Voile – Hugo Vérité : « Courir sur l’eau pour l’eau »

Passionné de voile, le temps est venu pour Hugo Vérité de se lancer dans le grand bain. Le skipper de 20 ans est décidé : il participera à la Mini Transat 2023. Pour réaliser son rêve, Hugo s’est alors associé à l’association « Or Bleu ».

 

D’où vous vient votre passion pour la voile ?
Je suis né dans une famille de « voileux ». Mes grands-parents avaient un bateau, mon père en a beaucoup fait aussi. Du coup j’ai suivi ! Bon au final, ils ont tous arrêté, du moins ils en font beaucoup moins. Il n’y a que moi qui a continué. J’en fais maintenant tous les mois, je suis propriétaire de mon bateau de croisière. Je vais souvent manœuvrer en mer, m’entrainer. En général je navigue tout au long de l’année.

 

Votre reconversion professionnelle est-elle une vraie libération ?
J’ai toujours été attiré par l’aviation mais je me suis aperçu que c’est un milieu extrêmement contraignant. Il y a énormément de licences à renouveler ou encore de contraintes techniques. C’est aussi un milieu de passionnés mais qui me plaisait de moins en moins avec l’ambiance. Il faut dire que j’ai commencé le bateau bien avant d’être passionné par l’aviation. Au final, c’est un vrai retour aux sources !

 

 

Quel est votre projet ?
J’ai un projet sportif et humanitaire à la fois. Mon but est de participer à la Mini Transat 2023 sur un bateau de 6m30. Le projet global est de soutenir une association humanitaire, « Or Bleu », dont le but est de favoriser un accès durable à l’eau potable dans des pays défavorisés, où il est parfois difficile de s’en procurer. J’ai pour habitude de dire que c’est une course sur l’eau pour l’eau ! Mon projet sportif passe aussi par la rénovation d’un bateau que, d’ailleurs, je vais bientôt acheter. J’aime dire que c’est une démarche écocitoyenne car construire un bateau consomme beaucoup de produits polluants, la rénovation permet ainsi de détourner ce processus. Je suis persuadé que l’on peut faire du neuf avec du vieux. Nous allons essayer d’aller concurrencer des bateaux plus récents.

 

Qu’avez-vous mis en place réaliser ce projet ?
J’ai d’abord mis en place une communication assez intense. C’est primordial dans la voile, si on veut réunir des fonds nous sommes obligés de tracter à droite et à gauche pour arriver à nos fins. J’ai aussi monté une équipe pour m’épauler. Elle est composée d’une diététicienne qui va s’occuper de tout ce qui est préparation physique et de la nourriture, pour que je ne manque de rien en mer. J’ai avec moi un expert en composite, ce dernier est un étudiant en alternance. Il va m’aider à mener à bien les travaux, choisir les bons matériaux mais aussi à faire les calculs pour tout ce qu’on va changer sur le bateau. Pour finir, j’ai même un apprenti en construction navale qui va être là pour gérer les travaux. J’ai une vraie petite équipe autour de moi, on l’a nommé « Wind impulse sailing team ». J’ai aussi opéré pas mal de changements dans ma vie, cette « aventure » dans laquelle je me lance me prend énormément de temps. J’ai dû faire beaucoup de sacrifices mais cela en vaut la peine ! Pour le moment, j’ai réussi à trouver deux partenaires. C’est primordial mais aussi très compliqué de trouver des sponsors, très peu sont réceptifs à la problématique du projet… Nauticlic et Diagamter sont déjà de la partie. Pour le côté financement, j’ai aussi mis en place une première petite cagnotte pour réserver le bateau. Cette dernière a été un succès j’ai réussi à récolter 1000 euros qui m’ont servi à réaliser un pré contrat avec le propriétaire du mini n°489. Le bateau est toujours en cours d’achat, nous cherchons des fonds supplémentaires pour réaliser la vente.

 

 

Où en est votre financement ?
Nous avons revu nos objectifs et nous avons planché sur un apport de 49 000 euros. Il nous faut cette somme sur la durée, l’idée c’est qu’en 2021 nous réussissions à acheter le bateau et à faire les premiers travaux dessus. La première problématique est d’avoir ce bateau.

 

Quel est votre calendrier et comment envisagez-vous votre futur ?
Dans l’idéal nous aimerions avoir le bateau début février et ainsi commencer les travaux. Nous voulons réaliser de très gros changements sur le bateau, nous voulons ajouter des dérives mais aussi de la technologie plus récente. Tous ces changements vont au moins durer jusqu’en juin. Ensuite, nous allons entamer les premiers entraînements entre juin et début 2022. L’année prochaine, on aimerait commencer les premières courses avec le bateau comme la chrono 6’50 (Course contre-la-montre autour de l’île de Groix), les Açores et même le Mini-Fastnet. Puis, en 2023, il y aura les dernières courses, les dernières améliorations avant de finir avec la Mini Transat.
Je voudrais continuer la voile et essayer d’en vivre. Pourquoi pas envisager de passer sur Class 40 avec des courses comme la Route du Rhum. Je veux vraiment faire de ma passion mon métier et en vivre pleinement serait génial.

Propos recueillis par Arthur Glory
Crédit photo : Icon Sport
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