2025 : Après les JO, l’exposition universelle ?

La première partie de « JO-Expo 24-25 » a été gagnée le 13 septembre à Lima avec l’obtention des Jeux Olympiques de 2024. La seconde partie reste à aller chercher avec l’obtention de l’Exposition universelle de 2025.

 

Aujourd’hui, quatre pays sont candidats à l’organisation de cette exposition de 2025 :
  • L’Azerbaïdjan avec pour thème « le capital humain », que sont essentiellement les générations futures.
  • Le Japon avec pour thème « concevoir la société du futur », qui est d’abord celle des générations futures.
  • La Russie avec un thème qui se passe de commentaire « changer le monde : des innovations inclusives pour nos enfants et les générations futures ».
  • La France avec le thème : « la connaissance à partager – la planète à protéger ».

On peut considérer que, de par sa transversalité, le thème français comporte intuitivement la construction de l’« art de vie » des générations futures. Par contre, si nous n’y prenons garde, ce thème peut également gommer cette ouverture vers les enfants du 21ème siècle en se déclinant autour des objectifs, certes légitimes à leurs époques mais aujourd’hui totalement insuffisants, des expositions du 19ème et du 20ème siècle. Ce qui serait le cas si le « partage des connaissances » se limitait à des connaissances techniques, technologiques, économiques, informatiques, numériques ou de ventes.

Comme cela a également été perçu par les autres pays candidats à l’organisation de l’exposition universelle, les années « 2020-2025 » peuvent être un véritable marqueur de l’évolution d’une société où « savoir-faire entrepreneurial » et « art de vie » se complètent et se valorisent mutuellement.

Mais bien au-delà de l’affichage « communication de marketingueurs » des autres pays candidats, la France peut se prévaloir d’une réelle opérationnalité dans la démonstration d’une nécessaire articulation entre les « temps de vie imposés » où le travail prime et les « temps de vie libérés » où ce sont les pratiques culturelles et sportives qui priment.

La France le peut car elle a la chance de pouvoir organiser, à la suite et dans le cadre d’une mise en synergie partielle, deux événements internationaux qui en sont les supports tangibles : les Jeux Olympiques de 2024 et l’exposition universelle de 2025.

Par le passé, quelques expositions ont été des marqueurs de l’évolution d’une société où le quotidien des citoyens étant quasi-exclusivement consacré au travail et où il y avait la nécessité de valoriser les avancées techniques et technologiques qui s’appuyaient sur le recul de la pénibilité des tâches.

Ce fut le cas lors des expositions parisiennes de 1878 et 1889 : la première intitulée « A la gloire des nouvelles technologies » avait une galerie des machines qui présentait tout ce qui permettait de produire en diminuant la pénibilité des tâches ; la seconde comportait à la fois une galerie des machines et un Palais des Beaux-Arts car commençaient à émerger les  « temps de vie libérés ».

C’est encore en France que s’affichera dans les « années 20 » un nouveau marqueur de l’évolution de la société avec le couplage, non volontaire, de l’exposition de 1925 et des JO de 1924 ; une sorte de « JO-Expo 24-25 ». Un couplage qui esquissera une déclinaison, en termes « économiques » et de « savoir-faire », de la complémentarité des « temps de vie imposés » et des « temps de vie libérés ». Les JO de 1924 ont ainsi permis de créer le premier village olympique qui allait venter dans le monde entier notre « savoir-faire » en matière de bâtiments à bas coût équipés de toutes les commodités sanitaires. Des JO où le célèbre radioreporter Edmond Dehorter va quasiment inventer le reportage en direct et le sponsoring puisqu’il va se positionner dans la nacelle d’une petite montgolfière au-dessus du stade de Colombe pour commenter les épreuves et qu’il disposera de kakemonos le long de la nacelle pour financer son opération. Dans les mois qui suivront, la créativité sera portée au plus haut lors de l’exposition de 2025 dont l‘appellation deviendra celle d’un des plus beaux styles décoratifs du 20ème siècle puisque qu’elle portera le titre d’« Exposition des arts décoratifs et industriels ».

Dans le cadre d’un « JO-Expo 24-25 » d’aujourd’hui la France peut, cette fois encore, être le fer de lance d’un nouveau marqueur de l’évolution d’une société attendue par les générations futures. Une évolution où le « savoir-faire entrepreneurial » et l’« art de vie » se complètent et se valorisent mutuellement comme le démontrent les travaux de l’association « Sportculture2020 » depuis plusieurs années. *

Une évolution qui peut magnifiquement être symbolisée par la construction prévue du globe imaginé par Elisée Reclus pour l’exposition universelle de 1900. Une évolution qui doit s’écarter de la seule vision des marketingueurs qui ne tarderaient pas à imaginer ce globe en centre commercial.

Une évolution où la mise en synergie d’une partie des JO de 2024 et de l’Expo de 2025 peut être un magnifique tremplin pour l’ensemble de la jeunesse, toutes activités sportives et culturelles confondues ;  et ceci dans l’esprit d’Elisée Reclus qui était avant tout un « passeur de savoirs » et un constructeur de l’« art de vie » de ses concitoyens.

Une évolution affichée par les trois autres pays candidats à l’organisation de l’exposition mais que la France doit, si elle veut vraiment en obtenir l’organisation, présenter comme une déclinaison opérationnelle comportant une mise en synergie avec les Jeux Olympiques.

Jean-pierre Faye

 

Crédit photo : Icon Sport
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