L’argent de Romane Miradoli sur le Super-G est la seule breloque décrochée par le ski alpin français lors des Jeux Olympiques de Milan-Cortina 2026. Un bilan forcément décevant, même si des motifs d’espoirs existent en vue des Alpes Françaises 2030.
On espérait la « Dolce Vita »… il n’en a rien été pour le ski alpin français. Sur les pentes mythiques de l’Olimpia delle Tofane et de la Stelvio, l’équipe de France de ski alpin a traversé ces Jeux Olympiques de Milan-Cortina comme une ombre sur la neige. Si la France brille globalement au classement des nations grâce à son biathlon impérial, le ski alpin, lui, accuse un sérieux coup de froid. C’est bien simple : seule la magnifique médaille d’argent de Romane Miradoli sur le Super-G est venu sauver un bilan très en deçà des attentes.
Nils Allègre : Le maudit des trois centièmes
S’il fallait résumer la frustration tricolore en une seule image, ce serait celle de Nils Allègre, prostré dans l’aire d’arrivée du Super-G. Parti avec le dossard 1, le Français a longtemps cru tenir l’exploit avant de voir le podium s’envoler pour… 3 centièmes de seconde. La pilule est difficile à avaler. Consolé par Marco Odermatt, Allègre incarne cette France qui « tourne autour » sans jamais planter les bâtons dans le cercle des médaillés.
Clément Noël : La couronne vacille
Le tenant du titre en slalom, Clément Noël, arrivait en Italie avec le statut de sauveur. Mais le slalom olympique est toujours cruel. Sur un tracé piégeux qui a fait mordre la poussière aux plus grands, dont le Brésilien Lucas Pinheiro Braathen, le Vosgien n’a jamais trouvé le bon tempo. 7ème de la première manche, il enfourche en deuxième manche. À 28 ans, le leader technique des Bleus « est passé à côté, mais je ne vais pas m’enterrer. »
Le « trou noir » générationnel
Car le mal est plus profond. Derrière les cadres, le vide vertigineux des quotas olympiques s’est fait sentir. La non-sélection d’Alexis Pinturault, légende en bout de course, avait déjà jeté un froid avant les Jeux. À Cortina, l’absence de relève capable de bousculer la hiérarchie mondiale a sauté aux yeux. Chez les dames, outre la médaille de Romane Miradoli, le constat est sans appel : les Françaises sont, pour l’instant, des spectatrices de ce qu’il se passe en haut du classement.
Et maintenant ? Objectif 2030
Si les Jeux de Milan-Cortina devaient être ceux de la maturité pour cette génération, ils auront été ceux de la désillusion. Le ski français repart des Alpes italiennes avec des valises pleines de doutes et quelques rares motifs d’espoir, comme la 6e place du jeune Léo Anguenot en géant, qui prouve qu’il reste un peu de fart sous les skis tricolores.
Il reste désormais quatre ans pour reconstruire, repenser la formation et surtout retrouver cette « grinta » qui permet de transformer des places d’honneurs et des sorties de pistes frustrantes en métaux précieux.




















