De bons gestes contre le Covid et pour la planète à Domaines Skiables de France

La chambre professionnelle Domaines Skiables de France représente les entreprises de remontées mécaniques et les domaines skiables. Laurent Reynaud, délégué général, fait le point sur une saison de sports d’hiver qui se déroulera dans des conditions particulières.

 
Quelles adaptations ont été prises par Domaines skiables de France pour lutter contre la pandémie de Covid-19 dans les stations de montagne ?

France Montagnes, l’association regroupant les principaux acteurs du tourisme de montagne, a listé les gestes barrières à faire appliquer pour toutes les filières présentes dans des stations. Pour l’un des domaines que nous représentons, le transport par câble, le masque est indispensable sur les remontées mécaniques et dans la file d’attente. En revanche, il est n’est pas obligatoire sur les pistes, car au moment de pratiquer, les skieurs sont séparés de deux mètres. Du gel hydroalcoolique va être disposé à différents points stratégiques des remontées mécaniques. Quand un skieur va entrer dans un restaurant, il respectera le protocole établi par France Montagnes pour ce domaine. Chacun a son référentiel.
 
Le confinement actuel représente-t-il un frein pour l’activité ?

Le confinement, tel qu’il a été annoncé jusqu’au 1er décembre, ne change rien à la préparation de la saison, il n’empêche pas la préparation dans les stations, de finir les chantiers, même en présentiel. Il n’y a pas de perturbations majeures dans le programme d’ouverture. Les deux stations ouvertes depuis octobre, Tignes (Savoie) et les Deux Alpes (Isère), ont dû fermer et les quelques exploitants qui auraient pu accueillir des clients ponctuellement en novembre à la faveur d’un bon enneigement ne le feront pas. On attend maintenant la stratégie de déconfinement du pays. Tout va se jouer en décembre.

 

 

Avez-vous des appréhensions à l’aube de cette saison de sports d’hiver particulière ?

Nous avons des raisons d’être optimistes. Les gens ont un grand besoin d’espaces, de paysages et d’endroits pour respirer au grand air. C’est aussi ça le ski. En revanche, nous avons deux sources d’inquiétude. La première concerne les conditions sanitaires qui pourraient être imposées pendant l’hiver. On constate des retards dans les réservations. Les gens attendent d’en savoir plus sur les contraintes ou d’être plus proches de la date de leur séjour pour le confirmer. La deuxième inquiétude tourne autour la clientèle étrangère. Par exemple, la Grande-Bretagne impose une quatorzaine à tous ses ressortissants qui reviennent de France. Même si cette mesure s’applique également aux voyageurs revenant d’Autriche, on espère qu’elle sera levée.
 
Organiserez-vous des événements sportifs cette saison ?

Nous prêtons nos terrains à la Fédération française de ski, aux clubs ou aux comités, mais aussi à la Fédération internationale de ski, voire aux Régions pour qu’ils organisent des compétitions ou des événements. Actuellement, ils s’adaptent aux conditions particulières. Domaines skiables de France ne tient pas de manifestations propres, sauf notre congrès annuel qui rassemble nos adhérents. Il a eu lieu à Grenoble début octobre.

 

 

En dehors du protocole contre la pandémie de Covid-19, quelles décisions sont sorties de ce congrès ?

Les domaines skiables de France ont révélé les mesures pour lutter contre le réchauffement climatique qui s’accélère. C’est un engagement nécessaire face à un contexte qui menace la pratique du ski. L’un des objectifs est d’atteindre la neutralité carbone dès 2037, 13 ans avant la date fixée pour la France. Nous avons soumis seize éco-engagements qui concernent l’énergie, l’eau et l’agriculture, la biodiversité, les paysages et les déchets à nos adhérents. Certains, comme le ramassage des déchets dans l’espace naturel, vont être appliqués dès cette saison. Les autres prendront plus de temps. Tous les conducteurs des télésièges, télécabines et téléphériques seront à l’éco-conduite sous deux ans et les conducteurs d’engins de damage sous cinq ans. Nous laissons trois ans à tous les domaines skiables pour procéder à leur bilan carbone.
 
En quoi ces engagements vont-ils influencer les skieurs ?

Je pense que c’est important pour les personnes qui prennent leur forfait de savoir qu’elles préservent le territoire où elles vont skier. Bien sûr, les gens doivent aussi prendre en compte le moyen de transport grâce auquel ils arrivent aux stations. Chacun doit faire un effort.

Propos recueillis par Leslie Mucret

Domaines skiables de France est un acteur économique majeur des stations de montagne. Cette chambre professionnelle fédère 412 adhérents, 238 membres actifs entre opérateurs de remontées mécaniques et de domaines skiables, ainsi que 175 membres correspondants, dont les fournisseurs, les constructeurs ou encore les maîtres d’œuvre.

Crédit photo : C.Ducruet - OT Val Thorens
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