France Paralympique : La Relève, saison 2

Les Jeux paralympiques de Paris 2024 se préparent dès maintenant pour le Comité paralympique et sportif français qui vient de lancer la saison 2 de son programme de détection nationale, La Relève. Les personnes en situation de handicap sont invitées à des plateaux de détection dans quatre villes.

 

Le futur du sport paralympique français est déjà là. Le Comité paralympique et sportif français en est persuadé et compte bien dénicher les hauts potentiels grâce à son programme de détection nationale La Relève. Lancée en 2019, cette opération consiste à organiser des plateaux en région lors desquels les participants, âgés de 16 à 35 ans avec un projet de pratique à haut niveau, passent une batterie de tests encadrés par des experts et des membres de fédérations paralympiques. « Les fédérations ont des difficultés pour trouver les talents de demain. Cela découle aussi des difficultés des personnes en situation de handicap à trouver un club adapté », constate Marie-Amélie Le Fur, présidente du CPSF. « Or, la France a besoin de retrouver sa place aux Jeux paralympiques, de se rapprocher du Top 10 mondial. » Ce programme a également été initié en vue des Jeux paralympiques de Paris en 2024, où la France est automatiquement qualifiée dans les 22 sports au programme. « Nous avons saisi l’opportunité de Paris 2024, de la mobilisation et de la visibilité autour », ajoute la présidente.

 

 

Les fédérations en repérage

 

Le programme La Relève a donc pour but de trouver les porteurs du maillot bleu à Paris à l’été 2024. Lorsque Marie-Amélie Le Fur est venue le chercher, Michaël Jeremiasz n’a pas hésité avant de devenir parrain de ce programme. « Je suis déjà ambassadeur pour Paris 2024 et dans la promotion de l’accessibilité pour les personnes en situation de handicap ainsi que fondateur de l’association « Comme les autres », j’aime transmettre et partager », rappelle le quadruple médaillé aux Jeux paralympiques en tennis fauteuil en 2004, 2008 et 2012 et porte-drapeau à Rio en 2016. « J’ai trouvé le dispositif bien pensé. J’ai dit oui très vite. La suite a prouvé que c’était une réussite, on a eu de belles retombées. » En 2019, six journées de détection ont été organisées dans cinq régions de France, avec l’appui local des CREPS et des UFR STAPS. Au préalable, 660 personnes s’étaient inscrites sur la plateforme dédiée, puis le CPSF en a retenu 177 pour passer les tests qui évaluent leurs singularités morphologiques, ainsi que leurs capacités physiques et mentales. Michaël Jeremiasz a assisté au plateau de Paris. « Nous étions aux côtés des participants pour les stimuler, dire quelques mots sur les Jeux paralympiques et échanger de manière informelle. Les participants ont voulu en savoir plus sur mon parcours. C’est important de dire que les athlètes de haut niveau ont connu les mêmes accidents de la vie, les mêmes sacrifices. » Des membres des fédérations paralympiques sont présents à la recherche de potentiels intéressants selon les qualités demandées par leurs disciplines. « L’idée est ensuite d’orienter les participants vers la bonne structure, d’établir une mise en relation avec les fédérations », explique Marie-Amélie Le Fur. Une fois le talent détecté, les sportifs doivent s’impliquer et les fédérations les accompagner dans leur parcours grâce à de la mise en relation, mais aussi peut-être un soutien financier, pour arriver jusqu’à la cérémonie d’ouverture au Stade de France dans quatre ans et demi.

 

Sandrine Barde, du vélo au volley

 

Sandrine Barde fait partie de la dizaine de profils considérés « à très haut potentiel » après la saison 1. Cette femme atteinte de sclérose en plaques a participé à la détection au CREPS de Vichy. « Nous avons passé des épreuves de force, d’équilibre », se rappelle-t-elle. Elle a découvert le programme La Relève « par pur hasard ! » « J’ai reçu une suggestion Facebook », raconte-t-elle. « Ayant pratiqué du judo pendant 15 ans avant le développement de ma maladie, j’ai trouvé l’idée intéressante. J’y suis allée pour voir ce dont j’étais capable. » Et ses capacités ont attiré l’attention de la Fédération française de volley. Sa maladie étant classifiée, Sandrine Barde a rejoint l’équipe de France féminine de volley assis. Elle a déjà connu trois stages avec l’équipe de France et ses premiers matches amicaux. « Les objectifs internationaux sont l’Open en Slovénie en juin prochain, un championnat en Turquie en 2021 et bien sûr le tournoi paralympique de Paris en 2024. Depuis le début, les Jeux sont dans un coin de ma tête. C’est un événement exceptionnel ! » Sandrine Barde met tout en œuvre pour relever ce challenge. « Je pratique également en club au Gones Lyon ASUL volley, une structure mixte, et au Moirans Multi Volley-ball, plus près de chez moi pour avoir du temps de jeu. » D’autres sportifs ont été remarqués lors des plateaux de détection dont Pauline Déroulède qui voulait faire du paratriathlon, mais qui s’est finalement orienté vers le tennis qu’elle pratiquait en valide. Spécialiste de la discipline, Michaël Jeremiasz apprécie son talent : « Pauline a le profil parfait. Je parie qu’elle sera aux Jeux paralympiques de Paris si elle travaille dur. »

 

 

Sortir de l’autocensure

 

À l’aube de la saison 2 du programme La Relève, Sandrine Barde espère que son exemple sera suivi. « Je conseille aux personnes en situation de handicap d’y aller sans se poser de questions. J’ai eu de la chance d’intégrer l’équipe de France de volley, mais si rien ne s’était produit, ça n’aurait pas été grave car j’ai donné le meilleur de moi-même. Il faut juste oser. De plus, les organisateurs étaient bienveillants avec nous. » Comme la volleyeuse, Michaël Jeremiasz, qui a rempilé comme parrain, invite tous les sportifs en situation de handicap à se présenter sur un des plateaux de détection. « J’aurais voulu qu’un programme de ce genre arrive plus tôt. Il ne faut plus que les personnes en situation de handicap arrivent dans le haut niveau par hasard, mais par envie et conviction. Il existe un phénomène d’autocensure qu’il faut changer. Ces plateaux de détection les encouragent à sortir de cette prudence et à oser. A minima, ils passent une bonne journée, a maxima, ils auront l’opportunité de participer aux Jeux paralympiques de Paris. » Les cinq dates de cette édition 2020 ont été annoncées : le 28 mars à Bordeaux, le 18 avril à Montpellier, les 25 et 26 avril à Paris et le 16 mai à Vichy. « On espère que le taux de transformation, soit le nombre de participants aux plateaux qui ensuite intégreront une fédération paralympique, sera plus important lors de la saison 2 », souhaite Marie-Amélie Le Fur. Cependant, la présidente du CPSF n’avance aucun objectif chiffré d’athlètes issus de La Relève présents aux Jeux paralympiques de Paris en 2024. « Cela dépend de nombreux facteurs, dont l’implication de l’athlète et de la fédération. On aura plus de visibilité en 2022, 2023. Nous allons renouveler le programme La Relève jusqu’en 2022, c’est une évidence. Ensuite, nous verrons. On le fera peut-être évoluer. » En attendant le grand événement de 2024, c’est dès maintenant que la mobilisation est demandée. « On attend un engagement du plus grand nombre », appelle Michaël Jeremiasz. « Le sport paralympique doit prendre de plus en plus d’espace pour qu’une personne en situation de handicap veuille se lancer. On compte sur l’implication de nos partenaires, dont le Comité d’organisation Paris 2024 et le mouvement sportif, pour inspirer une génération. »

 

 

La Team La Relève est lancée

En présentant la saison 2 du programme La Relève, le Comité paralympique et sportif français a aussi annoncé la création d’une Team La Relève. « Il s’agira de rassembler les plus hauts potentiels détectés dans une équipe, de leur proposer un accompagnement plus individualisé, toujours en lien avec les fédérations, et de répondre à leurs problématiques », explique Marie-Amélie Le Fur. Le CPSF espère créer un véritable sentiment d’appartenance autour de ces sportifs qui devraient représenter la France devant son public à l’été 2024. Il relayera leurs histoires, leurs accidents, leurs sacrifices, mais aussi les espoirs et le travail qui ont construit leurs parcours sportifs, pour mieux les faire connaître auprès des médias et du grand public.

 

Par Leslie Mucret
Crédit photo : Icon Sport
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