Entreprises de spectacles sportifs : pour qui sont vos victoires ?

Aujourd’hui, nul doute que l’organisateur du spectacle sportif a remporté une belle victoire : le stade était plein, les spectateurs ont beaucoup consommés, les athlètes qui s’étaient entrainés pendant des milliers d’heure avaient offerts un beau spectacle, y compris ceux qui étaient sortis sur une civière après un choc violent, sous les applaudissements des spectateurs.

 

Afin de répondre aux exigences émanant de ceux qui les payent, les athlètes qui pratiquent des sports suivis par de nombreux spectateurs et téléspectateurs dépassent fréquemment les limites du plaisir et flirtent avec l’épuisement. Un épuisement que les parents d’enfants américains ont intégré dès la fin des années 1990. Alors que le football américain et le base-ball étaient le rêve de la quasi-totalité de ces parents à la fin du 20ème siècle, 50 % d’entre eux souhaitent aujourd’hui que leur progéniture ne choisisse pas ces sports. Des sports que les petits américains pratiquaient jusque dans les quartiers sensibles et qui sont en recul. Ce qui entraine une baisse continue et régulière du nombre d’enfants inscrits dans les clubs et associations de quartier. Un article du magazine « Le Monde » du 17 octobre précise qu’aux États-Unis « 70 % des enfants arrêtent la pratique d’un sport à 13 ans ».

Conscients de la nécessité d’acquérir les qualités issues des pratiques sportives, les parents et fréquemment les enfants eux-mêmes, se tournent vers des sports éloignés des « entreprises de spectacles », tels que le roller, le lacrosse ou le judo que le comité international olympique avait envisagé de supprimer des épreuves olympiques, il y a peu de temps, pour le remplacer par une discipline plus à même d’attirer les foules et leurs portemonnaies.

Un judo pourtant pratiqué par Thomas Pesquet, l’astronaute français qui vient de rejoindre la station ISS et qui a souhaité emmener parmi ses rares objets personnels les œuvres de Saint-Exupéry et … sa ceinture noire de judo. Il est vrai qu’il ne pouvait emporter le saxophone qui lui avait permis d’acquérir avec son sport favori les qualités qui lui ont permis d’être sélectionné pour cette magnifique mission. Une mission dont les objectifs scientifiques, biologiques, médicaux, … relèguent fort loin les objectifs de « spectacles » qui sont pourtant de toute beauté.

Jean-pierre FAYE

 

Crédit photo : Aurelien Meunier / Icon Sport
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