Thomas Ginsbourger : « Professionnaliser les intervenants du sport & cancer »

Lauréat du « Prix Spécial du Jury » lors des Trophées Sport et Management 2018, Thomas Ginsbourger nous explique que la CAMI Sport & Cancer souhaite professionnaliser les intervenants de l’association.

 

Thomas, vous avez obtenu le « Prix Spécial du Jury » lors de la cérémonie des Trophées Sport et Management 2018. Que cela représente-t-il pour vous ?

C’est une reconnaissance de notre travail mené auprès des patients depuis 18 ans. A fortiori car nous avons obtenu le Prix spécial du jury présidé par Patrice Hagelauer (ancien DTN de la Fédération française de tennis) et où l’on retrouvait par exemple Régis Juanico (député de la Loire), Jean-Luc Sadik (président de TPS Conseil) ou Bernard Lapasset (ancien président de l’International Rugby Board). Comme tous les prix c’est gratifiant. Mais ça l’est d’autant plus au vu de l’expertise et de la notoriété de ces personnalités qui composaient le jury.

Comment en êtes-vous venu à intégrer l’association CAMI ?

Cela fait désormais deux ans et 1/2 que je travaille à la CAMI. Avant cela, j’ai obtenu une thèse en STAPS sur le sujet « Sport et Cancer ». Dans la continuité de mon doctorat, je cherchais un emploi dans ce secteur. La CAMI étant la structure référente sur le sujet, c’est tout naturellement que je les aient sollicité. A cette époque, la CAMI était à un moment de son histoire où elle se développait et se structurait. Elle avait des besoins de recrutement. Ils cherchaient notamment un coordonnateur national pour mettre en œuvre leurs dispositifs intrahospitaliers. Mon doctorat portait sur la question de la coordination. Mon profil étant en adéquation avec les besoins de la CAMI, ils m’ont embauché. 

Un diplôme en développement

L’association propose depuis 2009 le diplôme universitaire « Sport et Cancer », porté sur la thérapie sportive. En quoi consiste-t-il ?

L’idée fondatrice de la CAMI c’est de proposer des programmes de thérapie sportive aux patients qui ont un cancer car l’on sait que cela va diminuer leurs effets secondaires, améliorer leur qualité de vie et participer à diminuer leur risque de récidive. Mais pour les prendre en charge, il faut que nos intervenants soient professionnels et compétents, donc formés. Vous avez en grande majorité les STAPS-APA qui se positionnent sur ce secteur et quelques Brevets d’État, et parfois des kinés ou des infirmières. La majorité de ces personnes ont généralement une formation initiale assez globale sur le sport santé, mais ne sont pas toujours formés sur le sujet du cancer. La CAMI, avec Paris 13, a monté ce diplôme en 2009 afin de leur proposer une véritable spécialisation sur la thématique du cancer. Pendant un an, ils apprennent ce qu’est un cancer, ce qu’est un traitement, un effet secondaire, comment prendre en compte les capacités et les besoins physiques de ces patients, etc. Cet enseignement est notamment dispensé par des oncologues et des psychologues, donc des personnes expertes du sujet.

Avez-vous des projets ou des idées futures pour faire évoluer cette initiative ?

Actuellement, il n’y a qu’un Diplôme Universitaire, qui est sur Paris, ce qui peut être rédhibitoire pour des personnes qui habitent en région. Tout le monde ne peut pas venir à Paris à raison d’un week par mois pendant un an. L’idée c’est donc de dupliquer ce DU. On est en discussions avancées avec l’Université de Nice et, en septembre 2019, le diplôme devrait être dupliqué là-bas. On a aussi quelques contacts, embryonnaires pour le moment, avec d’autres universités. Maintenant on est tout à fait ouverts à ceux qui souhaiteraient dupliquer le DU pour qu’il soit plus accessible aux personnes qui souhaiteraient être formées.

Propos recueillis par Maxime Charasse
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