Dans le monde du sport, on a longtemps cru que le mental était une donnée innée : on naît gagneur ou on ne l’est pas. Romain Bet, en Sciences Cognitives et président de Mentaïa, brise ce mythe. Avec son application issue de la recherche scientifique, il démocratise la préparation mentale pour la rendre aussi accessible qu’une paire de baskets.
Pour beaucoup d’athlètes, l’entraînement se résume à une répétition de gestes techniques et à une préparation physique intense. Pourtant, au moment crucial de la compétition, c’est souvent « dans la tête » que tout se joue. C’est de ce constat qu’est née Mentaïa. « Souvent, les sportifs s’entraînent physiquement et techniquement, mais oublient le mental, alors que c’est ce qui fait la différence lors des moments cruciaux », explique Romain Bet.
L’ambition est claire : offrir à chaque pratiquant, quel que soit son niveau, les outils des champions. « Mentaïa est une application de préparation mentale qu’on propose à n’importe quel sportif, peu importe son sport et peu importe son niveau. » Finie l’époque où la psychologie du sport était réservée à l’élite.
Une science de pointe au creux de la main
Ce qui distingue Mentaïa de la myriade d’applications de bien-être, c’est son ADN scientifique. Le projet n’est pas né d’une simple idée marketing, mais des laboratoires de recherche lyonnais. « C’est une application scientifique issue de deux laboratoires de recherche à Lyon. Moi-même, j’ai un doctorat en sciences cognitives et neurosciences », précise le fondateur.
L’application s’appuie sur les travaux de deux entités majeures : le laboratoire L-ViS, spécialisé en psychologie du sport, et le laboratoire EMC (Étude des Mécanismes Cognitifs). « Tout ce que nous proposons est validé scientifiquement. Les programmes sont basés sur des protocoles de recherche qui ont prouvé leur efficacité sur des athlètes », assure Romain Bet.
L’algorithme de Mentaïa, développé depuis 2022, ne se contente pas de donner des conseils génériques. Il travaille sur cinq habilités cognitives fondamentales identifiées par la recherche : la concentration, la confiance, la motivation, la gestion des pensées et le contrôle des émotions.
Une expérience ultra-personnalisée
Dès l’ouverture de l’application, l’utilisateur est guidé vers un parcours sur-mesure. « L’application s’adapte au sportif », confie Romain Bet. « En gros, quand tu vas rentrer dans l’application, on va te demander un petit peu ton sport, ton niveau, tes objectifs, tes motivations, et il va y avoir une utilisation complètement différente d’une personne à l’autre. »
Romain Bet illustre cette flexibilité par des exemples concrets. « Si toi, tu es un très bon joueur de tennis et tu veux remporter un tournoi de ta région prochainement, il va y avoir un programme qui va être différent d’une jeune joueuse de rugby en sport d’équipe qui se met au rugby, ou de quelqu’un qui veut faire un marathon dans deux mois. »
Pas besoin de bloquer des heures dans son agenda. L’efficacité réside dans la régularité. « Ce sont des séances assez courtes, qui durent entre 5 et 10 minutes. » L’imagerie mentale est d’ailleurs un point fort de l’outil : « Cela consiste à se projeter dans sa performance, à s’imaginer en train de réussir son geste technique ou sa course. C’est une technique très efficace pour améliorer la performance. »
Démocratiser la préparation mentale
L’un des freins historiques à la préparation mentale était financier. Un préparateur mental en cabinet facture souvent entre 80 et 100 € de l’heure. Mentaïa renverse la table. « Nous, ce qu’on propose, c’est que c’est à peu près 100 €, mais pour toute l’année. Tu as un préparateur mental dans ta poche toute l’année pour moins de 100 €. »
Cette accessibilité s’adresse aussi aux clubs. « On vend pas mal à des clubs. On va leur donner 20, 30, 50 licences et le club va les redonner à ses sportifs. » Pour les entraîneurs, c’est un gain de temps et d’expertise : « On leur donne des tips, des petites fiches pratiques et on les aide sur le terrain à mieux aider sur cette dimension. »
L’entreprise, créée en 2024, ne compte pas s’arrêter là. « On travaille sur l’intelligence artificielle pour que l’application soit encore plus prédictive et personnalisée. On aimerait que l’application puisse dire au sportif : « Aujourd’hui, vu ton état de fatigue et tes dernières performances, on te conseille plutôt tel exercice ». » L’enjeu final est culturel. « Notre défi est de créer cette habitude chez le sportif pour qu’il voie les bénéfices sur le long terme. On veut que demain, préparer son mental soit aussi naturel que de mettre ses baskets pour aller courir. »
Plus d’informations sur https://mentaia.com/


























