À l’UFAB (Angers), un maillot pas comme les autres a vu le jour en partenariat avec le service d’oncologie pédiatrique du CHU et l’association « Un Pas de Plus contre le cancer des enfants ». En charge du projet, Camille Bouet, chargée de billetterie, fan expérience et merchandising au club, raconte la genèse et les coulisses d’une opération à la fois sportive, solidaire et profondément humaine.
Comment est née le projet avec le service d’oncologie pédiatrique du CHU d’Angers ?
On a un lien avec le CHU depuis à peu près deux ans, pas forcément au départ avec l’oncologie pédiatrique. Puis cet été, dans le cadre de Septembre en Or, le mois dédié à la sensibilisation à l’oncologie pédiatrique, on m’a demandé un lot pour une tombola. J’y ai rencontré des personnes du service, d’abord pour donner un maillot, mais aussi parce que le sujet m’intéressait personnellement.
On a échangé avec le personnel médical, qui est vraiment très chouette, avec des valeurs communes et une vraie envie de sensibiliser autrement, de façon créative. En discutant, l’idée d’un maillot commun est venue assez naturellement, d’autant plus que beaucoup de soignants avaient un attrait pour le basket via nos invitations aux matchs. De plus, pour prévenir au cancer pédiatrique, il faut visibiliser le sujet. Associer le sport dès le plus jeune âge, c’est un moyen de prévention contre les cancers pédiatriques.
L’association “Un Pas de Plus contre le cancer des enfants” est également impliquée. Quel a été son rôle ?
C’est une association qui est venue en tant que financeur de l’idée parce que cette opération, elle était coûteuse pour nous sur la création de maillots et on voulait faire quelque chose qui aille plus loin, que ce soit en termes de communication ou pour inviter toutes les familles, les patients, les soignants du service. Il fallait une aide pour concrétiser cela.
Comment s’est concrètement construite l’opération ?
En octobre, on a fait une rapide étude de faisabilité. Ensuite, on voulait qu’un maximum d’enfants puissent participer, qu’on puisse détabouiser le sujet. On a fait dessiner les enfants pendant les vacances scolaires entre fin octobre et début novembre. On a utilisé des tablettes graphiques pour récupérer les fichiers en format vectorisé. Ensuite, une fois finalisé, on a envoyé ça chez Hummel pour la production.
Après le maillot, on s’est demandé comment faire vivre l’opération au-delà du merchandising. On a organisé un entraînement ouvert aux enfants, le 3 février, avec une vraie surprise dans les vestiaires. C’était beaucoup d’émotion pour les enfants, les parents, pour nous aussi. Les joueuses ont été très touchées, certaines ont demandé à aller au CHU, à être bénévoles. Donc rien qu’avant le dévoilement au public, on savait qu’on avait déjà gagné.
Et ensuite, comment l’opération s’est déroulée le jour du match contre Landerneau, le vendredi 20 février ?
Sur le match, les enfants ont été intégrés partout : entrée des joueuses, jeux, animations, vestiaires. Ils avaient une carte avec leur prénom, « invitation célébrité ». On a créé des roll-ups pour expliquer l’histoire, avec le nom de chaque enfant associé aux numéros et aux lettres dessinées. Au total, 16 enfants, de 3 ans et demi à 17 ans, ont participé et neuf étaient présents le soir du match.
Comment le public a-t-il réagi ?
Sur les réseaux sociaux, plus de 500 000 vues sur les vidéos et beaucoup de commentaires. On a battu notre record de l’année sur la billetterie et de loin. On n’était pas loin du guichet fermé. Dans la salle, on a senti un public très touché. L’association était présente, il y a eu un système de « main gagnante » à 2 euros le ticket pour gagner un maillot. Ils ont fait quasiment 900 euros de recettes. Les maillots n’étaient pas en vente, ils étaient uniquement produits pour les enfants, leurs familles et les joueuses. Et pour les autres maillots, on a diversifié les moyens pour en faire gagner : concours, enchères, jeu en salle.
Cette initiative a-t-elle vocation à se renouveler ?
À ce jour, on n’a pas d’autres projets comme ça. On n’a pas décidé si ça serait quelque chose qui se pérenniserait dans le temps avec le CHU. Mais ce qui est sûr, c’est qu’à Angers, on a cette volonté de mettre en avant des causes importantes par notre visibilité. Et que ça viendra certainement à se refaire dans le temps.























