Béatrice Gille : « Mobiliser nos jeunes autour des valeurs du sport »

Très impliquée dans le développement du sport à l’école, l’académie de Créteil lance une délégation académique à l’action sportive et à l’olympisme. Une initiative importante pour un territoire qui vivra de très près les Jeux olympiques et paralympiques de Paris 2024. Béatrice Gille, rectrice de l’académie de Créteil, chancelière des universités, s’est confiée à SPORTMAG…

 

Béatrice Gille, tout d’abord, en quoi va consister cette délégation académique ?

Comme son nom l’indique, cette délégation a deux objectifs. Le premier, c’est un rôle de conseil, de coordonnateur, de catalyseur et de lieu ressource du sport dans l’académie de Créteil. Le deuxième est celui d’impulser une dynamique et d’accompagner l’ensemble des acteurs académiques. Tout cela, pour que chaque élève, chaque enseignant et chaque établissement puissent se saisir de l’opportunité magnifique que représenteront ces Jeux olympiques « à domicile ». Ces enjeux sont d’autant plus importants qu’avec la présence du village olympique dans l’académie, nous serons véritablement au cœur de la préparation de ces JO. Il nous a semblé important de mettre en place cette instance dédiée au sport à l’école, mais qui servira également à mobiliser nos jeunes autour des valeurs de l’olympisme. Dans ce contexte dynamisant, c’est important d’avoir une structure repérable et visible de l’extérieur, un interlocuteur pour nos partenaires.

Quelle en sera la composition ?

Nous sommes en train de finaliser les derniers détails de sa composition mais je peux d’ores et déjà annoncer que le délégué en est Jean-Marc Serfaty, qui est IA-IPR (Inspecteur d’Académie – Inspecteur Pédagogique Régional, NDLR) d’éducation physique et sportive.

Pourquoi avez-vous décidé de mettre en place cette délégation ?

Car je pense qu’elle répondra à un besoin de plus en plus présent. Selon moi, le sport à l’école va encore gagner en dynamisme avec l’engouement autour de Paris 2024. Il fallait que nous soyons prêts à répondre à cette demande. Je pense que nos établissements seront sollicités, que de nombreux jeunes s’engageront dans l’organisation de ces Jeux. En plus d’être porteurs de ce mouvement, nous souhaitons être prêts à répondre aux besoins qui s’exprimeront. La Nation va devenir de plus en plus sportive, les métiers du sport seront de plus en plus présents, il est important que l’Éducation nationale travaille aussi dans ce sens.

Est-il justement nécessaire que l’Éducation nationale soit à l’origine de ces grandes impulsions ?

Je pense que son rôle est effectivement de donner du sens et de coordonner ces attentes et cette dynamique. Au-delà de cela, l’Éducation nationale doit mobiliser les jeunes autour des valeurs du sport et de l’olympisme. Surtout dans un territoire comme le nôtre, où les Jeux susciteront une grande attente chez nos jeunes. Bien évidemment, parce qu’ils seront sur place et qu’ils verront se construire des terrains et des équipements sportifs, mais également parce que le sport est quelque chose qui leur permet de faire vivre des valeurs essentielles pour leur avenir.

Cette délégation souhaite également travailler pour les jeunes élèves, et pas seulement pour les collégiens et lycéens…

Exactement. Nous souhaitons développer encore davantage la pratique sportive dans le premier degré. Les jeunes qui sont actuellement à l’école élémentaire seront adolescents en 2024, ils s’intéresseront beaucoup à ce grand événement. D’où l’importance de développer encore le sport scolaire dans cette tranche d’âge.

 

Il était important pour vous d’inclure tous les acteurs de l’Éducation nationale dans cette délégation ?

Tout à fait. Nos chefs d’établissement, par exemple, ont parfaitement conscience de l’importance du sport scolaire. Nous devons également poursuivre le travail de coopération avec les fédérations sportives scolaires et universitaires. Des impulsions nationales sont lancées actuellement, et je pense que nous allons avoir de plus en plus de demandes. Le fait d’avoir une délégation bien identifiée, qui pourra coordonner tout ce travail, aura vraiment son importance.

 

 

Jean-Marc Serfaty, IPR d’éducation physique et sportive dans l’académie de Créteil depuis 2009, notamment en charge du suivi des sportifs de haut-niveau, sera à la tête de cette délégation académique à l’action sportive et à l’olympisme…

« Nous entretenons des liens très étroits avec l’INSEP et 28 fédérations sportives nationales. Notre territoire est très apprécié pour développer la détection des talents, mais également pour mener des actions qui portent haut les valeurs ainsi que la culture sportive et olympique. Grâce à cette délégation, nous allons mettre des ressources à la disposition des jeunes, et notamment dans l’orientation des élèves. Nous avons une demande très importante dans l’académie pour les formations en lien avec les métiers du sport. Aujourd’hui, la filière STAPS est engorgée. Beaucoup d’élèves, et notamment ceux qui viennent de la voie professionnelle, y sont en grande difficulté. Nous nous sommes donc mis dans l’optique de développer des filières autour de la culture, de la technique ou encore de la technologie qui gravitent dans l’univers du sport. Ce que l’on va essayer de dire et de faire comprendre aux élèves, c’est que les métiers du sport sont très divers, qu’ils vont de l’entraîneur au paysagiste du terrain de golf. Nous devons également, développer de nouveaux outils pédagogiques pour développer et mieux orienter l’envie et l’appétence des élèves ».

Propos recueillis par Bérenger Tournier

 

3 COMMENTS
  • Pontais 4 mars 2018

    Bonjour,
    Je suis secrétaire académique du SNEP-FSU Créteil, syndicat représentatif de 92,4% des profs d’EPS aux élections professionnelles.
    Je m’interroge de ne jamais voir notre profession présente dans cet entretien, un oubli sans doute. Et j’aurais souhaité savoir si vous comptez vous intéresser à la situation de l’EPS dans notre académie “très impliquée dans le développement du sport”.
    Nous avons lancé il y a 2 semaines une pétition qui a déjà recueillie plus de 500 signatures pour une commission d’enquête parlementaire sur les inégalités d’accès à la pratique sportive ainsi qu’un plan national de constructions et de rénovations d’équipements sportifs pour 2024.
    Pour les profs d’EPS, il parait troublant, voire inconcevable d’acuuillir les JOP en 2024 dans notre académie sans une plus grande prise en compte de la population scolarisée ou adulte !
    Merci d’avance pour votre réponse, nous sommes disposés à nous entretenir à notre tour.
    Cordialement
    Hugo Pontais.

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