À l’occasion de la soirée PALATINA 6, Marianne D’Antuono va défier Isis Logerie le 4 avril prochain à Lisieux. Un premier combat professionnel très attendu par la boxeuse de 28 ans, devenue championne de France amateur en début d’année 2026.
Comment se déroule votre préparation pour ce premier combat professionnel ? Est-elle différente de ce que vous avez connu auparavant ?
Disons que la préparation reste globalement la même que ces dernières années lors de ma carrière amateur. C’est une méthode qui a bien fonctionné pour moi, donc je m’entraîne deux fois par jour avec beaucoup de travail technique, des assauts à thème et du sparring. J’ajoute à cela du fractionné et des séances de renforcement. En vérité, je reste dans la continuité de ma préparation pour les championnats de France amateurs de janvier dernier. Mes coachs ont simplement mis en place quelques ajustements techniques et tactiques, car un combat professionnel a des exigences différentes, mais l’intensité reste la même.
Vous avez justement remporté ce titre de championne de France amateur en début d’année. Qu’est-ce que ce titre a changé pour vous ?
J’étais très contente de l’obtenir, car c’était l’objectif ultime, mon rêve en amateur. Cela apporte de la confiance, c’est certain. Mais au-delà du titre, c’est tout le cheminement des trois dernières années et le travail de préparation mentale qui m’ont aidée à acquérir cette assurance. C’est ce travail de fond, plus que le titre lui-même, qui m’a permis d’être prête aujourd’hui.
« Dans le meilleur des mondes, c’est exactement comme ça que je le voyais »
C’était donc la conclusion parfaite avant de franchir le pas vers le professionnalisme ?
Absolument. Dans le meilleur des mondes, c’est exactement comme ça que je le voyais. C’était le dernier titre qui me manquait en France, ayant gagné toutes les autres compétitions en amateur élite. C’était la consécration de mon travail et une belle manière de conclure pour s’engager dans une nouvelle aventure.
Ce passage en professionnel était-elle une décision mûrie depuis longtemps ?
Ça mûrit depuis l’année dernière. C’était la suite logique, aussi pour une question d’organisation personnelle. À côté de la boxe, je suis directrice de production dans l’industrie musicale. La boxe pro permet d’avoir une meilleure maîtrise de son calendrier. En équipe de France amateur, on peut vous appeler du jour au lendemain pour des stages d’une semaine, ce qui est très difficile à gérer avec un emploi que je ne souhaite pas abandonner. J’aime l’équilibre entre mes deux activités, et le statut pro me permet de mieux concilier les deux.
« Cela demande plus de lucidité, de patience et de stratégie »
Comment imaginez-vous ce premier combat professionnel ? Y voyez-vous une grosse différence avec le niveau amateur ?
Je pense qu’il faut plus d’intelligence sur le ring. On n’a plus de casque, les gants sont plus petits, donc chaque geste doit être calculé et on n’a pas le droit à l’erreur. Cela demande plus de lucidité, de patience et de stratégie. Côté physique, je commence par un combat en quatre rounds de deux minutes. C’est un format qui me convient bien car j’ai un profil explosif et une bonne endurance sur le long terme.
Vous allez affronter Isis Logerie. Est-ce une boxeuse que vous connaissez déjà ?
Oui, on s’est déjà rencontrées deux fois en amateur. J’avais gagné ces deux combats. C’est une boxeuse plus grande que moi, avec de longs segments. Cependant, je ne pars pas avec un plan figé et je ne regarde pas forcément de vidéos d’elle. Je préfère m’adapter en direct. Je me suis entraînée à boxer à toutes les distances, en avançant ou en reculant, donc je trouverai la solution le moment venu.
« J’ai une confiance absolue en mon entraîneur »
Pendant le combat, êtes-vous plutôt dans votre « bulle » ou restez-vous à l’écoute de votre coin ?
Je reste très ouverte aux conseils. Avec l’expérience, je gagne en lucidité et je peux analyser ce qui fonctionne ou non, mais j’ai une confiance absolue en mon entraîneur. C’était un ancien boxeur professionnel, il a le recul nécessaire pour apporter des conseils judicieux quand on a la tête dans le guidon. On forme une équipe qui fonctionne très bien.
Quels sont vos projets pour le reste de l’année 2026 après ce premier combat professionnel ?
Pour l’instant, c’est le seul combat de prévu. Le but cette année est d’en faire le maximum pour découvrir l’univers professionnel, accumuler de l’expérience et progresser. Comme il y a peu de boxeuses, on peut accéder assez rapidement à un championnat de France. Ce serait évidemment le premier gros objectif à aller chercher.




























