SPORTMAG.fr

Coupe du monde : Retour sur les cinq demi-finales des Bleus

Face à la Belgique ce soir, les Français vont disputer leur sixième demi-finale en Coupe du monde. Le bilan est pour l’instant négatif, avec deux victoires pour trois défaites. Retour sur ces cinq matchs qui ont fait la légende du foot français.

 

1958 : Pelé était (déjà) trop fort

La France dispose d’une génération dorée avec Just Fontaine (meilleur buteur sur une édition avec 13 buts) et Raymond Kopa (ballon d’or 1958). Pour la cinquième participation en Coupe du monde, les Bleus retrouvent les demi-finales. Tous les ingrédients sont réunis pour que le match soit plaisant pour les spectateurs de cette édition suédoise. Pourtant, alors que les Brésiliens mènent 2-1 et que le match est serré, les Auriverde vont être aidés par une naissance divine. Un gamin touché par la grâce de Dieu. Pelé, 17 ans, invité de dernière minute de la sélection brésilien inscrit un triplé retentissant. Terrassés par la facilité technique de ce joueur, les Français doivent renoncer. Score final 5-2. Malgré tout, les Français finiront troisième. Pelé, lui, décrochera la première de ses trois étoiles.

1982 : Schumacher vs Battiston

Quiconque s’intéresse un minimum à l’histoire du football français, connaît ce France – RFA 1982 au Sanchez Pizjuan de Séville. Dans les prolongations, Harald Schumacher, le portier allemand, percute de plein fouet Patrick Battiston. Le joueur français n’a pas eu le temps de voir son ballon mourir à 50 centimètres du poteau. Assommé par la violence du choc, le milieu de terrain est allongé au sol. Son ami Michel Platini vient à sa rescousse pour tenter de le secourir. Le numéro 10 français accompagne son ami le long du terrain sur la civière. Dans ce choc, Patrick Battiston perdra deux dents, et n’obtiendra même pas la faute. Le portier allemand s’en sort indemne.

> La France et le Mondial, une histoire riche

Résumer ce choc, à ce fait de jeu, serait minimiser le match qu’ont fait les deux équipes. Les Français, qui ont mené 3-1 dans les prolongations, avaient la première finale de leur histoire au bout des pieds. C’était sans compter sur l’entrée en jeu de Karl-Heinz Rummenigge. Le buteur allemand change la donne et marque dès son entrée, avant d’être impliqué sur le but du 3-3. Sonnés deux fois pendant les prolongations, les Bleus finiront KO lors de la séance de tirs au but. Harald Schumacher détourne le tir de Maxime Bossis. La bande à Platini rentre en France…

1986 : Une nouvelle défaite face à la RFA

Du mondial 1986, les Bleus ne retiendront pas l’écart de niveau technique et physique entre eux et les Allemands. Pourtant, après avoir battu les champions du monde italiens en huitièmes, puis le Brésil de Zico en quarts au terme d’un match épique, les Français arrivent sûr d’eux face à des Germains toujours autant cliniques au moment d’achever une bête blessée dans un match de Coupe du monde. Les Français sont alors privés de Dominique Rocheteau blessé, tout comme Michel Platini qui, malgré tout, tient sa place sur le terrain. Andreas Brehme et Rudi Voller crucifient les Français au début et à la fin du match. Michel Platini se consolera en arrachant la troisième place, meilleur résultat des Français depuis 1958.

1998 : Et Lilian Thuram surgit

Dans une Coupe du monde où la ferveur monte crescendo, les joueurs de l’équipe de France ont joué avec les nerfs de leurs supporters. D’abord avec un but en or contre le Paraguay, puis les tirs au but face à l’Italie. Deux matchs très difficiles, mais malgré tout remportés par les Bleus. En demi-finale, c’est l’invité surprise, la Croatie, emmenée par Robert Prosinecki et Davor Suker (meilleur buteur du mondial et deuxième du ballon d’or 1998), vient de coller 3-0 aux Allemands. Le match est serré, la première mi-temps est un long round d’observation. Dans les vestiaires Aimé Jacquet s’énerve, « Si vous voulez le perdre, continuez comme ça ! » Le sélectionneur si souvent décrié voit juste. Davor Suker, couvert par Lilian Thuram ouvre le score. Le public du Stade de France est abasourdi. Pourtant, il ne faudra qu’une minute au joueur le plus capé de l’histoire des Bleus pour se faire pardonner. Au terme d’un une-deux avec Djorkaeff, Thuram tacle au point de penalty et égalise. De zéro à héros, le latéral droit français vient de renverser la vapeur…

> Quels espoirs pour les Bleus de 2018 ?

Alors que le match se crispe de plus en plus, les prolongations se rapprochent. C’est le moment que choisit Lilian Thuram pour récupérer un ballon aux abords de la surface croate, et enrouler pied gauche dans le petit filet opposé. Ses deux seuls buts en équipe de France, dans un match crucial. Sa célébration devient virale, « Le geste est resté en mémoire parce que les gens ressentaient au plus profond d’eux que moi-même je ne comprenais pas ce qui se passait », confiera le double buteur à l’AFP. Victoire 2-1 et première finale pour les Bleus, en route pour soulever leur première Coupe du monde.

2006 : Encore Zidane

Zinédine Zidane est en roue libre. Il ne lui reste alors plus que 2 matchs avant de prendre sa retraite, une demi-finale face au Portugal, et une finale, plus ou moins grande selon le résultat face aux Lusitaniens. Avant de se présenter devant Cristiano Ronaldo, Zizou a éliminé l’Espagne, puis a marché sur le Brésil. Un récital que les amoureux du foot ont encore en mémoire plus de 12 ans après. Après le match dantesque face au Brésil, tous les faits et gestes de Zidane sont des reliques que les personnes veulent se vanter d’avoir vu en temps réel. Ce match face au Portugal est la meilleure audience de l’histoire. 22,2 millions de téléspectateurs sur TF1. La tension n’a d’égal que l’enjeu de ce match. Et le premier et unique ouf de soulagement intervient à la demi-heure de jeu, lorsque Thierry Henry est stoppé illicitement par Ricardo Carvalho. Penalty. Zizou ne tremble pas. Comme 6 ans plutôt en demi-finale de l’Euro. Un coup franc de Cristiano fera légèrement trembler les Français, mais rien de grave. Zinédine Zidane aura son jubilé en finale de la Coupe du Monde. La suite appartient à l’histoire…

Justin Teste

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *