Arnaud Démare : A toute vitesse !

Après un début de saison compliqué et une pause forcée à cause de la crise sanitaire, Arnaud Démare est revenu fort. Très fort. Avec 9 victoires en un mois de compétition cet été, le sprinteur de la Groupama-FDJ a emmagasiné un maximum de confiance avant de partir sur les routes du Giro.

 

La crise sanitaire due au Covid-19 a tout changé. Tout, sauf la soif de victoires d’Arnaud Démare. Après un Paris-Nice amputé d’une étape et remporté par l’Allemand de la Bora – Hansgrohe, Maximilian Schachmann, le peloton a dû faire une longue pause. Et les équipes ont été dans l’obligation de se réorganiser, avec un calendrier complètement chamboulé. Le Tour de France a bien pris de départ de Nice, mais avec beaucoup de retard (29 août – 20 septembre). Surtout, le Tour d’Italie s’élancera le 3 octobre et, en parallèle, les grands Monuments du cyclisme se dérouleront beaucoup plus au Nord de l’Europe.

 

Arnaud Démare n’était pas au départ du Tour de France, la formation Groupama-FDJ ayant décidé, comme l’année précédente, de constituer une équipe entièrement autour de Thibaut Pinot pour tenter de remporter la Grande Boucle. L’année passée, le grimpeur français avait fait vibrer des millions de Français avant d’abandonner lors de la 19e étape, alors qu’il était cinquième du classement général. Cette année, Thibaut Pinot a chuté, comme une centaine d’autres coureurs, lors de la première étape du Tour de France, à Nice, sur une promenade des Anglais devenue patinoire. L’illusion a duré jusqu’à la huitième étape, où le leader de la Groupama-FDJ est arrivé à Loudenvielle avec 25 minutes de retard sur le vainqueur de l’étape, Nans Peters, et 19 minutes sur les principaux favoris.

 

 

Une démonstration aux Championnats de France

Si la formation de Marc Madiot a vu ses rêves de maillot jaune sur les Champs-Elysées partir en fumée, l’équipe française a tout de même réalisé un superbe été loin des routes du Tour de France. Grâce, surtout, à un Arnaud Démare de gala, qui a commencé son festival le 5 août en remportant Milan – Turin devant Caleb Ewan (Lotto-Soudal), Wout van Aert (Jumbo-Visma) et Peter Sagan (Bora-Hansgrohe). Le sprinteur picard a récidivé lors du Tour de Wallonie, avec deux victoires d’étapes et le classement général devant l’expérimenté Greg Van Avermaet (CCC Team).

 

Une forme exceptionnelle qu’Arnaud Démare va réussir à prolonger jusqu’aux Championnats de France sur route, à Grand-Champ dans le Morbihan. Pour son grand objectif de l’été, le sprinteur a réussi avec son équipe une course parfaitement maîtrisée. Jusque dans les derniers kilomètres, quand il a fallu se découvrir pour aller chercher Julian Alaphilippe. Le sprint à trois pour la gagne, avec le leader de la Deceuninck-Quick Step et le sprinteur de B&B Hotels-Vital Concept, Bryan Coquard, a été rondement mené. « Ce titre est complètement différent des deux autres, mais c’est le plus beau, tant sur le plan collectif que sur le plan individuel. Revenir comme j’ai fait sur Julian (Alaphilippe), qui est le meilleur puncheur du monde actuellement… C’est un titre exceptionnel », s’est félicité Arnaud Démare, désormais triple champion de France.

 

Après le maillot bleu-blanc-rouge, le Picard aurait pu décrocher un autre maillot distinctif, celui de champion d’Europe. Il s’en est fallu de quelques centimètres face à l’Italien Giacomo Nizzolo, sur le circuit peu sélectif de Plouay. « Nizzolo lance, ça se joue à peu de choses mais je fais deuxième. J’ai été battu par plus fort, il a bien manœuvré. C’était un sprint très rapide malgré le faux-plat montant car on avait un vent favorable. Je suis forcément un peu déçu, mais cela fait un mois que toutes les courses sont exceptionnelles. J’aurais préféré gagner, mais une deuxième place, c’est bien quand même. On ne peut pas gagner à tous les coups », explique-t-il. Une médaille d’argent qui ne ternit en rien un été exceptionnel, avec 9 victoires en 17 jours de course !

 

 

 

Le Giro plutôt que les Classiques

Car la moisson d’Arnaud Démare ne s’arrête pas aux Championnats de France. Pour finir un cycle de compétition, le sprinteur français – avec son nouveau maillot de champion de France – était sur les routes du Tour du Poitou-Charentes. Là encore, Démare et ses coéquipiers ont parfaitement manœuvré, puisque le Picard s’est adjugé trois étapes (la première, la deuxième et la cinquième) et le classement général. « Neuf victoires, coup sur coup, c’est génial ! C’est super pour clôturer ce mois d’août extraordinaire, durant lequel l’équipe entière a été exceptionnelle », se réjouit le coureur du peloton le plus prolifique au mois d’août.

 

Pour son directeur sportif, Frédéric Guesdon, c’est un juste retour des choses : « Arnaud (Démare) n’a pas vécu un début de saison facile, entre le confinement sur l’UAE Tour, le confinement en France et sa fracture du scaphoïde, mais il s’est bien remis en question et il s’est super bien entraîné. Il est arrivé très motivé au mois d’août, avec l’envie de gagner. Il marchait fort immédiatement, et le groupe autour de lui s’est donc senti obligé d’être à la hauteur. Quand on a un leader si fort, ça tire tout le monde vers le haut. »

 

Désormais lié à la formation Groupama-FDJ pour les trois prochaines années, jusqu’en 2023, Arnaud Démare va tenter de poursuivre sa moisson de victoires sur les routes du Giro au mois d’octobre. La saison dernière, il y avait levé les bras pour la première fois de sa carrière. Avec le calendrier remodelé, sa participation au Tour d’Italie le privera de Gand-Wevelgem et Paris-Roubaix, deux courses qu’il devait disputer, mais qui ont été fixées les 11 et 25 octobre. Pas d’Enfer du Nord pour Arnaud Démare cette année, mais un record de victoires (15 en 2014) possible à égaler en cette fin de saison. Nul doute que ce serait le paradis, pour la Groupama-FDJ.

 

 

Crédit photo : LaPresse / Icon Sport
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