Renaud Muselier : « Personne n’a abandonné Nice par confort ou punition »

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Le divorce est consommé, et le ton monte encore d’un cran. Après l’officialisation du retrait de Nice de la carte des Jeux olympiques d’hiver 2030 au profit de Lyon pour les épreuves de glace, Renaud Muselier a profité d’une conférence de presse ce lundi 1er juin 2026 pour régler ses comptes. Visé directement : Éric Ciotti, le maire de Nice, accusé d’avoir sacrifié l’événement sur l’autel de petits calculs politiciens.

La pilule ne passe pas, et l’ambiance sous le soleil de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur est glaciale. Nice n’accueillera pas le « pôle glace » (hockey, curling, patinage artistique) des Jeux olympiques de 2030. C’est Lyon qui récupère ce gâteau qui représentait pourtant près de 60 % de la billetterie totale de l’événement.

En conférence de presse, ce lundi, Renaud Muselier, le président de la région Sud, n’a pas mâché ses mots. Remonté, le patron de la Région a balayé d’un revers de main les arguments de la municipalité niçoise, qui dénonçait jusqu’alors une décision « politicienne » venue d’en haut. Pour Muselier, le coupable porte un nom, et il s’agit d’Éric Ciotti. « Il ne sait pas de quoi il parle », a lâché le président de région, visiblement excédé par la tournure des événements.

Le nœud du problème : l’Allianz Riviera

Pour comprendre ce crash olympique, il faut remonter à l’ultimatum posé par Renaud Muselier et les instances olympiques quelques semaines plus tôt. Le cœur du blocage résidait dans l’aménagement de l’Allianz Riviera. Le projet initial prévoyait de transformer temporairement le grand stade de football niçois en une immense patinoire olympique pour accueillir le hockey sur glace. Une prouesse technique indispensable pour valider le cahier des charges du CIO.

Seulement voilà, Éric Ciotti et sa majorité municipale ont opposé un refus catégorique à cette option, invoquant la défense des deniers publics et le refus de perturber la saison de l’OGC Nice. Le plan B proposé par la mairie — l’utilisation du Palais des Expositions — a été jugé insuffisant et hors délais par les instances techniques et le COJOP (Comité d’organisation).

« Personne n’a abandonné Nice par confort ou punition », martèle Renaud Muselier, qui a également co-signé une lettre ouverte très salée de quatre pages adressée au maire de Nice. « Elles partent parce qu’un choix politique a été fait : celui de refuser l’adaptation temporaire de l’Allianz Riviera. » Selon lui, la municipalité a tout simplement choisi le repli plutôt que l’ambition, privant la Côte d’Azur du « cœur battant » de ces Jeux.

Un déséquilibre géopolitique qui profite à Lyon

Les conséquences de ce renoncement dépassent largement les frontières de la métropole niçoise. Le projet des Alpes françaises 2030 reposait sur un équilibre subtil et inédit entre les Alpes du Nord (Auvergne-Rhône-Alpes) et les Alpes du Sud (Paca). En perdant les épreuves de glace, le Sud perd son principal levier économique et touristique. Nice devait en effet non seulement accueillir les compétitions, mais aussi un Village olympique majeur.

Pendant que Nice s’embourbait dans ses querelles intestines, la métropole de Lyon et la région voisine n’ont pas attendu pour sauter sur l’occasion. Avec la LDLC Arena déjà opérationnelle et habituée aux grands rendez-vous, Lyon offre une solution clé en main, moins coûteuse, plus écologique et jugée plus cohérente sur le plan des transports ferroviaires par le CIO.

Alors que la carte définitive des sites doit être figée d’ici la fin du mois de juin, le train olympique semble bel et bien être passé pour Nice. Pour Renaud Muselier, le constat est amer : en voulant jouer une partition purement locale, Éric Ciotti aurait commis une erreur stratégique historique. La guerre des droites sudistes a trouvé son nouveau terrain d’affrontement, mais cette fois, ce sont les amateurs de sport et l’économie locale qui comptent les points perdus.

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