Après avoir équipé les Jeux Olympiques de Paris 2024, SportCom accélère sa mutation. Entre diversification vers le MMA et le fitness, innovation normative et ambition internationale, l’entreprise française s’impose comme la référence des équipements de sports de combat. Plus de détails avec Veneta Georgieva, Directrice Générale chez SportCom.
Aujourd’hui, que représente SportCom ?
SportCom a beaucoup changé depuis cinq ans, que ce soit dans la façon de faire ou la structuration. La grande nouveauté de cette année, c’est que nous sommes désormais deux associés. En devenant co actionnaire aux côtés de Jean-René Savary, nous gérons désormais l’activité conjointement et le duo est plutôt efficace.
Aujourd’hui, nous sommes beaucoup plus structurés et nous nous adressons à tous les sports de combat, pas uniquement à la boxe. Historiquement, Jean-René était boxeur, donc c’était très ciblé Boxe, mais aujourd’hui nous livrons et installons partout en Europe et même dans le monde entier. Nous sommes vraiment orientés vers l’international. L’équipe compte entre 20 et 25 personnes selon les périodes. Nous avons clôturé l’année 2025 au-delà des objectifs fixés. C’est le fruit d’un travail acharné et d’une capacité d’adaptation constante.
À quel point l’export est désormais un point fort pour SportCom ?
Actuellement, l’export représente 30 % de notre activité. Notre ligne conductrice est d’atteindre les 50 %. C’est vraiment notre objectif majeur. Nous avons également été fournisseur officiel pour Paris 2024, ce qui a représenté un travail colossal durant les deux années précédant les Jeux Olympiques. C’était une expérience incroyable car nous avons fourni l’équipement pour Paris, mais également pour les pré qualifications en Italie et en Thaïlande.
Quel impact ces Jeux Olympiques ont-ils eu sur le développement récent de SportCom ?
C’est encore un peu tôt pour le dire. Pour nous, c’était principalement un investissement marketing. En tant que fournisseur officiel, nous prêtons ou donnons le matériel, contrairement à une société qui remporterait un appel d’offres classique.
Cependant, nous avons pu prouver notre capacité en termes de produits mais aussi de services. Nous étions présents jour et nuit, changeant les bâches parfois jusqu’à 3 heures du matin. Ils ont vu que nous étions sérieux. En Thaïlande, par exemple, suite aux pré-qualifications, la fédération locale est en train de finaliser un centre olympique de huit étages dédié à la boxe anglaise. Nous allons installer deux étages complets avec 8 à 10 rings, des rails avec de sacs de frappe, etc. C’est une retombée directe des JO. Cela nous aide énormément dans notre discours commercial au quotidien ; le titre de « fournisseur des JO », deux fois en plus, ouvre des portes.
Vous mentionniez que SportCom s’est diversifié au-delà de la boxe. Est-ce que l’émergence et la légalisation du MMA en France ont changé le visage de l’entreprise ?
Tout à fait. Nous sommes présents dans le MMA depuis une dizaine d’années, mais depuis sa légalisation en France, cela s’est accéléré. Nous faisons d’ailleurs partie de la commission AFNOR avec Jean-René pour créer une norme visant à protéger les athlètes aussi bien en conditions de compétition, qu’à d’entrainement. On voit un peu de tout en termes de cages, et la plupart des accidents arrivent à l’entraînement plutôt qu’en compétition. Cette norme sortira en fin 2026.
Nous avions déjà commencé à travailler sur des cages homologuées pour les compétitions internationales avec l’IMMAF (International Mixed Martial Arts Federation) à Bahreïn. Le défi aujourd’hui est de proposer des produits fiables et sécurisés, sans qu’ils soient excessivement plus chers que les produits importés de Chine. C’est notre véritable challenge.
Mettre en avant votre savoir-faire, c’est la priorité aujourd’hui ?
Absolument. Ce que nous voulons montrer, c’est que même si l’investissement initial est environ 30 % plus cher (mais pas le double), le produit dure beaucoup plus longtemps. Ainsi, nous évitons ces SAV et les problèmes que personne n’apprécie, ni les clients ni les fournisseurs et surtout, les pratiquants et les gérants de salles sont sereins à l’utilisation du matériel. C’est un investissement sûr et rassurant car le matériel respecte toutes les normes de sécurité.
Lors d’un appel d’offres international pour un centre olympique privé à Bahreïn, porté par un membre de la famille royale, nous étions en concurrence avec des fournisseurs du monde entier. Ils ont choisi SportCom après avoir comparé le prix, la technicité, la fonctionnalité, le design, les délais et les services. Ils ont préféré engager un investissement supérieur afin de bénéficier d’une véritable tranquillité d’esprit et d’un produit durable.
Comment se passe concrètement la collaboration avec les fédérations lors d’événements, comme pour les championnats de France de boxe en janvier ? Êtes-vous présents en amont et pendant l’événement ?
Nous sommes en contact permanent avec la Fédération Française de Boxe. Dominique Nato, son président, et Jean-René se connaissent et travaillent ensemble depuis plus de 20 ans. Jean-René est une véritable référence pour SportCom dans ce milieu, car la boxe lui tient profondément à cœur.
Nous communiquons constamment, que ce soit pour l’organisation d’événements ou l’accueil de délégations étrangères, comme lorsque nous avons reçu la Thaïlande à Nancy. Nous participons aussi à des salons, comme le Salon des Maires.
Ce réseau dans la boxe, le MMA ou la lutte vous pousse-t-il à investir de nouvelles disciplines où vous êtes peut-être moins présents aujourd’hui ?
La discipline qui explose en ce moment, c’est le Jiu-Jitsu Brésilien (JJB). C’est d’abord monté en puissance en Europe et maintenant c’est le cas en France. Cela représente désormais environ 20 % de notre clientèle.
Pour le JJB, nous ne nous contentons plus de simples tatamis ; nous sommes en train de créer une aire de compétition spécifique, qui ne sera ni une cage, ni un tapis classique, mais un concept totalement nouveau. Nous sommes également partenaires de la CFJJB.
Le Grappling se développe énormément aussi partout dans le monde. Pour le reste, nous sommes présents dans quasiment tous les sports de combat sans exception.
L’entreprise a beaucoup changé ces dernières années. Comment voyez-vous SportCom évoluer dans le futur ?
Nous avons énormément de projets. Pour 2026, nos priorités géographiques, après la France, sont l’Angleterre, l’Allemagne, l’Espagne et les pays nordiques. Nous observons aussi une explosion du secteur du fitness depuis trois ans. Nous travaillions avec les franchises de fitness les plus connues qui sont en expansion totale partout en Europe. Aujourd’hui, tout le monde veut son ring ou sa cage dans son club de sport. C’est une tendance forte que nous allons suivre au moins pendant les cinq prochaines années avant que le marché ne sature.
Y a-t-il d’autres marchés plus lointains qui vous intéressent ?
Nous aimerions beaucoup ouvrir le marché de l’Arabie Saoudite. Il y a une demande énorme, ils sont très ouverts mais n’ont pas encore d’infrastructures de ce type. C’est le moment d’y aller. Nous allons d’ailleurs participer au salon Fibo Arabia en septembre prochain, qui est un salon de fitness intégrant les sports de combat.
Comment l’équipe de SportCom s’est-elle adaptée à cette accélération internationale ?
Au début, j’étais seule responsable de l’export. Puis j’ai eu un assistant, et suite au départ de notre directeur France, j’ai décidé de casser la séparation entre « France » et « Export ». J’ai créé une seule équipe de commerciaux mutli-langues et polyvalents capables de servir n’importe quel client dans le monde.
Désormais, tous nos collaborateurs parlent au minimum le français et l’anglais, et souvent une troisième langue. Nous recrutons des profils curieux, ayant voyagé et possédant une grande ouverture d’esprit. Cette culture internationale se reflète aujourd’hui dans toute l’entreprise.
