Rugby – Thibaud Rey : « C’est énorme de retrouver la Pro D2 »

Crédit photo : Fédération Française de Rugby

Le Stade Niçois a validé son retour en Pro D2, un an après avoir quitté le deuxième échelon du rugby français. Une fierté pour le club azuréen, qui entend désormais se stabiliser.

Le rugby azuréen tient son exploit de l’année, et il restera gravé un bon moment dans les mémoires des supporters. Au terme d’un barrage d’accession (l’« Access Match ») étouffant et chargé d’électricité, le Stade Niçois a validé sa montée en Pro D2 en venant à bout du Stade Montois. Une performance monumentale qui propulse le club du président Régis Brandinelli dans une nouvelle dimension et redessine la carte du rugby professionnel français.

Pour les hommes en rouge et noir, ce match de la peur face à une écurie habituée aux joutes de la deuxième division représentait le sommet d’une saison déjà exceptionnelle. Face à l’expérience de Mont-de-Marsan, Nice a opposé ce qui fait sa force depuis des mois : un cœur immense, une solidarité défensive à toute épreuve et un réalisme froid dans les moments cruciaux.

Un bras de fer étouffant

Dès le coup d’envoi, l’enjeu a clairement pris le pas sur le jeu. Dans une atmosphère des grands jours, les deux formations se sont livrées à un véritable bras de fer territorial, où chaque centimètre carré de pelouse s’est négocié au prix fort. Les Landais, venus sur la Côte d’Azur avec la ferme intention de sauver leur place dans l’antichambre de l’élite, ont tenté d’imposer leur puissance physique et leur maîtrise collective. Mais c’était sans compter sur la dalle des Niçois.

Poussés par leur public, les Azuréens ont fait le dos rond lors des temps forts montois, s’appuyant sur une conquête solide et une agressivité positive dans les zones de ruck. À ce niveau-là, la discipline et la précision des buteurs font souvent basculer les destins. À ce petit jeu, Nice a su garder la tête froide, sanctionnant la moindre faute adverse pour alimenter le tableau d’affichage et faire douter une équipe landaise de plus en plus fébrile au fil des minutes.

La délivrance et l’entrée dans l’histoire

Quand le coup de sifflet final a retenti, c’est tout un stade qui a chaviré dans l’ivresse de la victoire. Les larmes des joueurs sur la pelouse en disaient long sur le poids de la performance. En s’adjugeant ce barrage d’accession, le Stade Niçois n’attrape pas seulement le bon wagon pour l’étage supérieur : il entre de plain-pied dans l’histoire du rugby moderne en devenant une place forte émergente du paysage ovale national.

Cette promotion vient récompenser la structuration méthodique d’un club qui, année après année, a gravi les échelons de la Nationale avant de s’offrir ce grand frisson. Elle prouve également que le sud-est de la France, souvent associé au football ou à d’autres disciplines estivales, possède un public et un réservoir de talents capables de vibrer pour le rugby de haut niveau.

Le plus dur commence

La fête s’annonce longue sur la Riviera, mais l’état-major niçois sait pertinemment que le plus difficile est à venir. La Pro D2 est un championnat marathon, réputé pour sa rudesse printanière, ses déplacements interminables et son niveau de jeu de plus en plus proche de l’élite. Dès demain, il faudra se pencher sur le chantier de l’intersaison : densifier l’effectif, adapter le budget aux exigences du professionnalisme intégral et préparer les corps à un rythme d’une violence inédite. Mais l’heure n’est pas encore aux calculs comptables. Pour l’instant, Nice savoure son statut de promu héroïque.

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