Parabadminton : le chemin de Timothée Roux vers le bronze

Timothée Roux, atteint d’un handicap léger au niveau du membre supérieur et récemment médaillé de bronze en simple au championnat de France de parabadminton, revient sur son parcours et son expérience.

 
Pourquoi avez-vous commencé le badminton ?

Je joue depuis 10 ans, mais je suis en club que depuis 6 ans. Avant d’entrer au collège, j’ai fait deux ans de tennis et j’ai arrêté parce que la pratique ne m’intéressait plus. En arrivant en 6e, je voulais commencer un nouveau sport et comme je venais d’un sport de raquettes, j’ai été attiré par le badminton. J’ai trouvé cette discipline plus dynamique, en comparaison avec le tennis, et comme je savais déjà utiliser une raquette, j’avais quelques facilités et je m’en sortais mieux que les autres. Au début, c’était plus un loisir mais au fur et à mesure, c’est devenu une passion. Je suis maintenant classé R5 (niveau régional, ndlr).
 
Comment avez-vous découvert le parabadminton ?

Il y a longtemps, j’ai eu plusieurs propositions pour me lancer, mais j’ai refusé car adolescent j’avais peur du regard des autres et d’être mis dans une catégorie. Quand je suis sorti du lycée, j’ai acquis une certaine indépendance, je me suis ouvert à de nouvelles expériences, j’ai grandi et je me suis émancipé du regard des autres. J’ai pris en maturité et j’ai voulu participer au championnat de France de parabadminton.

 

 

De quelle manière vous êtes-vous entraîné ?

Dans mon ancien club à Anduze (Gard), c’était que du jeu libre, il n’y avait pas un entraîneur pour me guider dans mes mouvements et améliorer ma technique. J’ai donc commencé à m’entraîner et à me préparer seul chez moi grâce à des vidéos. C’était compliqué car elles ne sont pas toujours très précises, mais avec de la motivation je me suis amélioré peu à peu. J’ai aussi pris un ou deux cours de coaching personnel et j’ai participé à un stage pour avoir un encadrement. Quand je suis arrivé à Montpellier, je suis allé au Montpellier Badminton Club et j’ai expliqué mon projet. L’entraîneur a réfléchi et il a finalement accepté de m’entraîner dans le but d’aller au championnat de France de parabadminton. Mon coach a pris beaucoup de son temps bénévolement pour me préparer physiquement et en m’entraînant en dehors des créneaux fixés. Cette préparation m’a permis de parfaire ma technique. En plus de cela, j’ai fait des tournois de préparation, mais pas dans le parabadminton.
 
Quel a été votre parcours pour arriver au championnat de France ?

La compétition se déroulait mi-janvier à Saintes (Charente-Maritime). Je me suis inscrit et j’ai passé une phase de classification. Celle-ci consiste à passer devant des kinésithérapeutes et des médecins pour savoir dans quelle catégorie de handicap on est mis et j’ai été placé dans la catégorie SU5, c’est-à-dire handicap léger au niveau du membre supérieur. Une fois qu’on est déclaré admissible, on peut participer au tournoi. Dans ce championnat les niveaux sont variables, on peut être débutant comme expert. Lors de mon premier championnat de France en 2018, j’ai été médaillé de bronze en simple et en 2019 j’ai obtenu le même métal en simple et en double. Cette année, j’avais pour objectif d’a minima réitérer l’exploit de l’année dernière et dans le meilleur des cas gagner. J’ai joué cinq matchs en simple et deux en double et j’ai obtenu une médaille de bronze en simple. Ce podium a plus de valeurs à mes yeux que celles des années passées car le niveau était plus élevé.

 

 

Quel a été votre ressenti durant le championnat ?

J’ai eu beaucoup de frustrations surtout lors de la demi-finale parce que je n’ai pas fourni un match à la hauteur de mes capacités. Même si mon adversaire était au-dessus, j’étais déçu de ne pas m’être donné à fond. Mais j’ai aussi eu de très bonnes sensations, j’ai trouvé qu’il y avait une très bonne ambiance et j’ai pu partager ce moment avec mes collègues du club qui ont participé au tournoi. Par ailleurs, nous avons joué des matchs officiels, donc il y avait des équipements de qualités, un staff qualifié et nous avons joué dans de très bonnes conditions.
 
Qu’est-ce que ces championnats ont procuré à vous et à votre club ?

Comme le premier championnat de France parabadminton a été une réussite et qu’il y avait un potentiel dans ce secteur, le Montpellier Badminton Club a mis en place un dispositif après diverses négociations entre l’entraîneur et le club. Ainsi, l’an dernier le numéro deux français de la catégorie SL3 (joueur debout membre inférieur) a intégré le dispositif avec moi. Cette année n’étant plus sur Montpellier, il n’est plus dans le club, mais nous avons trois nouveaux qui l’ont intégré après avoir été repéré. De mon côté, durant ce tournoi, j’ai appris qu’une bonne préparation en amont fini toujours par payer, grâce à elle lors des matchs serrés sur certains échanges, j’étais plus serein et focalisé sur le match. De plus, j’ai automatisé certains mouvements. J’ai remarqué une amélioration au niveau de mon aisance sur le terrain et en quart de finale j’ai gagné en deux sets le joueur que j’avais battu l’année précédente en trois. Maintenant, je souhaite me concentrer sur mes études et je ne pense donc pas participer au prochain championnat de France. Je compte quand même continuer à jouer et une fois que j’aurai mon concours pour devenir professeur d’EPS, alors je me relancerai peut-être dans cette aventure.

Propos recueillis par Jade Delattre-Buisset
Crédit photo : Guillaume Lodiot
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