Organisée par le Lions Club Paris Helen Keller, la Lions Paris 9 Run s’impose comme un rendez-vous incontournable du running solidaire dans la capitale. Pour cette nouvelle édition, qui aura lieu le dimanche 31 mai 2026, l’événement affiche complet et poursuit un objectif clair : soutenir l’éducation des personnes en situation de handicap. Adrien Broult, organisateur de la course, revient sur la dynamique de l’événement et ses enjeux.
Pouvez-vous revenir sur la genèse de cette course et sur ses origines ?
C’est la 7e année qu’on organise cette course. Toute l’équipe d’organisation est membre du Lions Clubs International, un mouvement qui vient des États-Unis et qui est globalement la première ONG au monde. Elle se décline avec ce qu’on appelle des clubs. Et notre club, du 9ème arrondissement de Paris, qui a 11 ans d’existence, a décidé de prendre Helen Keller comme figure. Donc nous, tout naturellement, on a orienté notre course vers l’éducation et le handicap, puisque le but du Lions Club c’est de mener des actions, de lever des fonds et d’accompagner chaque besoin qu’il peut y avoir dans la vie.
Le choix d’orienter les fonds vers l’éducation liée au handicap s’est-il imposé naturellement ?
Pendant les premières années, notre objectif, c’était de pouvoir offrir un chien guide et on a réussi à le financer. Après, on voyait aussi que le nombre d’inscrits augmentait et donc on voulait prendre une dimension un peu plus importante, diversifier et pouvoir peser un peu plus là où il y avait des réels besoins. Et donc depuis l’année dernière, pour nous, ça a trouvé son sens d’aller au contact des écoles du 9ème et des différentes entités publiques pour connaître exactement leurs besoins. L’idée n’est plus de faire un gros chèque, mais plein de dons ultra-ciblés, ultra-concrets pour aider les différents organismes publics sur ce thème.
Combien de personnes sont inscrites pour l’instant ?
Le running est en grande progression. Nous, on le voit, en 2019, on avait réuni 400 coureurs. Cette année, on a vendu tous nos dossards début mars pour une édition fin mai. Et on aura 3 000 coureurs, 2 600 sur le 10 km, 400 personnes sur le 5 km et après, on aura 200 enfants sur tous les familles. L’année dernière avec 1700 coureurs, on a levé plus de 20 000 euros qui ont pu aller au Fonds Helen Keller.
Concrètement, comment s’assure-t-on que ces fonds ont un impact réel et mesurable sur le terrain ?
Chaque euro qui vient des bénéfices de la course est reversé entièrement. Il n’y a pas de frais cachés. Et cela permet d’avoir du matériel pédagogique adapté, donc des livres en braille, des logiciels spécifiques, des outils sensoriels pour des enfants avec un handicap, des programmes d’accompagnement individualisés pour des enfants, mais aussi pour les familles, les parents, l’accompagnement à la formation pour des enseignants et vis-à-vis de certaines écoles, des programmes pour aller voir des spectacles qui sensibilisent sur le handicap. Après, nous, en tant que Lions Club, on a aussi reversé une partie à notre fondation internationale qui aide sur tous les thèmes liés aux Lions Clubs, notamment la cécité, le cancer infantile, le diabète et aussi les catastrophes naturelles.
Comment expliquez-vous l’engouement croissant autour de cet événement au fil des années ?
Je pense qu’il y a plusieurs choses. D’abord, on a la chance d’avoir des prestataires et quelques sponsors qui nous permettent d’avoir un prix de dossard qui est relativement faible. Pour vous donner un ordre d’idée, le premier prix quand on a ouvert les inscriptions, c’était 21 euros. Le dossard, il est monté jusqu’à 23 euros, qui à notre sens reste accessible. Je pense que la cause aussi permet d’aider, il y a un côté social et humanitaire. Je pense que les gens viennent courir, se dépasser, se mettre des objectifs, quels qu’ils soient et je pense que la cause parle aux gens. On essaye d’être le plus transparent possible à travers le fonds et ce qu’on met en action. Et je pense que c’est ce qui rassure.
Concrètement, comment s’organise un événement de cette ampleur sur le plan logistique et humain ?
C’est un gros challenge. On est tous bénévoles à bosser un peu les soirs, à certains de nos week-ends. On a la chance et c’est vrai qu’il ne faut pas l’oublier que la mairie du 9ème soit co-organisatrice avec nous et donc on a certaines facilités notamment pour tout ce qui est logistique. Après on va avoir à peu près 200 bénévoles qui vont venir nous aider. Il y a eu un effet JO 2024 qui a été assez fort sur le bénévolat et il y a des bénévoles qui reviennent tous les ans à notre course parce que c’est pour une bonne cause. C’est aussi important pour nous, de mettre un cadre familial, que ce soit pour les coureurs, mais aussi pour nos bénévoles. On a par exemple prévu un déjeuner après course avec tous les bénévoles. Le jour J, ils sont présents avant les coureurs et ils seront toujours présents après le départ des coureurs, donc on essaye quand même d’en prendre soin et de les remercier de nous aider parce que sans eux, la course ne se tiendrait pas.
Comment concevez-vous le tracé du parcours ?
Il y a des logiciels en ligne qui nous permettent de faire un premier tracé, on le fait nous-mêmes, on voit un petit peu la distance et après je vais les essayer. Je cours pas mal de mon côté, comme le jour J, je ne peux pas faire le parcours, ça me permet de le faire un peu en amont et de le tester, voir s’il est pas mal. Il y a beaucoup de coureurs qui nous ont dit qu’ils venaient sur les 10 km parce que ça monte. On a cette année 110/120 de dénivelé positif. Après, vous avez tout autant de dénivelé négatif, bien évidemment. Mais beaucoup de coureurs reviennent parce que ça grimpe un petit peu.
Pourquoi avoir proposé plusieurs formats de course ?
Historiquement on avait toujours deux formats. On avait le 10 km et après la course des enfants, qu’on appelle la Foulée des familles, qui fait 1,5 km. Ça c’est depuis 2019. Et l’année dernière, on s’est dit que pour des personnes qui démarrent le running, passer d’un petit footing directement à 10 km, c’était peut-être un peu dur. Et donc dans l’optique de conserver ce côté accessible à tous, on a réussi à faire un parcours de 5 km, qui globalement, emprunte à une heure près le parcours de 10 km.
Quels sont vos objectifs pour l’avenir de l’événement ?
On échange beaucoup avec des confrères sur d’autres courses, qui ont leur organisation, on n’a pas forcément les mêmes buts et tous me disent qu’on pourrait augmenter la jauge un peu plus et ça aurait marché. Nous on garde cette humilité de dire qu’on est bénévoles et qu’on veut progresser étape par étape. L’année dernière, on avait déjà 1 700 coureurs, soit 1300 coureurs en plus cette année, avec une édition de 5 km, donc on y va progressivement. On a plus des pistes pour l’année prochaine, pour essayer d’améliorer l’expérience sur la course. Ce sera toujours une grande fête du running, du dépassement de soi, le tout dans un but humanitaire et solidaire. On a des projets pour l’année prochaine, on a déjà quelques idées, on réfléchit à d’autres formats.
Que permet selon vous un événement sportif solidaire comme celui-ci ?
Le modèle de la course touche un public sportif avec des objectifs variés, mais l’ajout d’une dimension humanitaire change la perception : il ne s’agit pas seulement de donner, mais aussi de recevoir quelque chose en retour, qu’il soit symbolique ou personnel. Aujourd’hui, beaucoup d’actions associatives fonctionnent ainsi. Dans notre cas, les participants se dépassent, prennent un moment pour eux et contribuent à une cause. L’an dernier, 80 % du prix du dossard a été reversé. Cette combinaison entre effort personnel et engagement solidaire permet, à mon sens, de joindre l’utile à l’agréable.





























