Damien Chouly : « J’ai mon rôle à jouer auprès des jeunes »

En voyage express à Paris, on a rencontré le capitaine clermontois Damien Chouly, au siège de l’UNSS, disponible et investi pour encourager les jeunes sportifs. Ambassadeur de l’UNSS depuis 2015, il nous raconte son engagement auprès du sport scolaire. Le troisième ligne centre revient aussi sur le sprint final en Top 14 et la superbe qualification des Jaunards, en finale de la Coupe d’Europe.

 

Damien, pourquoi travailles-tu pour l’UNSS ?

Ils m’ont contacté en 2015 lors d’un cross qu’ils organisaient à côté de Clermont. J’ai tout de suite accepté, parce que je vis dans la région et que moi-même je suis passée par l’UNSS. J’étais à la section rugby au collège, ça me paraissait donc naturel d’apporter mon soutien.

Depuis combien de temps travailles-tu avec l’UNSS ?

Ça fait trois ans maintenant que je travaille avec eux. Cette année, je participerai au tirage au sort du Championnat d’Europe de badminton.

Est-ce important pour toi de travailler avec le monde scolaire ?

Oui parce qu’en tant que sportif, je pense que j’ai mon rôle à jouer auprès des jeunes. Le sport fait partie de l’éducation. J’ai aussi envie de continuer à garder un lien avec les élèves, avec un monde que je ne côtoie plus aujourd’hui. Et ça me plaît.

On dit souvent que les professeurs d’EPS marquent l’orientation sportive. As-tu des souvenirs de certains professeurs ?

C’est particulier pour moi parce que j’ai commencé le rugby à 4 ans et demi, et je n’ai plus jamais arrêté. Il n’y a pas eu une année où j’ai décidé de faire autre chose. J’ai évidemment pratiqué d’autres sports en cours d’EPS, mais ça ne m’a jamais dévié du rugby. Surtout qu’au collège, on avait une section de rugby spécialisée, ça n’a donc fait que conforter mon choix.

Frédéric Michalak et Nicolas Durand se sont connus à l’UNSS et sont restés amis depuis. As-tu toi aussi gardé des amis de cette époque-là ?

Je ne côtoie pus de joueurs avec lesquels je jouais, mais je sais que dans mon collège à Limoges, il y avait Alexis Palisson qui évolue aujourd’hui à Toulouse. C’était son père qui était en charge de la section rugby.

Es-tu déjà intervenu dans un collège ?

Ça m’est arrivé une fois ou deux pour participer à un entraînement de rugby. Je l’ai fait dans le cadre de mon Brevet d’Etat, quand je passais mon diplôme.

Si on t’invitait à Clermont, tu accepterais ?

Oui bien sûr, avec plaisir !

Quand on est jeune, on a souvent l’impression que devenir un sportif de haut niveau reste un rêve, mais c’est surtout beaucoup de sacrifices et de travail. Est-ce quelque chose qu’on ne dit pas assez souvent aux jeunes ?

Je ne sais pas si on ne le dit pas assez souvent, mais c’est sûr qu’on n’a rien sans rien. Il faut être bien encadré, c’est le plus important. On ne peut pas pousser un jeune à devenir sportif de haut niveau. Il faut que ça parte de sa volonté, et qu’il soit aussi conscient de ce que ça va demander. C’est pour ça que je dis que l’encadrement est primordial.

Suis-tu d’autres sports ?

Oui, un peu le foot même si c’est venu assez tard. Je suis fan du Barça, c’est dû à mon passage à Perpignan. Je n’ai malheureusement pas pu regarder le Clasico le week-end dernier (rires). Je regarde surtout la Ligue des Champions. Je suis plutôt un amateur, j’aime regarder les grands matches.

Est-ce que tu sais que l’UNSS a un cadeau pour toi ?

Non du tout !

C’est un maillot signé de Nicolas Batum. Tu l’as déjà rencontré ?

Ah ! (sourire) J’ai eu l’occasion de le rencontrer à Marcoussis, en préparation de la Coupe du Monde. On avait fait un petit échange d’une journée avec les basketteurs. C’était très sympa de pouvoir les côtoyer, d’échanger avec eux sur leur discipline. En ce qui concerne la plupart des joueurs en équipe de France, ils évoluent dans un championnat différent avec notamment la NBA, c’est donc intéressant de voir comment se passe la vie là-bas.

Quelles sont tes prochaines échéances ?

On est de retour en Top 14, avec un déplacement à Lyon ce week-end et la réception de La Rochelle le week-end suivant. Il reste deux journées, rien n’est encore fait. Le championnat est très serré cette année, il va falloir se retrousser les manches.

Vous connaissez également une fin saison palpitante en Coupe d’Europe. Vous faites un très bon début de match en demi-finale contre les Irlandais du Leinster, où vous menez 15/0, avant de connaître une deuxième période plus difficile. Comment avez-vous géré cette fin de match ?

A posteriori, c’est la victoire qui compte. Le boulot est fait, on est qualifiés, c’était ça le plus important. Après, c’est vrai que quand on regarde le fil du match, on fait une entame superbe et je pense qu’après on a eu un petit coup de mou ; eux au contraire ont retrouvé leur vrai niveau. Il ne faut pas se leurrer, en début de match on les a pris à la gorge et ils n’ont pas pu évoluer à leur vrai niveau, mais on connaissait cette équipe. On s’était dit à la mi-temps que le rythme n’allait pas baisser, surtout avec cette équipe du Leinster qui a cette capacité à rester lucide, disciplinée et à mettre beaucoup d’intensité pendant 80 minutes. Et c’est ce qui s’est passé. Donc évidemment, il faudra en tirer des leçons pour la finale.

C’est un des points faibles de Clermont de ne pas garder la même intensité pendant tout un match ?

Ça pourrait être un risque si on n’en prend pas conscience et qu’on arrive le jour de la finale avec encore ces démons. Mais c’est quelque chose qu’on a su faire cette saison, et lors de matches de très haut niveau pendant cette Coupe d’Europe. J’ai notamment en tête un match contre Exeter en début de saison. On sait le faire, à nous d’être vigilants et de bien se préparer contre les tenants du titre.

Justement vous allez affronter les Saracens, tenants du titre. Appréhendez-vous ce match après deux finales perdues en Coupe d’Europe ?

Il faut l’appréhender, parce que ce n’est pas un match normal. C’est une finale exceptionnelle pour laquelle on va bien se préparer. On sait qu’on va tomber sur les tenants du titre, qui sont candidats à leur propre succession. Ils l’ont mérité quand on voit la campagne qu’ils font. C’est une très grosse équipe, donc à nous d’aller les challenger.

N’est-ce pas difficile de devoir gérer en même temps la fin de saison en Top 14, qui présente elle aussi beaucoup d’enjeux avec votre 3ème place au classement ?

La motivation est toute trouvée, surtout quand on sort d’un match aussi accompli contre le Leinster. On a envie de continuer de surfer sur ça, de continuer sur notre lancée. On a un groupe qui est assez riche et tous les joueurs vont être impliqués pour les deux prochains matches.

Quelles sont tes ambitions avec l’Équipe de France ?

Gagner ! (rires). Gagner tout simplement ! C’est ce qui nous a fait défaut, notamment si on prend les huit derniers matches depuis novembre. On a eu un bon résultat contre les Samoa, on fait un match frustrant contre l’Australie et la Nouvelle-Zélande, où on échoue à très peu de points. Pareil pour l’Angleterre, on doit gagner ce match et on ne le fait pas. Le tournoi est entre guillemets sauvé, parce qu’on a cette victoire contre le Pays de Galles. Il faut que ça bascule de ce côté, c’est la victoire qu’il faut aller chercher.

Propos recueillis par Alicia Dauby

 

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