À quelques jours de la cérémonie d’ouverture des Jeux de Milan-Cortina 2026, un chiffre retient l’attention : 75% de la délégation française s’apprête à découvrir les JO pour la toute première fois. Une troupe de 161 athlètes, un record historique, qui n’a de « novice » que l’étiquette.
Oubliez les certitudes des années passées. Dans le village olympique qui s’éveille au pied des Dolomites, le français se parle avec l’accent de la jeunesse. Pour ces XXVes Jeux d’hiver, la France n’a pas seulement envoyé une équipe : elle a lancé une offensive. Avec 161 sélectionnés (contre 116 à Sotchi ou 124 à Pékin), le contingent tricolore n’a jamais été aussi dense. Mais c’est ailleurs là que se niche la véritable révolution : trois quarts des visages que vous verrez sur vos écrans dès le 6 février n’ont encore jamais vécu le grand frisson olympique.
L’insouciance pour boussole
75%. Ce chiffre vertigineux raconte l’histoire d’une passation de pouvoir. Alors que le ski alpin pleure l’absence de son mentor Alexis Pinturault, une nouvelle garde s’engouffre dans la brèche. À 17 ans, Jonas Chollet (snowboard) incarne ce vent de fraîcheur. Il n’était même pas né lorsque les cadres de l’équipe de France de hockey, comme l’inoxydable Pierre-Édouard Bellemare (40 ans), étaient déjà sur la glace.
Pour Amélie Oudéa-Castéra, présidente du CNOSF, cette délégation « incarne la vitalité de notre sport et la qualité du travail mené ces dernières années au sein des fédérations, des clubs et par l’ensemble des acteurs qui accompagnent les disciplines de neige et de glace, notamment l’Agence nationale du Sport et le Ministère. »
Un pont vers 2030
Si les cadres comme Perrine Laffont, Quentin Fillon Maillet ou Chloé Trespeuch (qui vivront leurs 4es Jeux) font office de phares dans la tempête, l’objectif affiché par le CNOSF est limpide : un Top 5 au tableau des médailles et une vingtaine de breloques. Un pari audacieux pour une équipe si jeune ? Pas forcément. En biathlon, en ski-cross ou en patinage artistique, les Bleus du grand rendez-vous sont déjà des cadors du circuit mondial.
Mais au-delà des médailles de 2026, c’est l’ombre des Alpes Françaises 2030 qui plane sur cette délégation. Milan-Cortina sert de laboratoire à ciel ouvert. En envoyant une armée de débutants dans les neiges italiennes, la France prépare son propre sacre à domicile dans quatre ans. Ces 75% de néophytes sont les piliers de demain.
L’esprit de corps plutôt que le CV
« Pour la première fois depuis vingt ans, les Jeux Olympiques d’hiver retrouvent le cœur de l’Europe alpine et l’Équipe de France s’y présentera avec la plus grande délégation de son histoire. La cohésion et la diversité des disciplines de glace et de neige sont le fruit de longues années de travail, de rigueur et d’engagement collectif », assure Fabien Saguez, chef de mission de la délégation française.
Le défi pour le staff français sera de canaliser cette effervescence. C’est là que le mélange des générations prend tout son sens. Une chose est sûre : le 6 février prochain, derrière le drapeau tricolore, ce n’est pas l’ombre des gloires passées qui défilera, mais bien le visage d’une France qui a décidé de rajeunir ses rêves. Et si l’inexpérience était, finalement, le plus beau des atouts ?



















