Ancien espoir du centre de formation du Lille Métropole Basket, Soren Aid, 24 ans, voyait son avenir de joueur professionnel se dessiner clairement. Jusqu’à un AVC, survenu à 17 ans, qui a brutalement mis fin à ce rêve. Loin de s’éloigner du basket-ball, il a choisi d’y rester autrement. Aujourd’hui étudiant en management du sport et alternant à la Fédération française de basket-ball, il construit une nouvelle trajectoire au cœur du haut niveau, avec une ambition intacte.
Formé dès son plus jeune âge, Soren Aid a grandi avec un ballon entre les mains. « Le basket, je pense que c’est la chose la plus importante que j’ai dans ma vie« , résume-t-il simplement. Passé par Levallois puis par le centre de formation de Lille à partir de 2017, il intègre progressivement un groupe professionnel. À l’été 2019, alors qu’il touche son objectif « du bout du doigt« , tout bascule. Victime d’un AVC, il est hospitalisé pendant près d’un an et demi, entre réanimation et centres de rééducation.
« Je touchais mon rêve du bout du doigt et on me l’a arraché »
Le choc est immense. « Je touchais mon rêve du bout du doigt et on me l’a arraché« , confie-t-il. Les premiers mois sont extrêmement difficiles. Pourtant, très vite, Soren refuse de se laisser enfermer dans l’amertume. « J’en ai vite fait le deuil pour pouvoir en faire une force. Je me suis dit : ce n’est pas grave, tu ne seras pas basketteur professionnel, mais tu travailleras dans le basket.«
Cette décision marque un tournant. Revenu à Paris, il repasse son baccalauréat et entame une reconversion professionnelle, sans jamais rompre le lien avec son univers de toujours. « Dans ma vie, tout a un lien plus ou moins proche avec le basket. Les personnes que j’ai rencontrées, les choix que j’ai faits, absolument tout. » Plus qu’un sport, le basket est devenu son socle identitaire.
Se reconstruire dans le haut niveau
Aujourd’hui étudiant en quatrième année à la Sports Management School, Soren poursuit un master en management du sport. Son objectif est clair et assumé depuis des années : devenir General Manager d’un club professionnel. Un métier qui, selon lui, nécessite à la fois une solide formation académique, un réseau étendu et une connaissance fine du terrain. En parallèle de ses études, Soren est en alternance à la Fédération française de basket-ball, au sein du pôle haut niveau.
Il travaille sur la détection des jeunes à fort potentiel dans les Pôles Espoirs régionaux, avec une mission clé : identifier les profils capables d’intégrer le Pôle France à l’INSEP. « Je m’occupe du processus et du cheminement de la détection pour savoir qui seront les 12 joueurs qui rentreront au Pôle France.«
La résilience comme moteur
Avec le recul, Soren porte un regard lucide sur son parcours. « Cet AVC m’a fait énormément prendre en maturité. Ça m’a fait devenir un homme plus vite que les autres. » Une épreuve fondatrice qui a façonné sa manière d’aborder la vie. « Rien n’est donné. Tout peut s’arrêter du jour au lendemain. Alors je me donne à 100% dans tout ce que j’entreprends. » Il n’oublie pas non plus le soutien reçu dans les moments les plus difficiles : celui de son entourage, de son club formateur et du centre de formation lillois. « Ils ont aidé ma mère, ils ont récolté des fonds, ils l’ont aidé à déménager sur Lille.«
Aujourd’hui, Soren avance avec une conviction qu’il souhaite transmettre aux jeunes sportifs confrontés à une reconversion forcée : « L’idéal, c’est de se reconvertir dans le domaine qui nous passionne. Moi, le basket, c’est mon essence. Si je me lève le matin, c’est parce que je sais que ma journée sera liée à ce sport. » Son rêve a changé de forme, mais pas de direction.























