Le CNOSF a rassemblé à la Maison du sport français le mouvement sportif autour des commissions des athlètes de haut niveau (CAHN) des fédérations. Présentes dans 33 des 37 fédérations olympiques, ces instances doivent devenir des lieux de dialogue, de proposition et d’action au sein de la gouvernance.
La loi les a fait naître, le CNOSF veut maintenant les installer dans la durée. Créées par la loi du 2 mars 2022, les CAHN fédérales permettent aux athlètes de haut niveau d’être représentés dans leur fédération, de faire remonter les réalités du terrain et de contribuer aux décisions. À l’initiative des athlètes de la CAHN du CNOSF, une soixantaine de participants issus de 37 fédérations, dont 33 olympiques, ont échangé sur leurs expériences pour accélérer la dynamique.
Des commissions en place, des chantiers ouverts
Sur les 37 fédérations olympiques, 33 ont constitué leur commission. Un questionnaire interne du CNOSF, réalisé récemment, livre des premiers résultats encourageants : toutes les commissions constituées siègent dans les instances de leur fédération avec le droit de vote, et 75 % disent se sentir entendues.
Le tableau est moins avancé ailleurs. Seules 15 % des commissions ont formalisé leur feuille de route, 30 % y travaillent. Côté visibilité, 33 % sont identifiées par les sportifs de leur propre fédération. Le CNOSF en tire un programme : partager les pratiques, clarifier les rôles et installer un dialogue durable entre athlètes, élus et équipes fédérales.
Un guide, un réseau, un lien direct avec la CAHN du CNOSF
Pour aider les commissions à gagner en autonomie, l’instance olympique prévoit un accompagnement au démarrage, une mise en réseau des CAHN fédérales, un guide pratique dédié et un lien direct avec sa propre commission.
Sa présidente, Amélie Oudéa-Castéra, résume l’esprit de la démarche : « Le sport de haut niveau se gagne en équipe ; la gouvernance aussi. » Elle souhaite que les athlètes se sentent écoutés dans les instances et soutenus par le CNOSF. Elle veut aussi les voir s’engager quand une cause leur importe, car leur voix porte et rend les institutions plus pertinentes.
Les sujets ne sont pas bornés : performance, santé mentale, maternité, reconversion, violences, changement climatique, et plus largement l’ensemble des politiques fédérales. Astrid Guyart, vice-présidente du CNOSF en charge des Équipes de France et des athlètes, insiste sur un échange à double sens. « Les CAHN fédérales sont à la fois un canal de communication pour communiquer vers leurs pairs et une voie de remontée des réalités vécues par les athlètes au sein des instances dirigeantes. Elles peuvent se saisir de sujets comme être saisies par leur fédération, dans une logique de dialogue dans les deux sens. Ce dialogue ne remplace pas la décision finale : il l’enrichit. Une CAHN c’est finalement un laboratoire de co-construction au service de son sport. »
