À la suite de la démission choc d’Edgar Grospiron, le comité d’organisation des Jeux Olympiques d’hiver Alpes 2030 installe son directeur général, Vincent Roberti, à la présidence par intérim. Un choix de continuité pragmatique pour stabiliser l’institution, mais qui révèle aussi l’urgence de rationaliser un chantier olympique sous haute pression.
Le feuilleton des Jeux d’hiver de 2030 dans les Alpes françaises vient d’enregistrer un énième soubresaut. Après le départ d’Edgar Grospiron de la présidence du COJOP (Comité d’organisation des Jeux Olympiques et Paralympiques), l’instance d’organisation a officialisé la désignation de Vincent Roberti pour assurer l’intérim.
Déjà directeur général de l’organisation — poste auquel il avait succédé à Cyril Linette au printemps dernier après d’intenses tensions internes —, l’ancien préfet du Tarn-et-Garonne hérite des commandes opérationnelles et politiques du projet olympique.
Le profil du serviteur de l’État pour colmater les brèches
« Suite à la révision des statuts par l’AG extraordinaire et au départ d’Edgar Grospiron, le bureau exécutif a nommé Vincent Roberti, directeur général, président par intérim du Comité d’organisation des Jeux olympiques et paralympiques d’hiver Alpes 2030, est-il indiqué dans le communiqué. Cette solution vise à garantir la stabilité de la gouvernance et la continuité des activités du Comité d’organisation dans l’attente de la désignation d’une nouvelle présidente ou d’un nouveau président », indique le COJP dans un communiqué.
La nomination de Vincent Roberti ne doit rien au hasard. Ingénieur de formation, haut fonctionnaire rodé aux arcanes territoriales et ancien préfet, Roberti incarne la figure classique du « gestionnaire de crise ». Là où Edgar Grospiron apportait la légitimité sportive, le charisme de champion olympique et l’ancrage haut-savoyard, Vincent Roberti offre un profil aux antipodes : rigueur administrative, maîtrise des processus budgétaires et parfaite connaissance des rouages étatiques.
Les chantiers brûlants d’une présidence transitoire
Si le COJOP rappelle qu’il s’agit d’une présidence par intérim dans l’attente de la désignation d’une nouvelle présidence définitive, l’agenda olympique, lui, ne subira aucun gel. La feuille de route de Vincent Roberti pour les semaines à venir s’annonce particulièrement dense : finaliser la carte définitive des sites, sécuriser le modèle financier et surtout préparer la gouvernance pérenne. Le rôle le plus délicat du président par intérim sera de préparer le terrain pour son successeur, en offrant à la future incarnation du COJOP une structure apaisée et assainie.
