À l’heure de la rentrée scolaire, le Paris Saint-Germain a décidé de frapper fort. Les quelque 140 joueurs et joueuses du centre de formation vont devoir composer avec un tout nouveau plan « digital detox », pensé pour limiter leur temps passé sur smartphone.
Une heure par jour, maximum
« Elle peut paraître drastique. Mais cette mesure nous semble assez salutaire quand on voit à quel point l’addiction au téléphone peut être néfaste pour un jeune, et davantage pour un sportif de haut niveau », explique Medhi Rahoui, directeur de l’éducation au PSG. Concrètement, les jeunes de préformation, soit les collégiens âgés de 11 à 15 ans environ, n’auront désormais droit qu’à une heure par jour d’utilisation de leur téléphone.
Le club imposait déjà de rendre son téléphone le soir. Cette fois, l’accès sera autorisé qu’entre 19h30 et 20h30, et suppose même d’avoir une chambre propre et rangée pour y avoir droit. Le reste du temps, soit du dimanche soir au vendredi après-midi, tous les appareils sont stockés dans une grande mallette. Et cela y compris lors des déplacements : « Notre politique éducative a vocation à être mobile. Donc, lorsqu’ils partiront en match, la fameuse mallette prendra même l’avion », ironise Medhi Rahoui.
Une décision qui s’inscrit dans un mouvement plus large
Cette initiative survient alors que l’interdiction des téléphones portables, déjà en vigueur en primaire, en maternelle et au collège, va s’étendre au lycée dès la rentrée 2026. Le PSG a choisi d’aller plus loin en l’appliquant même en dehors des temps scolaires. Les jeunes de la formation, âgés de 16 ans et plus, restent eux aussi concernés, même si la restriction y est un peu moins stricte.
Le lien entre usage excessif des écrans et troubles du sommeil ou difficultés de concentration est d’ailleurs largement documenté. Une enquête menée par l’Observatoire régional de santé d’Île-de-France auprès de collégiens et lycéens franciliens confirme qu’un usage prolongé des écrans après le dîner est associé à un sommeil moins réparateur, un enjeu particulièrement sensible pour de jeunes sportifs de haut niveau.
Une pilule difficile à avaler, mais acceptée
Du côté des principaux concernés, l’adaptation ne se fait pas sans grincements de dents. « On n’est pas forcément très contents », confie Chlotilde Frèrejean, qui entame sa troisième année au Campus PSG, avant de nuancer : « On sait que c’est pour notre bien. On va aussi apprendre à vivre sans être attaché à notre téléphone. » Elle y voit même une occasion positive : « On peut un peu plus discuter entre nous ou faire nos devoirs. Ils mettent aussi en place beaucoup de choses pour nous pour s’amuser. »
Pour compenser, le club a notamment installé des pianos à différents endroits du campus. Sophie Perrichon, responsable extra-sportive au Campus PSG, le reconnaît : « Le plan digital detox, c’est bien. En revanche, ça veut dire qu’en termes de propositions et de contenus, on doit être encore plus riche et proposer davantage de choses diversifiées et attrayantes. »
Le staff médical et les psychologues du PSG dresseront un premier bilan de cette formule dès la mi-septembre, pour évaluer comment les jeunes vivent cette restriction. « On n’a pas envie de les lâcher dans la nature et que ce soit juste une action coercitive », conclut Medhi Rahoui.
