez avoir entièrement confiance en l’autre. Ne serait-ce que sur les phases de repos, vous devez laisser la barre à votre coéquipier qui va gérer sans vous, c’est littéralement se laisser guider les yeux fermés. Comme les marins disent souvent : nous cédons notre vie à l’autre. Nous aimons l’aventure, l’innovation et l’un et l’autre avons des carrières professionnelles pleines d’ambitions. Tous ces points communs font de notre amitié une force.

 

Pourquoi participer à la transat en double ?

Nicolas : Parce que celle-là je l’ai déjà faite ! Je connais déjà le chemin. Plus sérieusement, nous nous sommes sentis prêts à relever le défi et puis ce que je trouve intéressant avec cette course c’est que c’est une course en monotypie. Tous les bateaux sont strictement identiques, il n’y a alors que l’équipage pour faire la différence. Tout le monde a les mêmes chances à l’arrivée. C’est ce qui nous plaît et nous motive.

 

 

Comment vous préparez vous pour cette échéance ?

Romuald : Normalement nous aurions dû partir l’année dernière. Mais à cause du Covid la course n’a pas pu se tenir donc les organisateurs ont décidé de la déplacer cette année. Cela complique un peu tout. Il ne nous reste que quatre mois pour nous préparer. Nous essayons de sortir le plus possible sur l’eau. Nous nous sommes aussi entourés d’un staff qui nous permet de gagner du temps sur tout ce qui est logistique, technique et organisation des retours. Nous avons aussi le chef étoilé Éric Guérin qui est de la partie. Il va organiser nos rations pour être le plus performant possible. Le temps est court mais nous serons prêts !

 

Parlez nous de votre bateau…
Nicolas : C’est un bateau récent, pour vous dire, il n’y en a encore aucun de ce genre qui a traversé l’Atlantique ! J’ai connu le Figaro 1 et 2, maintenant nous naviguons avec la 3e génération. C’est un bateau aussi fiable que les anciennes générations, qui est conçu pour la glisse. Notre bateau est équipé de foils, tout a été pensé pour la vitesse. Il n’y a même plus de table à carte, il y a juste deux toiles tendues et c’est tout. C’est un très beau jouet qui allie vitesse et stabilité à la perfection.

 

Avez-vous rencontrez des difficultés ?

Romuald : Je ne dirais pas des difficultés mais des problèmes. Dès l’instant où vous faites les choses avec passion cela devient plus facile. Vu le timing, notre plus gros problème est de trouver des sponsors. C’est le gros point où nous n’avons pas la main… Nous n’avons pas de grosses écuries qui nous suivent, nous sommes porteurs de valeurs auprès d’entreprises qui ne sont pas de grands noms de la voile. Nous voulons qu’à travers nous, des entreprises soient à la même hauteur que des
entreprises spécialisées. Aujourd’hui, nous sommes à peu près à la moitié du budget requis. Avec l’officialisation du départ les choses devraient s’accélérer, ce serait bien que nous soyons au complet à la fin février.

 

Quels sont vos objectifs pour cette épreuve ?

Romuald : Notre objectif c’est clairement de finir la course, nous avons généralement bien fini nos régates, avec des résultats très honorables, nous voulons perpétuer la tradition. Nous voulons tenter de finir à une belle place même si le panel de marins est grand, dans tous les cas nous ne voulons pas finir derniers. Nous sommes ambitieux mais lucides, nous voulons nous battre, nous dépasser. Nous voulons faire rêver un certain nombre de personnes, les pousser à se surpasser !

Propos recueillis par Arthur Glory
Crédit photo : Icon Sport
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