La Gironde, un vivier de perchistes de haut niveau

Gironde et saut à la perche ont toujours eu une relation privilégiée, que l’on pourrait qualifier de passionnelle…

 

Lorsque la discipline prend forme en Europe et aux États-Unis vers la fin XIXe siècle et intègre le cadre olympique en 1896, le petit département français prend déjà part à cette aventure. Malgré une écrasante domination de l’athlétisme américain, alors pionnier de la discipline, un jeune homme arrive à s’extirper et à se hisser sur le toit du monde en revenant victorieux des JO Intercalaires de 1906. Cet homme, c’est le girondin Fernand Gonder surnommé à l’époque « le Casse-cou ». Cette histoire d’amour s’est ensuite transmise jusque dans les années 90 avec les victoires de Romain Mesnil, licencié du Stade Bordelais, aux championnats de France et du monde de perche. Entre 1896 et les années 2000, la Gironde a été pour la France une pépinière de champions en saut à la perche. Elle a su les former, les accompagner et les guider vers le haut de l’athlétisme mondial. Le flambeau du saut à la perche semble bien passé de générations en générations. Qu’en est-il de cette situation aujourd’hui ?

 

 

Marie-Julie Bonnin, étoile montante

L’organisation de ces championnats départementaux d’athlétisme d’indoor était l’épicentre de ce que représente la Gironde pour la perche française : un lieu d’apprentissage unique de la discipline et un lieu formateur des plus grands. Marie-Julie Bonnin, sacrée tout récemment championne de France et vice-championne d’Europe, est ainsi venue sur l’événement pour encourager ses amis et les jeunes présents. Ce fut l’occasion pour elle de revoir un autre entraîneur qu’elle a côtoyé durant sa jeune carrière, George Martin, considéré comme un entraîneur pionnier de la discipline menant au sommet des jeunes garçons comme Romain Mesnil, double vice champion d’Europe ou encore Pierre Quinon, champion olympique des JO de 1984 à Los Angeles. Ses conseils techniques sont toujours pour elles d’une grande efficacité. Cela peut toucher des petits détails qui peuvent échapper à son entraîneur principal. De plus, c’est en s’élevant à un niveau national et européen que Marie-Julie Bonnin a pu fréquenter des grands entraîneurs de stature international, mais aussi des grands perchistes français qui font la renommé de notre pays à l’international. De cette manière, la jeune perchiste s’entraîne quotidiennement au club d’athlétisme bordelais avec Marion Lotout, 25e aux JO de 2012. « Au saut à la perche, on a souvent des blocages. Du coup on est en bout de piste, on est en souffrance, bref on n’y arrive pas. Ils vont te pousser à avoir ce déclic qui va te permettre de resauter et de passer la barre. »

L’UNSS comme déclencheur

Quel rôle a joué l’UNSS alors dans cette carrière palmée d’or ? L’UNSS en est l’origine : « J’ai commencé en 5e avec l’AS. Au début, j’y allais avec mes copines pour déconner. Au fur et à mesure, j’ai pris goût à la discipline. Le déclic de mon intérêt pour cette discipline s’est fait lors d’un stage, où j’ai pu m’améliorer aux côtés de George Martin et de Jean-Marc Bedecarax. » L’UNSS, même si elle n’a pas les moyens de former jusqu’au plus haut niveau ses jeunes athlètes, fait naître le goût du sport et du dépassement de soi-même. La Gironde, grâce à des structures complémentaires entre AS et club formateurs, constitue encore un haut lieu du saut à la perche, un lieu d’apprentissage unique en son genre, un lieu qui sait tirer partie des plus grandes qualités de chacun. Retenez le nom de Marie-Julie Bonnin, sa carrière ne fait sûrement que commencer…

Par Louis Lavaud
Crédit photo : Fred Porcu / Icon Sport
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