L’Aube mobilisée autour de l’olympisme

Le Département de l’Aube a porté la candidature commune des équipements sportifs du territoire au label Centre de préparation aux Jeux en lien avec les collectivités. Sibylle Bertail, présidente de la commission éducation, vie associative, culturelle et sportive, et Carole De Guglielmo, chef de service mission appui aux politiques publiques du Conseil départemental de l’Aube, détaillent cette mobilisation commune.

Quels équipements aubois ont été retenus Centres de préparation aux Jeux par Paris 2024 ?

Carole De Guglielmo : Le dossier de candidature à remettre à Paris 2024 pouvait être rempli par chaque collectivité ou par un chef de file. Le Département a été reconnu chef de file par tout le territoire de l’Aube pour porter les équipements dont il est propriétaire. Cela comprend la base nautique du lac du Temple (photo) et le Complexe international multisportx et d’escalade (CIME) qui sortira de terre à l’été 2023, ainsi que le complexe Henri-Terré de Troyes, le gymnase Fernand-Ganne de Saint-Julien-les-Villas, le dojo et la salle l’Agora de Nogent-sur-Seine et le stade d’athlétisme Bardin-Gousserey de Romilly-sur-Seine.

Pourquoi avoir fait le choix d’une candidature unique pour les équipements sportifs de l’Aube ?

C. G : Le Département et les communes de Troyes, Saint-Julien-les-Villas, Nogent-sur-Seine et Romilly-sur-Seine se sont retrouvés autour d’une démarche globale de développement du sport et ses valeurs. C’était important d’avoir cette cohérence qui correspond à l’état d’esprit d’être ensemble, avec la philosophie de laisser un héritage pour tout le territoire. L’ensemble des communes a vu au moins un de ses équipements labellisé Centre de préparation aux Jeux.

Sibylle Bertail : Je pense que le Comité d’organisation de Paris 2024 a apprécié ce projet commun, que notre territoire partage les mêmes valeurs autour du sport. Dans l’Aube, on travaille ensemble et on se soutient avec un objectif. Cette globalité est rassurante.

C. G : La plateforme en ligne du Comité d’organisation des Jeux olympiques n’était pas facile à remplir. Le Département a joué un rôle facilitateur pour réaliser le dossier en s’appuyant sur les documents envoyés par les communes.

Le Complexe international multisports et d’escalade a reçu le label. Que va proposer cet équipement encore en construction ?

C. G : Le Complexe international multisports et d’escalade est une halle multisports. Dans sa conception, nous avons réfléchi à l’ambition de demain. Nous voulions construire une tribune face au mur d’escalade, mais ça revenait à prendre de l’espace pour des sièges qui seront souvent vides. Nous avons préféré faire une salle multisports, adaptée pour le handisport, et se servir de ce lieu pour faire la promotion du sport. Le CIME est situé à Troyes, non loin du complexe Henri Terré et du Centre sportif de l’Aube. L’équipement a été retenu pour la boccia et le goalball en attendant l’ouverture du cahier des charges pour l’escalade.

S. B. : L’Aube a pu se doter de ce grand complexe sportif car elle dispose déjà d’une belle dynamique associative et de gens compétents. Nous avons associé les comités à sa réalisation.

Quels atouts avez-vous mis en avant dans le dossier de candidature ?

C. G : Le cahier des charges était très strict pour donner les moyens aux athlètes de bien pratiquer leur discipline, mais aussi pour assurer leur restauration, leur hébergement et leurs loisirs. Le Centre sportif de l’Aube, situé à Troyes, n’a pas été retenu en tant que Centre de préparation aux jeux, mais il représente un atout pour l’hébergement et la restauration.

S. B. : Le Centre sportif est un lieu d’hébergement reconnu dans le Grand Est et qui a en plus été approuvé par le référent territorial du Comité paralympique et sportif français pour son accueil des personnes en situation de handicap. D’ailleurs, une délégation d’escrimeurs fauteuil va descendre à la Résidence des lacs, l’antenne du centre sportif située au Lac d’Orient. L’Institut de la médecine du sport est également associé au projet.

C. G. : Par ailleurs, nous avons pris la décision de ne pas faire payer la location des équipements aux délégations qui vont venir s’entraîner.

Maintenant que ces sites ont été labellisés, quelle place va prendre le Département ?

S. B. : Le Département jouera un rôle dans les dépenses de ces équipements sportifs, même s’il n’est pas propriétaire. Nous avons été solidaire à hauteur de 50% de la construction de la halle de gymnastique de Troyes sur le complexe Henri-Terré. Nous accompagnons aussi les projets autour du dojo de Nogent-sur-Seine et la piste d’athlétisme de Romilly-sur-Seine. On ne va pas se limiter au catalogue de Paris 2024 pour attirer des délégations étrangères. Nous allons faire de la publicité et sollicité les comités pour qu’ils utilisent leur carnet d’adresses.

Quelle sera la politique du Département pour sensibiliser aux JOP de Paris sur le territoire ?

S. B. : Les Jeux olympiques et paralympiques de Paris 2024 ne sont pas une fin en soi, mais un moteur. Le Département et ces communes qui ont reçu le label Terre de Jeux 2024 sont engagés dans la même dynamique pour laisser un héritage. Le but est d’augmenter la place du sport dans le quotidien des Aubois et on travaille pour faciliter son accès. Le département souhaite déployer le label Génération 2024 dans les collèges. Presque tous ont déjà adhéré à cette dynamique. Nous avons déjà la chance de compter sur l’UNSS qui contribue à faire venir l’olympisme jusqu’aux jeunes.

C. G. : On croit à la valeur inclusive du sport. Le Département a organisé un temps d’accueil sur les valeurs du sport avec des jeunes suivis par la Mission locale. Ils ont parlé de la place de la femme dans le sport afin de projeter ces valeurs dans le monde professionnel. Nous avons l’intention d’organiser de nouvelles sessions quand on pourra se le permettre.

Propos recueillis par Leslie Mucret

Les sites retenus dans l’Aube
  • La base nautique du Lac du Temple pour l’aviron et le canoë-kayak
  • À Nogent-sur-Seine : le dojo pour le judo et le taekwondo ainsi que l’Agora Michel-Baroin pour le basket
  • À Romilly-sur-Seine : le stade Bardin-Gousserey pour l’athlétisme
  • À Troyes : le complexe Henri-Terré pour l’athlétisme, le basketball, le BMX, l’escrime, l’escrime fauteuil, la gymnastique artistique, la gymnastique rythmique, le trampoline, le triathlon olympique et paralympique et le water-polo, ainsi que le CIME pour la boccia et le goalball.
Crédit photo : Aviron Troyes
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