Marie-France Garreau Dje : « Aller jusqu'à Paris »
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Marie-France Garreau Dje : « Aller jusqu’à Paris »

Le Cannet Media / LNV

Après avoir successivement battu les deux leaders de Ligue A féminine de volley, Cannes et Béziers, Le Cannet retrouve Cannes ce soir en demi-finale de la Coupe de France, avec l’objectif de gagner sa place en finale. La centrale internationale Marie-France Garreau Dje évoque ce derby forcément particulier…

 

Le Cannet vient de battre Cannes et Béziers, peut-on dire que l’équipe monte en puissance ?

Oui, par rapport au début de saison qui avait été plus difficile, nous marchons bien en ce moment, surtout depuis que notre passeuse et notre pointue sont arrivées (la Serbe Bojana Zivkovic et la Cubaine Heydi Casanova). L’équipe a beaucoup changé et ces renforts nous ont permis de battre Cannes sur un score auquel je ne m’attendais pas forcément, je pensais que nous pouvions les battre, mais pas 3-0, puis Béziers ce week-end.

Concrètement, que vous ont apporté Bojana Zivkovic et Heydi Casanova ?

Notre passeuse nous a apporté plus de stabilité, son énergie, son expérience et son savoir-faire, c’est l’une des meilleures passeuses du monde et son jeu est difficile à lire. Quant à notre pointue, elle nous apporte sa puissance, elle saute haut et tape très fort. Les deux réunies nous apportent beaucoup.

Vous parliez de début de saison difficile, était-ce dû au fait que vous ayez dû vous adapter à un nouvel entraîneur, avec l’arrivée de Dragudin Baltic l’été dernier ?

C’est vrai qu’il est arrivé avec ses méthodes, différentes du précédent entraîneur, avec beaucoup de travail tactique, de positionnement, un peu moins de technique, cela nous a pris un peu de temps, des semaines et des matchs, pour assimiler tout ça. Il y avait aussi la barrière de la langue, parce que notre coach ne parle pas anglais, il fallait donc passer par la traduction du préparateur physique et de certaines joueuses, mais aujourd’hui, ça se passe mieux, parce qu’il s’efforce de parler plus anglais et de toute façon, nous parlons le même langage, celui du volley !

Vous restez sur cinq victoires consécutives en Ligue A, vous êtes en demi-finales de la Coupe de France, Le Cannet peut-il être l’épouvantail de la fin de saison ?

Oui, c’est ce que nous espérons. Nous sommes passées de la onzième place, après la perte de nos six points (suite à une décision de la Commission d’Aide et de Contrôle des Clubs Professionnels de la LNV), à la cinquième, nous sentons que les autres équipes nous craignent. Après, on ne s’emballe pas, on va continuer à travailler et à ne rien lâcher pour essayer de battre tout le monde.

Vous avez donc récemment battu Cannes 3-0 au Palais des Victoires, cela vous confère-t-il un avantage psychologique au moment de retrouver les Cannoises mardi au même endroit en demi-finale de la Coupe ?

Disons que cela nous permet d’aborder ce match confiantes, mais ce n’est pas parce que nous les avons battues il y a dix jours que ce sera la même chose mardi, nous repartons de zéro, mais avec la volonté d’enfoncer encore Cannes.

Un derby Cannes-Le Cannet, est-ce un match particulier ?

Oui, cela fait maintenant deux ans que je joue au Cannet et je peux vous confirmer que ce derby, c’est un match toujours chaud, c’est un peu comme si on était dans un stade de foot, les deux équipes ne se font pas de cadeaux et les supporters sont à fond derrière leurs joueuses.

Quels sont les dangers de cette équipe de Cannes ?

Toutes les joueuses de Cannes sont très bonnes, mais on craint particulièrement Christina Bauer au centre, avec sa taille et son bloc, Myriam Kloster, Nadia Centoni aussi, on va forcément plus se focaliser sur ces trois joueuses pour essayer de les contrarier.

La perspective de jouer une deuxième finale à Coubertin en moins d’un an, après celle perdue en Championnat contre Mulhouse en mai dernier, est-elle une source de motivation importante ?

Oui, clairement, nous n’avons pas fait tout ce chemin pour s’arrêter en demi-finale. Dans notre tête, nous n’avons qu’un objectif : aller jusqu’à Paris. Maintenant, même si c’est Cannes en face, nous préparons ce match comme un autre, c’est un match à gagner avec une belle récompense au bout, un bonus.

A titre personnel, vous jouez un peu moins des derniers temps, pourquoi ?

C’est vrai que j’avais très bien débuté la saison et là, ça fait quatre matchs que je joue moins. Cela s’explique d’abord par des blessures : après la longue saison internationale que nous avons eue l’été dernier en équipe de France, je ne me suis pas du tout reposée, si bien qu’à force, j’ai commencé à fatiguer et je me suis blessée aux deux genoux. J’ai des fissures au niveau du genou gauche et j’ai des inflammations au genou droit. Nous essayons de les soigner chaque jour avec le kiné, mais du coup, je me suis moins entraînée ces temps-ci, je n’ai pas travaillé autant que les autres, c’est pour ça que je joue moins. Maintenant, l’important, c’est qu’on gagne des matchs et je vais tout faire pour jouer le plus possible, ce n’est pas dans mon caractère de renoncer et j’espère bien reprendre ma place.

Pour revenir sur cet été international, comment l’avez-vous vécu à titre personnel et collectif ?

C’était déjà une surprise pour moi d’être appelée en équipe nationale pour la première fois. Pendant des années, j’en ai rêvé, c’était mon objectif de jouer un jour en équipe de France, donc j’étais très contente. J’ai rejoint le stage à Belfort dès le lendemain de la finale du Championnat à Paris, j’ai été très bien accueillie par le groupe. Cet été a été très riche en émotions, j’ai beaucoup appris, c’était un truc de fou de jouer contre autant d’équipes internationales, nous avons découvert d’autres volleys, affronté des filles plus hautes que celles que nous avons l’habitude de voir dans notre Championnat. Et au niveau des résultats, nous avons réussi à terminer troisièmes du troisième groupe du World Grand Prix, je pense nous avons fait nos preuves avec cette nouvelle équipe de France. Donc ça reste un très bon souvenir et ça donne envie de revenir, j’espère encore être dans cette équipe de France pour longtemps.

Vous avez 25 ans, vous en aurez 32 au moment des JO de 2024 à Paris, voyez-vous jusque-là ?

Bien sûr, si je pouvais terminer ma carrière sur des JO à Paris, ce serait magnifique ! Maintenant, je sais aussi que derrière moi, il y aura des jeunes performantes avec du potentiel, on verra.

La rédaction

 

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