Depuis fin juin, un mur de la Butte aux Cailles arbore un portrait géant de Rafael Nadal, peint par l’artiste brésilien Rafamon. Problème ? La copropriété n’a jamais donné son accord, et exige désormais d’effacer la fresque.
Un hommage haut en couleur au « Taureau de Manacor »
L’idée est venue du propriétaire du Café des Tanneurs, situé sur la Butte, comme le rapporte Le Parisien. Rafamon, qui compte 125 000 abonnés sur Instagram, a représenté la star espagnole du tennis dans des tons ocre et bleu, vêtu d’un débardeur et d’un bandeau, le poing serré. Il est entouré de la fameuse devise du court Philippe-Chatrier : « La victoire appartient au plus opiniâtre. »
Sans permis, ça change tout
Le hic, c’est que les propriétaires du mur n’ont jamais donné leur accord pour ce projet. L’association des copropriétaires a adressé une mise en demeure au propriétaire du café pour qu’il repeigne la façade. À défaut, elle s’en chargera à ses frais. « J’avoue, je n’avais pas d’autorisation », a reconnu le restaurateur, avant de justifier son geste : « Mais c’est aussi l’esprit de la Butte aux Cailles d’avoir de beaux graffs qui rendent le quartier plus beau. »
Dans ce quartier, réputé pour son art urbain, l’initiative a divisé l’opinion. « Je ne suis pas contre, mais le faire sans demander, évidemment que ça ne fonctionne pas comme ça », a souligné un commerçant interrogé par Le Figaro. Le maire du 13e arrondissement, Jérôme Coumet, a également exprimé son soutien à l’association des copropriétaires. « Oui, la fresque est plutôt sympathique, mais ramener une nacelle et faire une fresque sans autorisation, c’est culotté. », a-t-il temporisé.
L’artiste accepte l’idée que son œuvre puisse être retirée
Rafamon insiste sur le fait qu’elle a agi de bonne foi. « Je l’ai réalisée en toute bonne foi, en pensant évidemment que toutes les autorisations nécessaires avaient été obtenues, puisque c’est le propriétaire lui-même qui m’a proposé le projet », explique-t-elle au Figaro. Habituée à la précarité de l’art urbain, elle relativise : « J’ai appris, au fil de toutes ces années, qu’il est par nature éphémère. » L’artiste avait également peint Zinédine Zidane juste en face du café début juin. Une œuvre qui, pour sa part, n’a jusqu’à présent suscité aucune polémique.
























