La spéléologie, du sport et de la science

Le Comité régional PACA de spéléologie fait vivre ce sport, peu reconnu, sur son territoire. Tour d’horizon de ses actions avec Hervé Tainton, son président.

 

La spéléologie est une discipline encore méconnue. Pouvez-vous la décrire ?

C’est un sport au service de la science. La spéléologie, ce n’est pas uniquement la recherche de sensations fortes, mais la découverte du monde souterrain où l’on peut appliquer la cartographie, l’hydrologie ou encore l’étude de la faune et de la flore. Il y a une richesse incroyable et l’attrait de comprendre comment ces grottes se sont formées. Les pratiquants font un gros travail de topographie. Tout ce qui est découvert est répertorié par la Fédération française de spéléologie. C’est vrai qu’il y a des cheminements étroits sous terre, mais ce n’est qu’une infime partie de l’ensemble de ce milieu naturel.

La Région Sud est-elle un terrain de jeu pour les spéléologues ?

En Provence, on doit dépasser les 8 000 cavités, des petites à des gouffres comme celui à 1 000 mètres de profondeur dans le massif du Devoluy, dans les Hautes-Alpes. Il y a plus de 2 200 cavités rien que dans le Var. Presque tous les week-ends, on complète des réseaux ou on en découvre de nouveaux. La plongée dans un siphon est une dimension de la spéléologie qui permet la progression des découvertes. Dans la région, la Ligue compte environ 1 000 licenciés et une cinquantaine de clubs, plus des professionnels qui s’entraînent et font des initiations.

Que fait la Ligue pour accompagner le développement de ces clubs ?

Nous organisons des stages de perfectionnement deux à trois fois par an pour améliorer la technique pour progresser dans les cavités, monter et descendre à la corde, mais aussi autour des aspects scientifiques comme l’étude du karst (calcaire) et de l’eau. Chaque année, nous réunissons les clubs lors d’une manifestation régionale pour échanger autour des différentes techniques et des découvertes. La Ligue organise des formations diplômantes d’initiateurs et de moniteurs, voire d’instructeurs, grâce à une formation nationale qui s’est déroulée chez nous cette année. Le milieu contraint les pratiquants à faire attention, mais la spéléologie n’est pas un sport dangereux, avec seulement 0,1% d’accident. Cependant, la Ligue gère une équipe de secours, des bénévoles agréés pour intervenir sous terre en cas d’accident.

Apportez-vous une aide financière aux clubs ?

La Ligue accompagne les projets de tous les stagiaires, comme des expéditions en France et à l’étranger. Pour les clubs, nous répondons à leur demande d’achats spécifiques, dont du matériel de secours. Le Conseil régional donne chaque année une aide financière à la Ligue que nous utilisons pour ces actions. C’est parfois difficile de la justifier, car nous ne faisons pas de compétitions, alors nous argumentons que nous initions le jeune public, dont certains en difficultés. Lors des sorties, ils apprennent à être soudés et à se débrouiller dans un milieu qui paraît hostile.

Plus d’informations > http://csrpaca.free.fr/

Comment intéressez-vous les jeunes à la spéléologie ?

Nous organisons des sorties avec différents établissements scolaires. La Ligue aide financièrement et en prêtant du matériel aux cinq écoles départementales de spéléologie qui amènent des enfants de 8 à 20 ans lors de sorties au cours de l’année. Grâce à elles, l’effectif des jeunes est en augmentation. Nous promouvons aussi ce sport lors des différentes manifestations des Comités départementaux olympiques et sportifs, tandis que les clubs font de leur côté des actions dans les communes. Nous avons plus de 30% de féminine, un pourcentage qui augmente également. La Ligue a aussi mis en place des actions à destination des personnes handicapées. Nous avons acquis du matériel pour les faire descendre dans les cavités, ainsi que leur fauteuil roulant pour qu’elles puissent cheminer dans les galeries.

Propos recueillis par Leslie Mucret

 

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