Championne du monde IBO mi-mouche chez les professionnelles (7 combats, 7 victoires) et membre de l’équipe de France olympique depuis 2017, Romane Moulai, 26 ans, défendra son titre le samedi 7 février 2026 lors du gala Marseille Boxe Solidaire, dans sa ville, face à l’invaincue Philippine Althea Shine Pores.
Vous allez défendre votre titre à Marseille, qu’est-ce que ce rendez-vous représente pour vous ?
Le premier point c’est que c’est à Marseille, dans ma ville. C’est quelque chose qui me tient à cœur, parce que j’ai fait le sacrifice de m’installer à Paris pour des raisons de progression. Et donc là, c’est un petit peu comme le spartiate qui est parti en mission et qui revient sur ses terres pour accomplir son devoir. Je trouve ça super de pouvoir défendre mon titre à Marseille.
Le fait de boxer « à la maison » a-t-il changé votre approche du combat ?
La préparation reste la même, mais forcément, ça met un petit stress en plus, puisque ça sera avec mon public, devant ma famille et mes amis. Forcément, je n’ai pas envie de décevoir. Et c’est le moyen de prouver que le fait que je sois partie à Paris pour progresser, c’était la bonne solution.
Comment gérez-vous ce stress, entre enjeu mondial et émotion marseillaise ?
On va dire que le stress, il est camouflé par autre chose, par l’excitation de combattre à Marseille. J’ai vraiment hâte, parce que j’ai envie de faire du show, comme je l’ai dit précédemment, de prouver que j’ai progressé et forcément de ramener la ceinture à la maison. Il y a pas mal de personnes qui n’ont pas cru en moi à mes débuts et qui seront peut-être présentes. À l’inverse, il y a aussi celles qui ont cru en moi dès le départ et à qui j’ai envie de montrer qu’elles avaient raison et surtout de dire merci.
D’ici le combat, que vous reste-t-il à faire ?
Il faut que je perde le poids. Et ensuite, on s’est fixé sur l’adversaire. On a visionné ses vidéos. Ce n’est pas une adversaire à prendre à la légère, elle est en équipe des Philippines et elle a un peu le même parcours que moi. Elle a 7 combats, 7 victoires. Ça va être un combat de haut niveau.
Le jour J, qu’est-ce que vous souhaitez montrer ?
Il y a pas mal d’a priori sur les femmes, notamment qu’un combat féminin ne peut pas être spectaculaire, ne peut pas faire le show. Donc je veux prouver l’inverse. La deuxième chose, c’est de montrer qu’il faut croire en ses rêves. Parce que j’ai commencé la boxe assez tard, à 16 ans et il y a pas mal de gens qui ne croyaient pas en moi et qui aujourd’hui me félicitent. Au début, quand je disais que je voulais faire les Jeux Olympiques, on me prenait un petit peu pour une folle. La seule personne qui croyait vraiment en moi, hormis ma famille, c’était mon entraîneur à l’époque. Donc je veux transmettre ce message, que ce soit aux jeunes de cette ville ou d’ailleurs, de croire en ses rêves.
Après ce combat, comment va se passer la suite ?
Juste après on va rentrer dans la phase de préparation pour Los Angeles 2028, donc ça va être que de l’amateur. Au niveau professionnel, on va aussi essayer d’aller chercher les autres ceintures et après sur le long terme être au sommet de la boxe féminine.
Avez-vous quelque chose à ajouter ?
J’aimerais bien ajouter un mot sur sur Yacine Berrabah, qui est l’un des organisateurs de la soirée. Il m’avait contacté en 2022, alors que je n’étais pas encore professionnelle, je venais d’être championne d’Europe U22 chez les amateurs, j’avais 20 ans et il m’avait demandé si j’allais passer professionnelle. Je lui avais répondu que ça serait sûrement l’année suivante et au final, ça s’est passée que quatre ans après, donc l’année dernière. Il m’a alors recontactée et il m’a dit, je vais t’organiser ton championnat du monde à Marseille. Et là, ça s’est fait, donc c’est vraiment cool. C’est quelqu’un qui a cru en moi dès le début et qui a tenu parole.





















