L’Alpine Paris Major est de retour à Roland-Garros du 6 au 13 septembre. Pour sa cinquième édition parisienne, le tournoi ne sert plus seulement de vitrine au padel. À la Porte d’Auteuil, la FFT attire un nouveau public, séduit de nouveaux partenaires et voit enfin l’événement commencer à trouver son équilibre économique.
Un nouveau public à la Porte d’Auteuil
Le choix de Roland-Garros n’est évidemment pas anodin. En installant l’un des quatre Majors du circuit Premier Padel dans un lieu aussi mythique, la Fédération française de tennis offre au padel une exposition majuscule. Mais elle permet aussi à des spectateurs qui ne connaissent pas forcément la discipline de découvrir les pistes et l’ambiance du tournoi. L’an dernier, le constat avait été particulièrement parlant. « L’année dernière, environ un visiteur sur trois n’était jamais venu au Stade Roland-Garros », expliquait Arnaud Delaplace pour nos confrères de L’Équipe, directeur commercial de la FFT.
Le phénomène accompagne la progression du padel en France. La FFT compte désormais plus de 1,2 million de licenciés et environ 350 000 d’entre eux pratiquent le padel, en prenant en compte les licenciés spécifiques à la discipline mais aussi les joueurs disposant d’une licence « multi-raquettes ».
Pour la Fédération, le Major parisien est donc aussi un moyen de faire découvrir cette pratique à un public plus large. Le Padel Festival organisé le 6 septembre avant le début du tournoi allait d’ailleurs dans ce sens, avec des initiations, des animations et des matchs pour permettre aux curieux de se rapprocher de la discipline.
Le padel reste encore loin du poids du tennis
L’engouement est réel, mais la FFT ne considère pas encore le padel comme un équivalent économique du tennis. La Fédération reste très dépendante de Roland-Garros, qui génère l’essentiel de ses revenus.
« Quand on prend le chiffre d’affaires global de la Fédération (autour de 500 M€), le padel est évidemment marginal. Il ne pèse même pas 5 % de tout ça, rappelle Delaplace. On est très dépendant de Roland-Garros (plus de 400 M€ de revenus en 2026). C’est important pour nous d’avoir d’autres activités qui rapportent un peu d’argent. »
Effectivement, le tournoi permet à la FFT de diversifier ses revenus tout en accompagnant la progression d’une discipline qui compte déjà plusieurs centaines de milliers de pratiquants. Et les partenaires sont de plus en plus nombreux à vouloir profiter de cette dynamique.
De nouvelles marques autour du Major
L’édition 2026 compte 19 partenaires. Parmi eux, plusieurs sont déjà associés à Roland-Garros, comme BNP Paribas, Perrier, Rolex, Wilson ou Engie. D’autres ont choisi de se positionner davantage sur le padel, à l’image de MejorSet ou Casa Padel. Alpine, partenaire titre du tournoi, investit lui aussi fortement dans la discipline. « Ça fait plusieurs années qu’ils investissent à fond, en événements et avec des joueurs. Ils ont beaucoup de grands joueurs internationaux », souligne Arnaud Delaplace.
Cinq nouvelles marques ont rejoint l’événement pour cette édition 2026, dont La Roche-Posay, du Groupe L’Oréal. Une progression qui confirme l’intérêt commercial grandissant autour du rendez-vous parisien. « Il y a une vraie dynamique, salue Arnaud Delaplace. Les partenariats sont la locomotive de ce tournoi. Ils représentent un peu plus de la moitié des revenus. C’est un tournoi qui coûte et rapporte plusieurs millions d’euros. On est ravis parce qu’on commence à gagner de l’argent. »
Une vitrine pour développer le padel
La FFT cherche désormais à prolonger la dynamique du Major au-delà de la semaine parisienne. Certains partenaires accompagnent déjà d’autres rendez-vous de la Fédération. « On pousse nos partenaires du Major à être partenaires du padel fédéral. C’est par exemple le cas d’Alpine, Wilson et Engie. Ils tirent le fil du Major jusqu’aux Championnats de France multicatégories qui se passent toute l’année dans les territoires. » Pour la FFT, le rendez-vous parisien gagne donc progressivement en importance, aussi bien auprès du public que des partenaires.
