Des arbitres en herbe au collège Simone-Veil de Montpellier

En 2005, le collège Simone-Veil de Montpellier a lancé sa section arbitrage pour permettre aux jeunes d’acquérir un certain savoir-vivre, mais aussi pour agir contre le manque d’arbitres dans le football. Éric Véron, professeur d’EPS et responsable de la section depuis sa création, parle de cette initiative.

 
Pourquoi avoir créé une section arbitrage dans votre établissement scolaire ?

Au collège Simone-Veil, les élèves étaient très difficiles à gérer, il y avait des problèmes de comportement, de discipline, de savoir-être. En 2005, c’est un arbitre, dont la femme était professeur d’anglais au collège, qui a proposé des cours d’arbitrage dans le football dans le but de les aider à gérer leur comportement et dans leur vie. On m’a alors proposé de m’occuper de la section et j’ai tout de suite accepté parce que j’ai trouvé que c’était une très bonne idée. Pour être arbitre, il faut avoir 14 ans, c’est pourquoi la section est ouverte aux élèves de 4ème et de 3ème. Elle ne s’adresse pas seulement aux enfants de Simone-Veil, mais aussi aux élèves venant d’autres collèges de Montpellier.
 
Quelle pédagogie est mise en place ?

Nous avons mis en place des cours théoriques de 17h à 18h30 le mardi, l’objectif pour les jeunes étant de passer un examen qui leur permettra ensuite d’arbitrer dans le département de l’Hérault. Pendant leur formation, les élèves officient lors de compétitions UNSS (Union nationale du sport scolaire) de football pour mettre en œuvre ce qu’ils ont appris en cours théoriques. Une fois l’examen obtenu, ils sont déclarés arbitres au niveau du département de l’Hérault et peuvent arbitrer des rencontres de la Fédération française de football les week-ends. S’ils veulent arbitrer dans d’autres régions, c’est possible en passant des examens complémentaires.

 

 

Est-il important d’offrir ce type de formation aux jeunes ?

L’arbitrage a un rôle indispensable dans le football. Nous manquons actuellement d’arbitres et nous essayons de lutter contre cette pénurie. De nos jours, quand on est juge, il y a une certaine pression, le week-end nous pouvons nous faire insulter lors des rencontres. L’arbitre est souvent une personne critiquée et c’est très difficile pour les jeunes de continuer à gérer cela années après années. Malgré ça, nous avons des élèves qui ont été formés en 2005 et qui sont toujours arbitres.
 
Avez-vous eu un engouement dès le départ de la part des jeunes ?

Oui, mais très vite ils se rendent compte qu’il faut apprendre, qu’il faut être concentré et c’est très difficile pour certains. Il y a donc une baisse de motivation au fur et à mesure des cours chez certains jeunes, qui finissent par arrêter. Il y a beaucoup d’abandons chaque année dû à un manque d’envie.

 

Quelles ont été les évolutions de votre section ?

Nous avons une dizaine d’élèves tous les ans, mais ça varie fortement. Cette année, nous avons apporté le plus gros changement depuis le début de cette association en décidant de rajouter le futsal pour augmenter le nombre d’élèves dans notre section. Cela a porté ces fruits puisque nous avons 16 jeunes depuis la rentrée. Nous n’avons pas encore de nouveaux projets pour le futur, mais nous nous adaptons chaque année à la demande.
 
Recevez-vous des aides ?

Nos aides viennent du district de football de l’Hérault, qui nous met à disposition deux arbitres : un ancien qui n’est plus en fonction et un nouveau. Ces deux juges viennent donner des cours aux jeunes dans le cadre de leur formation. Au niveau du futsal, nous avons également un monsieur qui intervient.

Plus de renseignements > 06.44.96.42.41

Propos recueillis par Jade Delattre-Buisset
Crédit photo : Éric Véron
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