Jiu-jitsu : à 14 ans, Rafael Derache enchaîne les titres et vise l’élite

Photo : Lu'nivers Production

À seulement 14 ans, Rafael Derache enchaîne les podiums et confirme, saison après saison, qu’il fait partie des profils à suivre de près dans le jiu-jitsu brésilien. Entre progression technique, gestion des blessures et passage imminent dans une nouvelle catégorie, le jeune combattant avance avec lucidité, entouré de sa famille et déjà tourné vers les exigences du haut niveau.

Le parcours impressionne d’abord par sa précocité. Rafael Derache n’a que 14 ans, mais son palmarès affiche déjà une régularité rare à cet âge. « Ça fait 4 ans que je pratique le Jujitsu en GI, donc avec un kimono et en NO-GI, en short et en rashguard. Et donc je suis 5 fois champion de Belgique, 8 fois champion de France, 2 fois champion d’Europe et une fois champion du monde. Et j’ai aussi gagné deux fois la médaille de bronze lors des championnats d’Europe. » Derrière les titres, il y a une construction progressive, marquée par l’apprentissage à l’Académie Aranha et la répétition.

Depuis ses débuts, le jeune combattant s’appuie sur un élément central : la technicité. « J’ai bien aimé le jiu-jitsu car c’est un sport de combat, qui est très axé sur la technique. J’ai vraiment aimé le fait qu’on peut toujours s’améliorer, qu’il y a toujours une nouvelle chose à apprendre. » Un rapport au sport basé sur la progression constante, où chaque séance devient une opportunité de corriger, d’affiner, de comprendre. Une logique qui se retrouve aujourd’hui dans son style de combat.

Une saison lancée entre confirmations et frustrations

La saison vient à peine de démarrer, mais les premiers résultats sont déjà là. Rafael Derache a rapidement trouvé ses repères pour sa première année avec la ceinture verte, enchaînant les compétitions avec efficacité. « Là, la saison, elle vient de commencer et ça va, j’ai assez bien commencé avec les championnats de France que j’ai gagnés, les championnats de Belgique où j’ai fait deuxième, le championnat d’Europe où j’ai fait troisième. » Le championnat de France, début avril, reste un moment à part. Une étape importante dans son évolution, à la fois symbolique et sportive.

« J’étais un peu stressé parce que c’est ma dernière année en « enfant » parce qu’après je passe en juvénile donc en ado. Je voulais vraiment gagner et ça va j’ai réussi à bien performer. » Sur le tapis, il impose son rythme. « En GI j’ai réussi à gagner par soumission et après en NO-GI j’ai gagné par points. » Une capacité à s’adapter aux situations, à alterner entre contrôle et efficacité. Mais le début de saison n’a pas été linéaire. Lors du championnat d’Europe à Dublin, le week-end d’après, une blessure vient freiner sa progression. « À la première minute de mon premier match, je me suis blessé au niveau du pouce et donc ça a été un peu handicapant pour le reste du match. » Malgré la douleur, il termine sur le podium. Une performance qui en dit long sur sa capacité à gérer l’imprévu.

Un style en évolution, entre maîtrise et modernité

Sur le plan technique, Rafael Derache construit son identité. Un style réfléchi, basé sur la gestion du tempo. « J’ai vraiment un style assez posé, les personnes peuvent se donner à fond, je vais savoir les contenir, je vais rester calme et au moment voulu je vais savoir attaquer sur mon jeu à moi. » Une approche qui s’appuie sur des bases solides, mais qui évolue avec le temps.

« Avant j’étais vraiment dans un jeu old school, donc l’ancienne partie du jiu-jitsu, c’est un jeu de base. Et là je me suis vraiment développé dans des techniques un peu plus spectaculaires, new school, comme le berimbolo ou plein de techniques comme ça qui sont un peu plus sur la scène actuelle. » Cette transition reflète une adaptation aux exigences actuelles du jiu-jitsu. Trouver l’équilibre entre fondamentaux et innovation, entre contrôle et créativité.

Entre transmission, exigence et projection vers l’avenir

Au-delà de la compétition, Rafael Derache s’inscrit déjà dans une dynamique de transmission. Depuis plus d’un an, il donne des cours aux plus jeunes. « Avec mon coach, je donne des cours aux enfants plus petits. » Une expérience qui nourrit aussi sa propre progression. « Ça me permet aussi de revoir mes techniques et en plus de ça, d’aider les enfants à découvrir un sport et peut-être avoir la même passion que moi. » Le rythme, lui, reste soutenu. Six jours d’entraînement par semaine, entre séances techniques et sparring. Une implication totale, qui commence à s’accompagner d’un travail physique plus structuré.

« Comme je vais avoir 15 ans au mois de juin, j’ai commencé un peu à m’axer sur la préparation physique, car la technique c’est très important, mais le physique ça joue aussi une partie dans le combat. » La suite s’annonce décisive. Le passage en catégorie juvénile va changer les repères, ouvrir à de nouvelles techniques et à une concurrence plus dense. « J’appréhende un peu, parce que ce sera de nouvelles techniques et une découverte. Mais j’ai vraiment hâte de pouvoir utiliser des soumissions sur les parties basses du corps. » Avec, en ligne de mire, des échéances importantes et des ambitions claires. « Progresser au maximum au niveau technique, me préparer à la ceinture bleue et donc faire un peu de préparation physique pour me préparer au mieux aux prochaines échéances en ceinture bleue.« 

Une année charnière vers le monde des grands

Cette transition s’accompagne d’un travail spécifique. Objectif : gagner en explosivité, en puissance, pour rivaliser avec des adversaires plus matures. Dans cette logique, un stage à Nantes pourrait marquer un tournant. Lors des championnats de France, un échange avec le sélectionneur de l’équipe de France a ouvert une porte. Rafael Derache pourrait intégrer un club à Nantes pendant les vacances scolaires, afin de bénéficier d’un sparring plus intense en complément de sa formation en Belgique.

Une étape importante pour préparer son passage en ceinture bleue et se confronter à une opposition plus proche du haut niveau. Car Rafael Derache aimerait intégrer les équipes de France. Une ambition assumée, dans un système où seuls une dizaine de jeunes sont sélectionnés chaque année à partir de la catégorie juvénile. À 14 ans, Rafael Derache avance encore entre deux mondes : celui de l’apprentissage et celui de la performance. Mais une chose se dessine déjà nettement. Sur les tapis, son nom commence à s’installer. Et son histoire, elle, ne fait que commencer.

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