Arthur Gervais : « Les JO 2024 à Paris, ça fait envie ! »

Venu à l’athlétisme presque par hasard, le jeune Arthur Gervais étonne depuis plusieurs mois. Après de très belles performances en Ugsel, ce spécialiste de 1 500 m, de 3 000 m et de steeple a enchaîné avec un titre de champion de France chez les cadets-juniors en 2017…

 

Qu’est-ce qui vous a mené à la pratique de l’athlétisme ?

Dès la 6ème, j’ai vu que je courais plutôt bien. Par exemple, je gagnais les cross du collège. Je me suis donc ensuite lancé dans les compétitions Ugsel, jusqu’en 3ème. Je n’y faisais pas des choses « exceptionnelles », j’obtenais des places d’honneur lors des différents championnats. Je faisais ça par passion, car j’aimais courir, tout en faisant du football à côté. En 2nde, j’ai connu une grosse blessure qui m’a dégoûté du foot. Par hasard, je me suis lancé dans le triathlon. Un mois et demi seulement après avoir commencé, je deviens champion de France Ugsel en cross, sans réelle difficulté. J’avais même perdu ma chaussure après 800 mètres de course. C’est cette course et cette victoire qui m’ont ensuite mené dans un club afin de commencer l’athlétisme.

Vous avez donc découvert le monde des compétitions fédérales…

Tout à fait ! J’ai découvert un niveau impressionnant, je ne finissais pas dans le même état qu’en Ugsel (rires). Je faisais face aux meilleurs Français de ma catégorie. Rapidement, je me suis tout de même plutôt bien débrouillé en terminant deuxième lors des championnats départementaux et régionaux. Je termine ensuite troisième aux inter-régions et 8ème des championnats de France.

Vous accédez au titre national en 2017. Était-ce une surprise ?

En effet, car j’avais très peu couru sur piste avant ce titre. J’ai commencé en mai, avec quelques bons temps, mais rien de plus. Tout s’est déclenché trois semaines avant les championnats de France, lors d’un 3 000 mètres en Belgique. Je m’impose face à des adultes en 8’46”, qui est le 18ème meilleur temps européen. Tout cela à l’occasion de mon premier 3 000 mètres. Une semaine plus tard, sur 2 000 mètres steeple, je fais la troisième meilleure performance française de l’année. Aux championnats de France, j’ai donc doublé le steeple et le 3 000 mètres. Je commence par la médaille d’argent sur le steeple le vendredi, avant de m’imposer sur le 3 000 mètres le lendemain.

Qu’avez-vous ressenti lors de cette victoire ?

Beaucoup de joie et de surprise. Avant le championnat, je me disais qu’une médaille de bronze sur le 3 000 mètres pouvait être accessible. Après l’argent sur le 2 000 mètres steeple, je me disais même que c’était bon, que le job était fait. On avait fait la fête à l’hôtel avec les copains et j’étais un peu fatigué avant le début de la course. Je ne partais vraiment pas pour jouer les premiers rôles, et c’est mon coach qui m’a remis dedans avant le début de la course en me disant d’aller chercher la gagne. Je suis donc parti derrière le favori et je ne l’ai pas lâché. Grâce à mon bon finish, je me suis décalé aux 500 mètres, j’ai accéléré et je n’ai laissé personne me rattraper.

Vous pratiquez le 3 000 m, le steeple, mais aussi le 1 500 m. Avez-vous prévu de vous spécialiser ?

Pour le moment, je garde toutes les portes ouvertes. Cette année est vraiment une année de transition, je vais surtout bosser sur le 1 500 mètres afin de travailler ma vitesse. L’an prochain, je déciderai des distances sur lesquelles je continuerai.

Justement, quels sont vos objectifs cette année ?

Je me suis blessé au mois de décembre et je suis revenu à la compétition à la mi-janvier. Je suis donc encore un peu dans l’inconnu, mais j’aimerais faire un top 5 au Championnat de France de cross chez les juniors. L’été prochain, j’aimerais décrocher au moins une médaille sur piste et obtenir ma première sélection en équipe de France.

Que vous apporte la pratique de l’athlétisme ?

Les sports collectifs commençaient à m’énerver un petit peu. Je me donnais à fond à chaque match, ce qui n’était pas forcément le cas de tout le monde. Je me suis donc lancé individuellement, et courir m’a paru être la chose à faire. Cela m’a toujours plu, j’aime le dépassement de soi et me « faire mal ».

Comment vivez-vous la combinaison du sport et du lycée ?

C’est vraiment ce qu’il y a de plus difficile. Je suis sur les listes ministérielles comme sportif de haut niveau. Du coup, je m’entraîne très régulièrement depuis plusieurs mois. Je passe le bac cette année, je suis en Terminale S. En plus, je suis dans un lycée assez costaud ; ils ne sont pas là pour rigoler (rires). Je termine souvent les cours à 18 h 00 et j’enchaîne avec l’entraînement à 18 h 30. Mes journées, c’est vraiment la course. Je travaille surtout le soir, du coup je me couche tard et cela joue sur ma récupération. Après le bac, je sais déjà que j’aimerais m’orienter vers STAPS. Dans l’idéal, j’aimerais bien travailler auprès de sportifs afin d’analyser leurs performances.

Avez-vous déjà des objectifs à très long terme ? Des rêves ?

Depuis l’année dernière, j’ai trois rêves. Le premier, qui est celui de nombreux sportifs, est de participer aux Jeux olympiques. Les JO 2024 à Paris, ça fait envie ! Quand je serai plus vieux, j’aimerais également participer au triathlon Ironman d’Hawaii. Enfin, quand je serai encore plus vieux et que je ne serai plus capable de faire du sport à haut niveau, je dois avouer que je rêve d’escalader l’Everest.

Propos recueillis par Olivier Navarranne
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