Du 8 au 11 janvier 2026, Paris accueille le Salon international de la Plongée Sous-Marine. Un rendez-vous majeur pour la Fédération française d’études et de sports sous-marins, comme l’explique Frédéric Di Meglio, président de la FFESSM.
Du 8 au 11 janvier, Paris accueille l’édition 2026 du Salon de la Plongée Sous-Marine. Que représente cet événement pour votre fédération ?
C’est un rendez-vous international majeur, le troisième au monde après le DEMA aux États-Unis et celui de Düsseldorf en Allemagne. Pour la Fédération, c’est un moment crucial pour affirmer notre place dans toutes les activités subaquatiques, de la plongée bouteille à l’apnée. C’est aussi un carrefour institutionnel : nous y rencontrerons le Secrétaire général de la mer, le conseiller sport de l’Élysée, ou encore le directeur de l’Office français de la biodiversité. C’est également le lieu où nous signons des conventions clés, sur des thématiques importantes comme l’éducation des enfants à la mer ou la santé.
Quel est l’état actuel de la Fédération française d’études et de sports sous-marins en France ? Est-elle en croissance ?
Absolument. Malgré la parenthèse du Covid qui a été difficile en raison de la fermeture des piscines, nous comptons aujourd’hui 135 000 licenciés. Nous sommes la troisième fédération non olympique des sports de nature. Avec 2 500 structures sur tout le territoire, y compris en Outre-mer, nous avons un réseau très solide. De plus, depuis mon éléction à la tête de la fédération en 2021, notre implication dans les politiques publiques de l’État a permis de renforcer notre reconnaissance institutionnelle.

Quels sont les grands enjeux ou thématiques que la fédération souhaite développer ?
Nous avons structuré notre action autour de quatre axes majeurs : l’environnement, l’inclusion, la santé et l’innovation.
Concernant l’environnement, il est dans notre ADN depuis 1948. Nous sommes la seule fédération sportive membre de l’UICN et ambassadrice des programmes « Engagés pour la nature » de l’Office français de la biodiversité. Nous développons des outils de sciences participatives comme DORIS, une plateforme numérique d’inventaire des espèces qui reçoit 100 000 connexions par mois, mais aussi CROMIS, un carnet de plongée naturaliste permettant aux plongeurs de partager leurs observations sur 7 500 sites.
À propos de l’inclusion, nous travaillons depuis 15 ans sur l’insertion des personnes en situation de handicap. Nous collaborons avec la Fédération française handisport et la Fédération française de sport adapté. L’apnée, notamment, offre des débouchés formidables pour les personnes autistes ou souffrant de syndromes dépressifs.
Pour la thématique de la santé, en tant que médecin, j’ai tenu à pousser le concept de sport santé. Nous avons 500 moniteurs formés au sport sur ordonnance. Pour 2026, nous lançons une labellisation des centres de plongée pratiquant le sport santé, et nous prenons part au projet européen « One Health Underwater » qui étudie scientifiquement les bienfaits de la plongée sur la santé mentale et le stress chez les 18-29 ans via des marqueurs salivaires.
Enfin, notre fédération est en pointe sur le sujet de l’innovation. Nous portons un projet de création de récifs artificiels par l’immersion de navires dépollués. Un navire immergé peut augmenter la biodiversité locale de 300 % en un an. C’est un levier d’économie bleue et une solution pour délester les sites naturels trop fréquentés.
Hormis le Salon de la Plongée Sous-Marine, quels seront les autres temps forts de 2026 ?
Il y aura événement politique majeur, nous organiserons l’Assemblée Générale de la CMAS (Confédération Mondiale des Activités Subaquatiques) à Bordeaux en avril 2026. C’est une première pour la France depuis la création de la confédération par Jacques Cousteau en 1958.
Outre ce type d’événement, les rendez-vous sportifs sont ceux qui mobilisent la fédération tout au long de l’année. Je pense à tous les championnats de France qui concernant l’ensemble des disciplines de la fédération. En apnée en piscine et en apnée en eau libre, la France figure parmi les meilleurs pays au monde. En nage avec palmes, on fait partie des huit meilleures nations mondiales. Je pense aussi au hockey subaquatique où nous sommes dans le top 3 mondial. D’ailleurs, en avril 2027, la France va organiser un championnat du monde de hockey subaquatique, ce qui n’avait pas été le cas depuis trente ans.
Vous l’avez dit, la fédération regroupe aujourd’hui 135 000 licenciés. Quel est le potentiel de développement pour les différentes disciplines regroupées au sein de la FFESSM ?
Le frein principal, ce sont les piscines. Elles sont vieillissantes et ferment, ou les créneaux sont saturés. Comme nous ne sommes pas une fédération olympique, nous passons souvent après la natation ou le triathlon pour l’accès aux bassins. Pourtant, le potentiel est là, notamment avec la randonnée subaquatique (masque et tuba), qui est une porte d’entrée fantastique pour sensibiliser le grand public au milieu marin. Sur cette discipline-là, comme sur d’autres, le potentiel est important.
Plus d’informations sur la Fédération française d’études et de sports sous-marins sur https://ffessm.fr/




























