Prolonger les dérives ou construire un nouvel avenir ?

Les retraits des candidatures aux Jeux olympiques de 2024, de villes aussi prestigieuses que Hambourg, Rome, Boston et Budapest vont-elles servir de déclic pour imaginer comment ce grand évènement peut devenir le déclencheur d’un « nouvel élan » pour la jeunesse.

 

Une nécessité que les citoyens ont fait comprendre aux élites de ces villes en affichant leur désaccord sur ces candidatures, soit au travers de référendums, soit au travers de signatures de pétitions dont le nombre ouvrait droit à un référendum qu’elles n’organisèrent pas, tant le résultat ne faisait aucun doute.

Au-delà du ressenti des citoyens, s’ajoute l’analyse de plusieurs chercheurs spécialistes de l’olympisme qui corroborent la nécessité de réformer des jeux dont le format a été imaginé il y a plus d’un siècle. Parmi eux, Patrick Clastres de l’université de Lausanne, où siège le Comité International Olympique, a déclaré dans un article du quotidien « Le Monde » du samedi 4 mars, que l’organisation des jeux était essentiellement aujourd’hui « une affaire devenue extrêmement profitable aux multinationales, au pouvoir sportif et aux médias ».

Et si on imaginait que cette « affaire » soit surtout profitable à la jeunesse ?

Convaincus de cette nécessité, l’association « Sportculture 2020 » et le magazine SPORTMAG défendent, à travers une démarche « JO-Expo 24-25 », la nécessité de mises en synergies : sportives, culturelles, sociétales, économiques, …

Même si de nombreuses collectivités territoriales sont prêtes à mettre ces synergies en œuvre, voire à les démultiplier, leur déclenchement doit trouver sa source dans une dynamique internationale qui associe précisément le sport (tous les sports), la culture (y compris celle de rue), l’économie et le sociétal. Avec les candidatures aux J.O. de 2024 et à l’Exposition universelle de 2025 dans un même pays et à quelques mois d’intervalle, nous avons, en construisant une synergie entre ces deux manifestations, la possibilité d’enclencher cette dynamique.

Une dynamique qui nécessite de construire des actions relevant du sport, de la culture, de l’économie ou du sociétal qui puissent se décliner dès aujourd’hui avec un affichage international dans les deux manifestations et en complémentarité. La décision de la mairie de Paris de mettre l’accent sur la trace sociétale que les Jeux Olympiques pourraient laisser à Paris et dans son agglomération relève de cette approche. Dans un article de « La Tribune » du 11 mars, le journaliste Fabien Piliu indique qu’à cette fin une centaine de startups phares de l’économie sociale et solidaire se sont réunies à Paris pour préparer concrètement leur participation à l’organisation des jeux, avec l’objectif de : « partager des idées innovantes, solidaires et sociales autour de tables rondes co-animées par les équipes de Paris 2024 et les grands réseaux de l’économie sociale et solidaire ».

Une approche qui peut parfaitement être déclinée autour de sports relevant de disciplines « non olympiques » ainsi qu’autour de pratiques et de manifestations culturelles. Mais une approche qui démontre à la fois la possibilité et la nécessité d’élargir la construction des déclinaisons sportives, culturelles, économiques et sociétales de ces manifestations internationales à l’ensemble des collectivités territoriales qui le souhaitent. D’où la nécessité préconisée par la démarche « JO-Expo 24-25 » d’accompagner toutes les villes qui le souhaitent dans la création, l’organisation et l’animation d’espaces permettant d’accueillir, dès 2020, les sportifs du monde entier pratiquant une seule et même discipline et d’y associer, avec un affichage international, la valorisation de leurs cultures locales.

Loin des dérives observées sur les sites des jeux organisés ces dernières années, nous avons la possibilité de poser les bases de la construction d’un nouvel avenir pour les générations futures.

Jean-pierre Faye

 

Crédit photo : Photoshot / Icon Sport
PAS ENCORE DE COMMENTAIRE...

PUBLIER UN COMMENTAIRE