Ce skieur professionnel freeride de 24 ans, lié à la station de Chamrousse (38), a réuni ses compétences de moniteur de ski – il enseigne l’hiver à Courchevel (73) – et de développeur web pour lancer depuis le 1er décembre une appli pour proposer des conseils personnalisés et réunir une communauté de pratiquants, de tous niveaux. Présentation.
Winter Mate, c’est quoi ?
C’est une appli mobile composée de 3 volets :
- une partie progression avec un onglet librairie qui regroupe 150 vidéos qui reprennent en tutos l’évolution du ski, de la base à un niveau expert (360, backflip, hors-piste, etc.) et un onglet analyse et conseils personnalisés aux skieurs qui envoient une vidéo et à qui je fais un retour pour qu’ils aient de meilleures sensations sur les skis ;
- une partie communauté qui permet de faire rencontrer des skieurs de même niveau pour skier ensemble : chacun remplit en amont un questionnaire et, en fonction de son ambition sur la journée (ski de rando, freeride, découverte des pistes, etc.), va pouvoir partager des moments en groupe plutôt que de skier tout seul. On a poussé le partage un peu plus loin en proposant du covoiturage pour faire rencontrer les personnes en bas de la station ou dans la vallée plutôt que sur les pistes : depuis le lancement, plus de 600 sorties ont été créées sur l’appli dont plus de 200 ont généré une rencontre de plusieurs skieurs ;
- Et enfin, une partie challenge qui permet de gagner toutes les deux semaines des récompenses pour ce qu’on jugera comme la plus belle figure, le plus beau virage ou au contraire le « fail du mois » (la plus belle chute).
Cette appli s’adresse à qui ?
Elle est destinée à toute personne de plus de 12 ans. Notre cible, ce sont les 15-45 ans, les gens à l’aise avec le téléphone et demandeurs de ce genre de produit, qui ont déjà pris des cours en ESF ou, au contraire, qui n’en prennent pas parce qu’ils n’ont pas le budget pour cela ou parce qu’ils n’ont pas envie de prendre un cours collectif. Et puis, à partir d’un certain âge, les skieurs ne prennent plus de cours ou n’en ont jamais pris et c’est difficile pour eux de s’y mettre. On veut apporter des outils à tous les profils et à tous les niveaux, on s’adresse aussi bien à une personne qui n’a jamais chaussé des skis, à qui donc on explique comment mettre un ski, qu’à un expert qui fait du « carving » (N.D.L.R. : pratique du ski, qui consiste à ancrer les carres de ses skis dans la neige et donc d’exécuter ses virages sur la carre), qui veut faire du free-style ou qui pratique le ski ride. Notre librairie de vidéos couvre tous les niveaux et on va l’enrichir régulièrement ces prochaines saisons.
Quel est le prix ?
Seule la partie progression est payante : cela fonctionne par abonnement, soit mensuel (à 14,90 €), soit annuel (49,90€) pour débloquer les vidéos de la librairie. Sachant que nous proposons un essai gratuit durant 3 jours. La partie analyse est en plus : c’est 30€ l’analyse vidéo pour les abonnés et 60€ pour les non-abonnés. Le reste de l’appli (communauté et challenge) est gratuit.
Qu’est-ce qui vous a décidé à lancer cette appli ?
Je suis en même temps passionné de ski et développeur web et j’ai eu l’idée de lier les deux en créant cette appli. Je me suis mis l’été dernier sur la partie tech et codage, sur laquelle j’ai passé beaucoup de temps, pour construire l’appli de A à Z. Et en septembre, j’ai rencontré Lucas Dudicourt, spécialiste en marketing avec qui je me suis associé. On est donc deux sur ce projet et on travaille en partenariat avec des influenceurs comme Emiliano Silva ou Mickaël Bimboes qui nous ont bien aidés pour booster l’appli au moment de son lancement. Ma première idée, c’était de faire uniquement du coaching personnalisé, des cours de ski digitalisés sur une application mobile, ça n’existait pas en France. Et puis, en m’inspirant de ce qui se fait déjà aux États-Unis, j’ai rajouté la librairie de vidéos. Et de là, est venue l’idée de compléter l’appli par les sorties.
Quel bilan tirez-vous depuis le lancement le 1er décembre ?
On est aujourd’hui à plus de 12 500 téléchargements. Et plus de 350 personnes se sont abonnées. On a une grosse communauté ski sur les réseaux, j’espérais donc ce genre de lancement sans pouvoir en être sûr. On est très contents de ce lancement qui a réuni aussi des skieurs belges et suisses. On aimerait bien atteindre les 20 000 utilisateurs d’ici à la fin de la saison. On cherche à améliorer les différentes fonctionnalités pour qu’elles deviennent encore plus faciles d’utilisation.
Il y a eu beaucoup d’accidents mortels cet hiver en montagne… Winter Mate a-t-elle un rôle à jouer pour sensibiliser les skieurs aux dangers ?
Bien sûr, dans la mesure où elle touche en priorité les jeunes. On a mis une partie dans la librairie de vidéos dédiée à la sécurité quand on pratique le hors-piste : présentation du matériel (DVA -détecteur de victimes d’avalanche – sonde, pelle, sac), explication de la recherche Arva (appareil de recherche de victimes d’avalanche), comment réagir dans une telle situation, comment passer un appel de secours, comment prodiguer les premiers soins. Pour nous, c’est évidemment très important de sensibiliser les pratiquants : quelqu’un qui n’en a pas conscience ne doit pas s’aventurer en hors-piste.
En tant que skieur freeride pro, quel est votre programme cet hiver ?
Cela fait 4 ans que je fais de la compétition de freeride, j’ai couru l’an dernier en Coupe du monde sur le Freeride World Tour (FWT) avec les 22 meilleurs mondiaux. J’ai fini 15e au classement et seuls les 13 premiers restaient en élite : je suis donc redescendu en Freeride World Tour Challenger et je cherche cette année à regagner ma place à travers les différentes étapes de cette Coupe d’Europe, en Suisse, Autriche, Italie et l’étape en France est organisée au Sauze (04), le premier week-end d’avril. À l’issue de la saison, les 4 meilleurs seront pris pour remonter en Coupe du monde.
Propos recueillis par Sylvain Lartaud



























